Pourquoi avez-vous accepté de participer à Top Chef ?
Pierre-Pascal : Ma motivation était d’avoir éventuellement la chance de vivre une expérience qui n’est proposée que par une émission comme Top Chef. Je trouve que c’est quelque chose d’unique. Je travaille dans des restaurants, dans des hôtels, dans des brasseries, dans des fast-foods, mais le fait de cuisiner sur Top Chef, c’est assez unique et je ne voyais pas pourquoi je n’aurais pas tenté ma chance (rires).
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Vous ne rentrez dans aucune des brigades au début. Comment vivez-vous ça ?
J’étais content d’être arrivé jusque-là. J’étais personnellement déjà très honoré d’avoir été pris parmi les candidats qui allaient pouvoir tenter l’épreuve des sélections. Concernant le fait de ne pas avoir été pris dans une brigade, je m’en suis voulu un petit peu à moi-même parce que je me suis rendu compte que lors de la première épreuve, j’aurais dû me concentrer un peu plus sur les deux chefs qui étaient là pour nous recruter et apprendre à nous connaître. Mais j’étais tellement stressé par le travail que j’avais devant moi que j’ai un peu zappé ce moment qui était, en réalité, assez important. Et ça, c’est peut-être le petit regret que j’ai eu après…
Vous portiez une veste pas comme les autres lors de ces sélections. Pouvez-vous m’en dire davantage ?
En fait, je portais la veste de mon oncle. C’était pour lui rendre hommage. Je n’avais pas forcément besoin que tous les gens qui regardent Top Chef s’en rendent compte (rires) mais ça me tenait à coeur. Il se bat contre une maladie et c’est un vrai fan de Top Chef depuis la saison 1. Le fait de m’avoir vu à la télé avec sa veste, pour lui, c’était un grand moment.
Vous ne parvenez pas à prendre la place de l’un des candidats lors des épreuves éliminatoires et vous intégrez finalement ensuite la Brigade cachée de Pierre Gagnaire. Rassuré ?
Quand j’ai vu que j’allais me frotter à Valentin et à Jorick, déjà, je me suis dit : "OK, aujourd’hui, il n’y a pas de petite porte pour moi. Il ne faut juste pas que mon assiette soit ridicule". Je n’avais pas forcément d’appréhension face à eux. Puis, vient la dégustation des chefs et ça ne se passe pas très bien. Je me suis dit que c’était un peu dommage mais je suis quand même resté souriant. J’étais quand même conscient que ça allait être compliqué de passer devant eux. Quand j’apprends que je vais intégrer la Brigade cachée, je suis content parce que c’est Pierre Gagnaire qui en est à la tête.
"Je suis plutôt fier de mes idées"
Ça ne vous a pas mis la pression ?
Pas du tout car c’était un chef que je connaissais déjà. Peut-être que si ça avait été un autre chef, je me serais mis un peu de la pression en me disant que quand il va venir vers moi, il faudrait que je me vende et que je lui raconte qui je suis. Ça m’aurait peut-être un peu déplu parce que je ne sais pas si j’avais envie de réitérer l’exercice, mais vu que c’était Pierre Gagnaire, ça m’a un peu soulagé. J’ai eu beaucoup de plaisir à retourner sur le plateau de Top Chef. Je savais que j’allais passer un bon moment avec lui. Ça m’a aidé à y aller en étant très peu stressé.
Vous aviez donc déjà travaillé avec Pierre Gagnaire ?
Oui et c’est pour ça que ça s’est aussi bien passé entre nous. J’étais content de le revoir. On a un peu discuté du bon vieux temps et puis c’était, du coup, pas stress. Il est très intéressant, et ça m’a rappelé quand j’ai travaillé avec lui et pour lui. D’ailleurs, si vous voulez tout savoir il est aussi sympa qu’on le voit à la télé. Que ce soit devant ou derrière la caméra, il reste toujours aussi authentique. J’ai senti qu’il était content d’être à côté de moi et c’est un peu ça la différence qu’il y a eue avec les autres candidats qui ressentaient peut-être un peu de pression à l’idée d’être sous le regard d’un aussi grand chef. Alors que moi, j’avais l’impression que c’était comme quand je travaillais en cuisine avec lui.
Vous avez enchaîné cinq semaines dans la Brigade cachée. Est-ce une fierté ?
Bien sûr, je suis plutôt fier de mes idées, de ma façon d’avoir construit les plats que j’ai proposés. C’est évident qu’une heure d’épreuve, ce n’est quand… pas évident. Il y a des assiettes qui n’étaient pas parfaites et nettes comme je l’aurais aimé mais pour le temps imparti, franchement, je suis assez fier des décisions que j’ai prises et peut-être des chemins un peu différents des autres que je me suis permis de prendre et que j’ai assumés, finalement, jusqu’au bout.
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Vous avez donc quitté l’aventure hier soir. L’épreuve de l’aspic d’oeuf, ça vous a inspiré ?
Je suis super déçu quand j’entends le thème… Je me dis : "Pourquoi on doit faire ça ?". Je n’avais pas forcément envie de le faire pour être honnête, mais je trouve facilement une version qui me plaît, une idée où je prends un peu plus de plaisir à cuisiner. Et du coup, je me dis : "Allez, je pars sur quelque chose que moi, j’aimerais". Et comme en temps normal, je n’aime pas la gelée et que c’est quelque chose que je n’aimerais pas manger, il fallait qu’il y en ait un minimum dans mon plat. Il faut savoir que oui, Pierre Gagnaire m’a mis en garde en me disant : "Il faut que ton œuf soit dans la gelée". Mais moi, je savais que dans mon idée, il y aurait pas de gelée sur le dessus (rires). C’était un peu plus comme dans une corbeille de gelée et j’ai décidé de ne rien changer parce que si j’étais passé en mettant plus de gelée que j’avais prévu d’en mettre, je m’en serais vraiment voulu. Je me disais que si je ne dois pas passer, au moins, j’aurais fait ce que j’avais envie de faire. Quand il me dit que je ne passe pas parce qu’il n’y a pas assez de gelée, je me dis : "C’est pas grave, parce que je n’avais pas envie d’en mettre plus" (rires).
Vous n’avez donc aucune déception ?
Si, j’ai quand même une petite déception parce que je n’ai pas fait exactement ce que je voulais. Je n’avais pas envie de servir un truc moche comme ça (rires). À la base, ça devait être dressé dans l’autre sens et tout devait être super propre, etc. Donc on a encore plus vu qu’il manquait de la gelée sur le dessus… Je vous assure que ça devait être joli (rires). Donc oui, je garde une petite déception de ne pas avoir pu faire quelque chose comme j’aurais aimé.
Vous saviez d’avance que c’était cuit en ne respectant pas totalement la consigne de Pierre Gagnaire ?
Oui avant même que le chef et François-Régis Gaudry n’arrivent à mon poste, je savais que c’était raté. Je dirais même que j’espérais que ça soit raté, parce que sinon j’aurais eu de la peine de rester face aux autres alors que je considérais que je n’étais pas allé au bout de mon idée. Ça aurait été gênant.
Que souhaitez-vous retenir de cette aventure ?
Ce que je retiens, c’est que c’est une superbe expérience, je trouve, pour un cuisinier, parce qu’on est très seuls. Je parle pour moi parce que j’ai été tous les mercredis soir tout seul, à devoir me battre pour ne pas être éliminé. Alors que si on fait partie d’une équipe, des fois, on travaille en binôme ou bien même si notre assiette n’est pas top, on passe quand même. Il y a des petites nuances. À chaque fois que je cuisinais, j’étais seul avec moi-même. Et c’est la première fois que ça m’est arrivé parce que finalement, quand vous travaillez dans une brigade ou bien dans un resto, etc, vous êtes toujours avec une équipe. C’est-à-dire que vous gagnez ensemble, vous perdez ensemble si ça ne se passe pas bien. Tandis que là, on est seuls. Et ça, j’ai trouvé que c’était super intéressant parce qu’on prend aussi des décisions qui viennent vraiment uniquement de nous et on apprend à se connaître grâce à ça. La deuxième chose, c’est que la télé, c’est un autre monde (rires). Pas négativement ou positivement, mais c’est juste que c’est un autre monde et c’était hyper intéressant de découvrir ça.
Avez-vous des projets à venir ?
Oui, je vais ouvrir mon restaurant dans deux mois, vers juin. Ça sera à Fribourg, dans ma ville natale. Je m’associe à deux personnes qui sont dans l’événementiel et dans la boisson. On est une très grosse équipe et le but, c’est de créer un groupe gastronomique dans une région où ça n’existe pas vraiment encore. Si vous voulez, à Paris, vous avez des groupes qui ont cinq, six restaurants, etc. Nous, on veut faire ça un peu dans notre région parce que ça a besoin d’être dynamisé. Et depuis l’annonce de ma participation à Top Chef, j’ai eu beaucoup de soutiens de la part des gens de ma région et on sent qu’ils cherchent un peu aussi des gens justement pour dynamiser. J’adore cette énergie et j’ai hâte !