Top Chef (M6) – Glenn Viel évoque l’étoile Michelin offerte du gagnant : « L’enjeu est grand, pour les prétendants au titre et pour nous aussi »

Publié le 16 avril 2025 à 7:45
PIERRE OLIVIER/M6
INTERVIEW. Juré depuis la saison 13 de Top Chef, ce cuisinier aux trois étoiles prend toujours son rôle de coach très à coeur avec la transmission de sa passion en ligne de mire.

C’est votre quatrième année en tant que chef de brigade dans Top Chef. Avez-vous, cette saison encore, été épaté par le niveau des candidats ? 

Glenn Viel : J’ai davantage été bluffé au cas par cas, face à une interprétation ou à une « revisite » d’un plat. Ce qui m’intéresse le plus, ce n’est pas forcément l’exécution mais la pensée. Parfois, un plat peut avoir été mal réalisé, mais l’idée était bonne. Toute la difficulté est là, il faut aller au bout de son idée, le mieux possible. C’est rare d’être bluffant du premier coup et vous le verrez rapidement cette saison. 

"L’enjeu est grand, pour les prétendants au titre et pour nous aussi"

Le vainqueur de ce Top Chef aura la possibilité de décrocher une première étoile au Michelin. Comment avez-vous vécu ce nouvel enjeu ? 

Top Chef est déjà, en soi, un super tremplin, alors additionné d’une potentielle étoile au Michelin, vous imaginez bien « l’effet Kiss Cool » qui se produit ! (Rires) L’enjeu est grand, pour les prétendants au titre et pour nous aussi, indirectement, car, cette pression, il faut la dompter et les aider à appréhender le concours de la bonne manière.

Vous a-t-il fallu, pour autant, adapter votre rôle de chef de brigade ? 

Globalement, on est restés les mêmes, avec nos défauts et nos qualités. Beaucoup de plats ont été dégustés par les inspecteurs et les inspectrices du Guide Michelin, ce qui nous mettait dans une position de retrait et nous a permis d’être plus présents dans le coaching. Cela a été très intéressant d’assister à ces dégustations, d’ailleurs, car en tant que chef étoilé, nous n’avions jamais assisté à ce type de délibéré, avec l’interprétation de ces critiques gastronomiques qui, je le rappelle, ont participé à Top Chef, de manière totalement anonyme. De plus, la production faisait toujours en sorte que personne ne les croise ou alors de les « cagouler » et de les camoufler entièrement ! Ils ressemblaient plus à Spider-Man ou Batman qu’à des inspecteurs du Michelin ! (Rires) 

"J’espère laisser une trace, un style ou une perception de la cuisine qui m’est propre"

En 2008, à 28 ans, vous décrochiez votre première étoile. Quel souvenir en gardez-vous ? 

C’était magique. Au-delà de mes trois étoiles, j’espère laisser une trace, un style ou une perception de la cuisine qui m’est propre. C’est ce qui me plaît : créer un esprit collectif, donner envie de venir travailler le matin, se retrouver autour d’une créativité commune avec mes équipes. C’est ce qui peut nous arriver de plus beau quand on évolue dans un restaurant. Ces émotions fortes sont indescriptibles. L’envie de faire toujours mieux est un réel moteur. 

"La porte de mes cuisines est ouverte à tout le monde"

Il y a toujours peu de femmes dans cet univers de la haute gastronomie… 

C’est un fait, mais, pour moi, il n’y a pas de « genre » dans la cuisine. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi il y a un concours à part de La Meilleure Cheffe du monde. Selon moi, il y a des cuisiniers, point. Chacun apporte sa patte, qu’importe son genre. La porte de mes cuisines est ouverte à tout le monde. Et j’espère vraiment avoir suscité des vocations aussi bien chez des garçons que chez des filles, sinon, ça serait bien triste.

Top chef, tous les mercredis à 21h10 sur M6

Par
Adeline Quittot