Une filière sans débouchés
Francis Garnier, éleveur en Bourgogne, possède 300 brebis, et, aujourd’hui, c’est le jour de la tonte. Si ses animaux sont ravis d’être débarrassés de leur épais manteau avant l’été, l’éleveur, lui, fait grise mine. "Je récupère une tonne de laine par an, confie-t-il dans cette enquête menée par Hugo Clément. Et c’est la cinquième année que je la détruis ! Personne ne me l’achète." En France, il n’y a plus de filière industrielle pour collecter, laver et donner une nouvelle vie à la laine. Celle-ci est ainsi importée d’Australie…
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Manipulations génétiques
La laine de nos pulls vient donc probablement de Sydney. Là-bas, les moutons génèrent des quantités astronomiques de fibre mérinos. Si ces animaux sont devenus des machines à produire (80 % de la fabrication mondiale), c’est tout simplement à cause d’une modification génétique. On peut ainsi récueillir 8 kilos de matière première sur un seul mouton, contre 3 kilos en France.
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Faire revivre le « made in France »
En France, certains ont résisté à la désindustrialisation. Julien Tuffery fabrique notamment des jeans (vendus 200 €) avec de la laine de Lozère. Il collabore avec un éleveur qui produit essentiellement du lait. Julien a même relancé l’élevage de mérinos en France. "Est-ce que, dans trente ans, on pourra faire venir de la toile de l’autre bout de la planète ? Non, car écologiquement, il y a trop d’enjeux…"
Sur le front, lundi 15 septembre à 21h05 sur France 5