Ludivine Langlois, ancienne Miss Nièvre 2016, a accepté de témoigner à visage découvert sur le plateau de Cyril Hanouna. À 29 ans, elle revient sur le harcèlement sexuel qu’elle a subi de la part d’un photographe du comité Miss Bourgogne, des faits qui remontent à ses 19 ans et qu’elle a décidé de dénoncer publiquement suite aux révélations du livre d’Hubert Guérin.
Un témoignage courageux face caméra
Sur le plateau de "TBT9” sur W9, Ludivine Langlois a livré un témoignage poignant sur son expérience traumatisante. "Je vous avoue que, bah oui, parce qu’aujourd’hui, quand on me dit, effectivement, on a besoin de femmes qui témoignent à visage découvert, et qu’en fait, je reçois des messages. Je sais qu’aujourd’hui, il y a des femmes, elles ne sont pas capables de faire ce que je suis en train de faire", a-t-elle confié avec émotion.
L’ancienne candidate explique les difficultés liées à sa prise de parole publique : "Parce que là, depuis que j’ai témoigné, effectivement, je reçois de nombreux messages, de nombreux commentaires. Il y a une exposition que, moi, je n’avais pas demandée. Mais je me dois de le faire. Il faut bien que quelqu’un mette les pieds dans le plat."
La jeune femme assume pleinement sa démarche malgré les conséquences : "Et effectivement, moi, ce que j’ai vécu, c’est intolérable."
Des messages explicites conservés comme preuves du harcèlement
En 2016, alors qu’elle n’avait que 19 ans et portait fièrement l’écharpe de Miss Nièvre, Ludivine Langlois se préparait pour l’élection régionale de Miss Bourgogne. C’est dans ce contexte qu’elle a été amenée à travailler avec un photographe affilié au comité, un homme "de beaucoup plus âgé" qu’elle qui "avait du pouvoir dans le concours" et lui "faisait comprendre que si j’acceptais ses invitations, il pourrait me favoriser à l’élection régionale."
Les messages conservés par la jeune femme révèlent l’ampleur du harcèlement subi. Le photographe n’hésitait pas à lui écrire : "Tu es toujours vierge, Ludivine ?", "Jolies gambettes", "Tu te doutes qu’elles me font rêver", ou encore "Tu sais des fois en tenue sexy tu ne me laisses pas insensible lol". Face à ces avances répétées, Ludivine répondait sobrement "ça ne te regarde pas" ou "merci", avant de recevoir de nouveaux messages comme "sexy Ludivine" ou "tu seras ma femme", auxquels elle répondait fermement "Non".
"C’était quelqu’un de beaucoup plus âgé que moi", souligne aujourd’hui l’ancienne candidate, qui dénonce un système défaillant : "Il y a un vrai souci au niveau des comités départementaux et régionaux. Ce sont des bénévoles pour la plupart. Il y a un manque de contrôle."
Une solidarité attendue pour porter plainte ensemble
Interrogée sur les raisons pour lesquelles elle n’a pas porté plainte à l’époque, Ludivine Langlois explique sa stratégie actuelle : "Aujourd’hui, je pense que je n’ai pas assez de matière pour déposer plainte."
Cependant, elle se montre prête à agir si d’autres victimes se manifestent : "Par contre, si, effectivement, parce que dans ce groupe de 5-6 jeunes femmes, plus une qui se serait vraiment plainte, là, effectivement, je leur apporte tout mon soutien et on ira ensemble."
L’ancienne Miss Nièvre explique pourquoi elle n’avait pas parlé à l’époque : "La première fois que j’ai mis un pied dans ce concours, j’ai entendu des propos dénigrants sur les candidates. J’ai mis tout le monde dans le même panier. Je n’avais pas confiance en eux. Je ne me suis jamais sentie protégée. Beaucoup de choses passent sous les radars."
Son témoignage s’inscrit dans la vague de révélations déclenchée par le livre d’Hubert Guérin "Miss France, du rêve à la réalité", qui évoque des faits de violences sexuelles remontant aux années 1990 et 2000. "Les accusations d’Hubert Guérin ont fait remonter des souvenirs enfouis", confie Ludivine Langlois, qui a trouvé le courage de briser le silence dix ans après les faits.