"Avec Pierre Gagnaire nous sommes très complémentaires"
Quel veinard vous êtes de collaborer avec Pierre Gagnaire, le chef qui cumule 13 étoiles au Guide Michelin…
François-Régis Gaudry : C’est l’une de mes plus belles expériences avec Top Chef, car j’ai beaucoup de respect pour cet homme qui, comme tout immense chef, a l’humilité des grands. J’aime son approche émotive et instinctive de la cuisine, là où moi, avec mon métier de « dégustateur », je suis plus méthodique et rationnel dans mes décryptages de plats. Gagnaire fonctionne à l’émotion et parle avec ses tripes : nous sommes très complémentaires.
Vous partagez les mêmes va leurs, mais n’êtes pas toujours d’accord…
Oui, nous avons eu des débats, mais nous avons la même vision de la cuisine. On arrive à détecter l’esbrouffe ou ce qui relève d’une vraie sincérité. Il a parfois des partis pris que j’ai moins. Il a, par exemple, une détestation du kiwi ; il trouve ça inintéressant, là où je trouve qu’il ne faut pas forcément condamner un plat qui en contient. Et, en même temps, avec son statut, il peut se permettre d’avoir cet avis-là. Gagnaire est une personnalité singulière, d’une créativité indomptable. Je ne pensais d’ailleurs pas qu’il s’adapterait aussi bien au format Top Chef, mais la production l’a laissé libre, et ça fonctionne bien.
D’ailleurs, les audiences s’en ressentent…
Oui, tout le monde est très content, car on dépasse régulièrement le million de téléspectateurs ; ce qui est une belle performance pour un programme qui passe tard.
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Qu’est-ce qui vous bluffe chez ces candidats repêchés ?
Leur motivation extrême. Ils tentent le tout pour le tout et défendent leur place face à un chef qu’ils admirent énormément. Quant à moi, j’arrive avec ma réputation de critique gastronomique, qui incarne une certaine autorité. Ils savent que j’ai pas mal de références en matière de « tables », et qu’on ne me la fait pas ! (Rires)
François-Régis Gaudry : "J’ai toujours admiré les grands chefs"
Qu’est-ce qui a fait que vous n’êtes pas devenu cuisinier ?
J’en rêvais adolescent, mais n’étant pas trop mauvais à l’école, mes parents m’ont dissuadé d’apprendre ce métier qui, à mon époque, souffrait de cette image de « voie de garage ». J’ai toujours admiré les grands chefs, que j’ai découverts enfant grâce à mon père qui avait le Guide Michelin dans la boîte à gants de sa voiture. Mes parents étaient enseignants, donc nous n’allions pas au restaurant toutes les semaines, mais pour des occasions spéciales, mon père cassait la tirelire. Quant à ma mère, elle m’a sensibilisé à la cuisine familiale et raisonnée. Elle était prof d’histoire, et la cuisine avait aussi une vocation pédagogique pour mes frères, ma soeur et moi. On découvrait la botanique ou la géographie grâce aux plats qu’elle préparait.
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En parlant de géographie, il paraît que vous êtes actuellement sur les routes de France pour le tournage d’un nouveau programme pour M6…
Avec Cyril Lignac et des chefs renommés, nous partons en région déguster des plats d’amateurs pour Ma recette est la meilleure de France. Le but ? Amener jusqu’à Paris ceux qui se seront distingués, et faire déguster leurs plats à Stéphanie Le Quellec. Je continue aussi d’arpenter les établissements de la capitale pour Très très bon, le programme hebdomadaire sur Paris Première. D’ailleurs, le 1er juin, nous élirons le Meilleur bistrot de Paris !
Top chef, la brigade cachée, mercredi 8 mai à 23h20 sur M6