Le comité Miss France prend la parole après les témoignages d’agressions sexuelles de plusieurs reines de beauté  

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:34
Sebastien Fremont / Starface
Le livre Miss France : du rêve à la réalité de Hubert Guérin a fait l’effet d’une bombe en révélant des témoignages anonymes de violences sexuelles qui auraient eu lieu dans le concours entre 1990 et 2002. Face à la polémique, le comité Miss France a publié, vendredi 5 septembre, un communiqué officiel signé par son président Frédéric Gilbert. 

Le concours Miss France traverse une zone de turbulences… Dans Miss France : du rêve à la réalité, publié le 8 septembre prochain aux éditions Vérone, Hubert Guérin, dernier collaborateur de Geneviève de Fontenay, révèle pour la première fois des témoignages glaçants d’anciennes reines de beauté. Ces récits, recueillis dans le plus grand anonymat, brisent le mythe d’un conte de fées sans ombre. Certaines phrases, d’une brutalité inouïe, marquent les esprits. "Moi, Miss France, j’ai été victime de viols pendant mon année", raconte l’une d’elles.

Une omerta longtemps pesante

Une autre confie : "Élue Miss France, je suis violée quelques heures plus tard : dans ma chambre, on me pousse contre le lit et on me déchire la robe". Et plus loin encore : "Le lendemain de mon sacre, je suis forcée à faire une fellation". Ces révélations sont autant de coups portés à l’image policée du concours. Comme l’explique Hubert Guérin dans Ciné Télé Revue : "Miss France est une institution. Et comme toutes les institutions de la société, elle a du mal à briser le silence sur les violences sexuelles. J’ai voulu briser cette omerta à travers ce livre, car Miss France a aussi besoin de vivre son MeToo"

Pourquoi ces Miss n’avaient-elles jamais pris la parole ? Parce qu’à l’époque, elles redoutaient d’être discréditées. "Le traumatisme était trop grand. Surtout, personne ne nous aurait crues", admettent-elles aujourd’hui. Pour Hubert Guérin, le poids de l’année de règne explique aussi ce mutisme : "Élues, elles veulent rayonner, faire rêver, vivre pleinement le conte de fées promis. Le silence s’impose alors". Au-delà des faits les plus graves, l’auteur évoque aussi ces comportements jugés anodins mais humiliants, comme les attouchements lors de certaines séances photo. Marine Lorphelin, Miss France 2013, se souvient : "J’ai eu des mains aux fesses par des maires de certains villages".

Des mesures récentes, mais jugées insuffisantes

Depuis 2017, Sylvie Tellier, alors directrice générale, avait mis en place des règles strictes : gardes du corps, accompagnateurs exclusivement féminins et accès limité aux coulisses. "On est dans une époque où les Miss parlent davantage. Lorsqu’il y a une agression, elles le disent", note Hubert Guérin dans Ciné Télé Revue. Pourtant, l’auteur déplore encore l’absence de réaction officielle : "J’ai alerté Frédéric Gilbert, le président de la société Miss France, sur ces témoignages. Il ne m’a jamais reçu pour me répondre. Cela montre qu’il y a toujours une forme d’omerta. On préfère ne pas en parler pour ne pas écorner l’image du concours". 

Le comité Miss France prend finalement la parole 

Le comité Miss France a finalement rapidement réagi aux interviews données par Hubert Guérin. En effet, vendredi 5 septembre, sur Instagram, un communiqué officiel a été publié et signé par Frédéric Gilbert. On peut d’abord lire : "La Société Miss France a pris connaissance des allégations rapportées dans le livre Miss France, du rêve à la réalité de Hubert Guérin, récemment publié, mettant en cause des faits de violences sexuelles et d’atteintes à l’intégrité des candidates, qui se seraient déroulés entre 1990 et 2002, sans citer nommément les personnes concernées".

"Nous ne pouvons juger de la véracité de ces allégations, qui selon l’auteur correspondent à une période antérieure à la prise de contrôle de la Société Miss France par Endemol, puis par le groupe Banijay. Néanmoins, s’ils étaient avérés, ces faits toucheraient à des sujets qui nous concernent tous profondément : la sécurité, la dignité et le respect de chaque femme", s’est alarmé le comité.

Et d’insister : "Nous souhaitons rappeler de manière claire et ferme que toute forme de violence sexuelle, d’abus ou de harcèlement est inacceptable et condamnable. Si ces faits sont avérés, nous exprimons notre solidarité et notre soutien total envers les victimes". "Nous invitons toute personne concernée à saisir les autorités compétentes et à se rapprocher d’un conseil qui l’informera précisément de ses droits. La Société Miss France tient à réaffirmer que le concours célèbre les femmes, dans le respect, la dignité et la bienveillance", a conclu le président de la Société Miss France. Affaire à suivre. 

Par
Kahina Boudjidj