Sur le front – Hugo Clément alerte sur la pollution de l’eau du robinet : « Je ne pensais pas que le problème était d’une telle ampleur »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:48
@ Winter productions
INTERVIEW. Peut-on boire sans risque l’eau du robinet ou en bouteille ? Le journaliste s’est rendu aux quatre coins de l’Hexagone, et le constat n’est pas rassurant.

"La situation se dégrade très rapidement"

A titre personnel, qu’avez-vous découvert en menant cette enquête ? 

Hugo Clément : Je ne pensais pas que le problème de la pollution de l’eau était d’une telle ampleur et concernait des millions de consommateurs en France. On s’aperçoit aussi à quel point les autorités ne jouent absolument pas leur rôle protecteur vis-à-vis de la population, et comment on préfère relever les normes plutôt que traiter les dysfonctionnements en amont. La situation se dégrade très rapidement et, malgré les nombreuses alertes, il ne se passe pas grand-chose… C’est pourtant un enjeu de santé publique et de budget, car l’eau va coûter de plus en plus cher aux foyers. 

"le consommateur ne se rend pas toujours compte de ce qu’il boit"

Comment traiter le problème à la source ? 

En évitant, par exemple, d’utiliser certains pesticides dans les zones proches des points de captage de l’eau. Avec cette pollution invisible, le consommateur ne se rend pas toujours compte de ce qu’il boit. Les sols de certaines régions sont plus pollués que d’autres et rendent l’eau dangereuse pour ses usagers. Hélas, on réalise que l’eau en bouteille n’échappe pas non plus à ces problèmes de pollution des nappes phréatiques. D’ailleurs Perrier et Fiée des Lois sont pointés du doigt, mais aussi des eaux des groupes Nestlé ou Alma.

Craignez-vous parfois des représailles ? 

Nous faisons toujours des demandes d’accès aux sites sur lesquels nous enquêtons et avons toujours à coeur de recueillir leurs propos. Certains nous ouvrent leurs portes sans rechigner, d’autres refusent… et ce n’est jamais bon signe. Bien sûr, nous sommes habitués aux courriers d’avocats ou de mises en demeure, mais cela ne nous empêche pas d’enquêter. Bien au contraire, ça allume chez nous une petite lumière rouge. 

"il faut agir et sanctuariser les zones de captages d’eau potable"

Pensez-vous que les choses vont changer dans cette lutte contre la pollution de l’eau ? 

Il faut l’espérer. De plus en plus d’élus locaux tirent la sonnette d’alarme. Il y a une prise de conscience qui vient du terrain, et il faut agir et sanctuariser les zones de captages d’eau potable. Des actions concrètes et faciles doivent être mises en oeuvre, car ces zones ne couvrent qu’une très faible partie du territoire. Cela devrait être une priorité, car il y a urgence. 

Vous soutenez Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd et défenseur des baleines, qui est emprisonné au Groenland depuis le 21 juillet, à la demande du Japon. Êtes-vous optimiste quant à une prochaine libération ? (Cette interview a été réalisée avant le 13 novembre, date de sa nouvelle audience

Malheureusement non… Il y a peu de chances que la procureure vote une libération qui lui a jusque-là été refusée à quatre reprises. Tant que le fond du sujet n’est pas traité, sa libération risque d’être compliquée. 

Avez-vous de ses nouvelles ? 

J’en ai via Lamya Essemlali, la présidente de Sea Shepherd France. On ne peut hélas pas l’appeler à notre guise, car il se trouve dans une chambre d’isolement et n’a droit qu’à un coup de fil de dix minutes par semaine avec sa famille. Il est donc important de continuer à le soutenir grâce aux pétitions disponibles sur Seashepherd.fr, et à maintenir la pression pour qu’il recouvre bientôt la liberté.  

Sur le front, lundi 25 novembre à 21h05 sur France 5

Par
Adeline Quittot