Top Chef (M6) – Marie éliminé aux portes de la demi-finale : « On est toujours obligée de prouver 10 fois plus »

Publié le 5 juin 2024 à 21:45
PIERRE OLIVIER/M6
Ce mercredi 5 juin, M6 a diffusé un nouvel épisode de Top Chef riche en retournements de situation. Alors qu'elle croyait être en demi-finale, Marie s'est retrouvée en danger avec le retour de Clotaire, grand gagnant de la Brigade cachée. C'est la cheffe parisienne qui a été éliminée ce soir et qui a pris la temps d'échanger autour de l'aventure avec nous. Interview. 

Pourquoi avez-vous voulu participer à Top Chef ?

Marie : Je regarde Top Chef depuis la première saison, depuis que j’ai 12-13 ans. Et vraiment, c’est un rêve d’enfant. Je n’ai jamais osé participer parce que je me disais : ‘Je vais me ridiculiser. En plus, blonde aux yeux bleus, je vais passer vraiment pour la pimbêche de l’émission’ (rires) Et en fait, il se trouve que l’année dernière, c’est eux qui m’ont contactée. Au début, ça m’a fait un énorme choc et j’en ai parlé à mes boss, j’en ai parlé à ma cheffe. Tout le monde m’a dit : ‘Vas-y, go’. Et du coup, j’ai passé les castings et puis ça l’a fait.

Avez-vous songé a refusé d’y participer ?

Quand on est cuisinier comme ça, tout le monde, tes potes, ta famille, te disent : ‘Allez, il faut participer à Top Chef’. À chaque fois, je répondais non et au final, je ne sais pas, les étoiles se sont alignées. Je me suis dit : ‘Vas-y, on y va’. Je n’avais pas du tout compris que c’était les 15 ans en plus, donc j’y suis vraiment allée en grosse touriste (rires). Lors de la première émission, je me suis dit que vu que c’était les 15 ans, il y allait forcément avoir des surprises… J’y suis vraiment allée très stressée parce que je me suis dit : ‘Si je me ridiculise, c’est la honte’. En même temps, j’étais aussi très compétitive. 

Qu’est-ce que représente pour vous l’émission ? 

Les premières saisons de Top Chef, c’était vraiment le côté cuisine, maintenant, c’est quand même vachement le côté médiatisation. Il y a beaucoup de gens qui font Top Chef parce que ça amène une médiatisation de taille. Après, moi, je l’ai pas forcément fait pour ça, parce que je voulais vraiment faire Top Chef. Et puis, on fait la guerre des restos, et on se dit : ‘Oh là là, je fais la guerre des restos alors que je la regarde derrière ma télé d’habitude’. On fait la boîte noire, et d’autres épreuves mythiques… Donc c’était plutôt le côté de se dire : ‘Trop bien, je fais ce que, d’habitude, j’adore regarder’. Là, c’était moi qui participe.

Quand vous êtes entrée dans l’aventure, avez-vous visé certains objectifs ? 

Non pas vraiment même si le premier objectif, c’était déjà d’intégrer une brigade parce que sinon, c’est horrible. La place de Inès et Thibault est horrible. Ils n’ont intégré aucune brigade et c’était très frustrant pour eux. Je voulais donc d’abord m’assurer une place en brigade et en plus intégrer celle de Philippe Etchebest, mais ça vous l’aviez compris (rires). Evidemment, je voulais aussi aller le plus loin possible. J’ai commencé à être gourmande au fur et à mesure et me dire : ‘Allez, on va encore à l’épreuve suivante’.

Est-ce qu’on peut dire que vous avez réalisé votre rêve en faisant équipe avec Philippe Etchebest ? 

Alors, je pense que j’ai réalisé un rêve d’avoir fait équipe avec lui, mais je pense aussi que je suis passée pour une énorme folle vis-à-vis de toute la France (rires). Mais ce n’est pas grave. Après, les réseaux sont très bienveillants parce que tout le monde pense que je suis sa fille et qu’il me protège et tout (rires). Au final, les gens ne me prennent pas trop pour une grande folle. Et puis, au début, on est quand même six dans la brigade, donc six personnes à gérer pour les chefs. C’est quand même très bien encadré. Par exemple, on ne peut pas leur parler en dehors des heures de tournage. Et à partir du moment où on est de moins en moins, je reste la dernière fille, il commence un peu à s’intéresser au truc. Et c’est vrai que quand on a été, par exemple, à l’épreuve avec Clare Smyth, on a connu un gros succès avec les fleurs. Ça, c’était génial. Il a commencé à se dire : ‘OK, elle n’est pas trop manchotte’ (rires). Et au final, il a été très bienveillant et puis on a été dans un échange mutuel. 

Comment avez-vous vécu le fait d’être la dernière fille de la compétition ? 

Je m’étais mis une pression toute seule, mais plus pour le côté de défendre les femmes dans Top Chef. Là, ils ont eu beau nous dire : ‘C’est trop bien, cette année, il y a cinq candidates’. Mais cinq candidates, ce n’est pas la moitié, ce n’est qu’un tiers, donc ce n’est pas non plus la folie (rires). C’était plus ce côté-là de se dire : ‘On va représenter Shirley, on va représenter Lise, on va représenter Anicée, on va représenter Inès’… Et de se dire que j’étais la dernière représentante des cheffes femmes, c’était plus un espèce de combat. Je voulais aller jusqu’au bout pour nous représenter aussi.

"Madame plus"

N’êtes-vous pas trop déçue de partir si proche de la demi-finale ?

C’est clair que quand on sort de l’Orient Express, Jorick et Valentin m’ont sauté dessus (rires). On croyait vraiment être en demi-finale, c’était très marrant à vivre. Après, on savait qu’il y avait 15 émissions. Là, on était qu’à la 12ème émission et la prod nous avait dit : ‘Non mais les demi-finales, ça va être sur deux émissions’. Et moi, vraiment, grosse naïve, je n’ai jamais pensé à la brigade cachée. Et évidemment, on arrive sur le plateau, on voit le plan de travail, on voit Clotaire et je me dis que c’est relou (rires).

J’imagine que vous ne lui en avez pas voulu ?

Non, je ne lui en ai pas voulu parce que c’est le jeu, il y avait une brigade cachée, il l’a gagnée, tant mieux pour lui. Je ne lui en ai pas voulu. Le seul truc pour lequel je lui en ai voulu, c’est ces gros mensonges-là (rires). Le dimanche soir où il m’envoie des messages, il me dit : ‘Je suis bien rentré’ et que je lui dis : ‘Profite de ta paternité’ alors qu’en fait il était encore à Paris. 

La première épreuve ce soir était celle du trompe l’oeil sucré. Philippe Etchebest était quelque peu inquiet par votre prise de risque, vous en étiez consciente ?

Je connaissais pas très bien l’univers du chef invité, donc de toute manière, je n’allais pas m’adapter à lui. Au bout d’un moment, on est en 13ème semaine de Top Chef, c’est le moment de montrer qu’on sait faire plein de trucs en pâtisserie. Je pense que c’était un peu le moment. Et puis même si j’ai été éliminé, on en rigole encore. J’ai vu Jorick récemment et on en a reparlé et il m’a dit : ‘Mais t’es une grande malade d’avoir fait ça. Tu t’es mis un couteau dans le pied toute seule’. Et il m’a avoué : ‘C’est tellement injuste que t’aies pas gagné cette épreuve comparé à ce qu’on a fait nous’. Pareil pour l’épreuve d’après j’ai voulu miser sur l’originalité. 

Paul Pairet vous a appelée "Madame plus", dans le sens où vous souhaitiez toujours en faire plus. Comment avez-vous pris cette remarque ? 

En tant que cheffe femme, on est toujours obligée de prouver 10 fois plus pour prouver qu’en fait, on est au niveau des hommes… Je pense qu’inconsciemment, pendant toute l’émission, à chaque fois, je me suis dit : ‘OK, si eux, ils font ça, moi, je fais ça. Il faut que je fasse encore plus pour prouver que ça peut le faire’. Et au final, ça m’a desservie sur certaines épreuves et sur certaines épreuves, ça m’a aidée, donc en vrai, c’était gagnant-gagnant. 

Sur la seconde épreuve, vous jouez encore une fois la carte de l’originalité. Pas trop déçue du résultat de l’épreuve après tous vos efforts ?

Sur cette épreuve, la dégustation s’est bien passée. Le chef a dit que l’idée était très bonne, mais c’est juste que j’ai été moins bonne que les trois autres. Je ne pars pas pour autant de Top Chef avec une grosse foirade. Il faut aussi se mettre dans le contexte que je commence l’épreuve, je suis toute seule de mon côté, j’ai les trois face à moi en mode, je suis la personne à abattre. Je commençais à être fatiguée de Top Chef, ça faisait deux mois qu’on tournait… En plus, ce jour-là, j’avais 42 de fièvre, je n’en pouvais plus. Je pense qu’au bout d’un moment, tout s’est aligné, ça s’est arrêté-là et ce n’est pas très grave. C’était une très belle aventure.

Pas de regrets ?

Non, parce que déjà pour moi, dans ma tête, je n’ai pas fini quatrième, j’ai fini troisième/ quatrième (rires), parce que Clotaire s’est rajouté à tout ça. Donc pour moi, je suis dans les trois derniers. Et non, parce que si je ne suis pas allée plus loin, c’est que je ne devais pas aller plus loin, le trompe-l’œil n’est pas raté, la dégustation inédite n’est pas ratée, c’est juste que ça s’est arrêté.

Au moment de votre élimination, vous êtes face à Valentin. Il prononce des mots forts à votre sujet, ça vous a touchée ? 

C’est vrai que sur le coup, je ne réalise pas trop. Je suis plutôt en train d’assimiler toute seule à me dire : ‘T’es éliminée’. Je sors mais j’ai les six chefs de brigade, j’ai Pierre Gagnaire, j’ai Clotaire, j’ai Valentin, j’ai Jorick… Je sors pratiquement devant 28 étoiles, qui sont toutes là à me faire des compliments de dingue. Franchement, quand je suis partie, j’ai dit à ma mère que ce n’était pas grave parce que je venais de me faire complimenter par des personnes qui cumulaient énormément d’étoiles (rires).

Avez-vous discuté de votre élimination avec Philippe Etchebest ? 

Il était trop désolé, il m’a dit qu’il aurait beaucoup aimé m’émaner en demi-finale. Et je lui ai dit que j’étais également désolée de ne pas l’y avoir emmené. Je lui ai dit : ‘Chef, je rêvais de faire Top Chef, et en plus avec vous et c’est fait’. Je ne peux pas être déçue. 

Quel est le plat que vous avez préféré réaliser ? 

Celui de la fleur lors de l’épreuve avec Clare Smyth. Comme je l’ai dit dans l’émission, mes amis et mes parents nous ont offert un dîner chez Clare Smyth pour mon mariage et me dire que deux mois après, j’étais face à elle, c’était vraiment un alignement d’étoiles. J’ai aimé ce que j’ai fait et puis elle m’a dit que c’était hyper beau et j’ai écrasé trois mecs donc franchement tout était gagné (rires).

Qu’est-ce que Top Chef vous a apporté ? 

Je rêvais de faire Top Chef, j’ai fait Top Chef. Je rêvais de faire Top Chef, mais avec Philippe Etchebest, c’est fait. Le parcours est plutôt pas mal quand même, non ? Je n’ai pas forcément appris en termes de technique de cuisine parce qu’on apprend plus à gérer son temps, et puis c’est une parenthèse dans une vie, c’est-à-dire que ces deux mois où on a vécu tous ensemble, tout le temps, on a rencontré des chefs de dingue et des candidats de dingue. Et en fin de compte, on est toujours en contact. L’histoire est belle ! Quand j’ai fait Top Chef, je n’étais plus très sûre de ma place en cuisine et ça m’a un peu remis sur les rails de me dire : ‘bah tu vois bien que ça va !’. 

Par
Kahina Boudjidj