Enquête de santé (France 5) – Moisissures, particules fines… comment lutter contre la pollution de nos maisons ?

Publié le 12 mars 2024 à 11:12
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Si celle de l’air extérieur accapare l’attention du plus grand nombre, celle qui se développe dans nos habitats pose aussi question, comme le montre cet édifiant documentaire.

Dangereux champignons 

Symptômes d’un habitat malade et mal ventilé, les moisissures sont l’une des principales sources de pollution intérieure. Ces champignons microscopiques ont souvent de graves conséquences. « Les spores libérées dans l’air par les champignons peuvent se loger dans les alvéoles pulmonaires, explique la physicochimiste Marie Verriele. Plusieurs types de pathologies peuvent y être associés : asthme, rhinite… » Les intérieurs chauds, humides et mal aérés sont idéaux pour la prolifération des moisissures, qui toucheraient plus d’un quart des logements en France.

Ventilation obligatoire 

Destinée à assurer le renouvellement de l’air à l’intérieur, la ventilation mécanique contrôlée (VMC) peut avoir un impact bénéfique direct sur la qualité de l’air de notre maison. « On vit de plus en plus à l’intérieur, commente Claude Lefrançois, spécialiste de l’habitat et formateur. On prend tous plus ou moins une douche par jour, on fait la vaisselle, la cuisine, dans un habitat fermé. On génère donc énormément de vapeur d’eau. Entre trois et cinq litres d’eau par adulte et par jour sont transformés en vapeur. Il faut donc une ventilation qui fonctionne 24 heures sur 24 et 365 jours sur 365… »

Cuisiner fait tousser 

« Nous avons transformé notre habitat en Cocotte-Minute, constate le professeur Frédéric de Blay, pneumologue et allergologue. Sous couvert d’économies d’énergie, on a fermé notre maison. En conséquence, il va y avoir une rétention des polluants. L’allergie est devenue une épidémie silencieuse. » Même cuisiner nos aliments peut être une source de pollution, à cause, notamment, de l’émission de particules fines liée surtout à la cuisson de matières grasses, mais aussi de la combustion de bougies, de feux de cheminée… D’un diamètre infime – les plus petites font 2,5 microns (soit 0,0025 mm) –, ces « poussières » sont en mesure de pénétrer au plus profond de nos voies respiratoires et d’endommager le système cardiovasculaire… 

Des produits qui ne font pas bon ménage 

Le ménage peut-il être dangereux pour la santé ? A priori, non. Il est même considéré par tous comme une activité efficace pour la lutte contre la saleté de notre habitat. Sauf qu’il peut être plus dangereux que les bactéries domestiques à cause de nos produits ménagers, vendus à près de 3 milliards d’exemplaires chaque année. Des spécialistes s’accordent à dire que nous avons ainsi déplacé un risque infectieux, parfois fantasmé, vers un réel risque chimique. Pour de nombreux consommateurs, l’odeur chimique des produits ménagers, basée sur le marketing olfactif, est devenue synonyme de propreté. « Pourtant, la propreté, cela ne sent rien », glisse Christophe Mercier, microbiologiste et hygiéniste. 

Enquête de santé, mardi 12 mars à 21h05 sur France 5

Par
Thomas Gaetner