Secrets d’Histoire (France 3) – Qui était vraiment la reine Charlotte, popularisée par la série La Chronique des Bridgerton ?

Publié le 21 mai 2025 à 10:23
LIAM DANIEL/NETFLIX
Stéphane Bern nous conte l’histoire de cette princesse éclairée venue d’Allemagne, protectrice des arts et des lettres dans l’Angleterre du XVIIIe siècle.

Une reine de couleur ? 

On a prétendu que la reine Charlotte était une métisse. Cette thèse est reprise en 2023 dans un spin-off de la série américaine La Chronique des Bridgerton, dans lequel le rôle de la reine Charlotte, épouse de George III, est tenue par une actrice noire d’origine guyanaise, Golda Rosheuvel. Cette rumeur se serait basée sur son nez légèrement épaté, ses lèvres charnues, ainsi que la présence très lointaine, dans son arbre généalogique, d’une ascendante d’origine mauresque, qui aurait été la maîtresse du roi Alphonse III du Portugal. Dans un livre paru en 1940, Sex and Race, Joel Rogers, un écrivain américano-jamaïcain, panafricaniste, avait popularisé cette théorie qui laisse toutefois beaucoup d’historiens sceptiques. 

Un vrai coup de foudre ! 

La reine Charlotte, née Sophie-Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, a été mariée au roi britannique George III à l’âge de 17 ans. En 1760, le souverain du Royaume-Uni, âgé alors de 21 ans, cherche désespérément une princesse à marier. Il lui faut des héritiers. Le jeune monarque jette son dévolu sur cette adolescente, héritière d’une petite principauté allemande. Il semblerait qu’un véritable coup de foudre ait frappé les jeunes gens. Ils se marient huit heures seulement après leur rencontre. Le couple aura 15 enfants et George III lui restera d’une fidélité exemplaire. On ne lui connaîtra aucune maîtresse.

Une reine musicienne et mélomane 

La reine Charlotte aimait la musique, elle jouait admirablement de la flûte et du clavecin. Une passion qu’elle partageait avec son royal mari. Ayant entendu parler d’un jeune prodige de 8 ans nommé Wolfgang Amadeus Mozart, elle le fait venir en 1764 à Londres et le retient pendant un an. Reconnaissant, Mozart lui dédiera plusieurs sonates. La reine prend aussi comme professeur de musique Johan Christian, l’un des fils du grand Jean-Sébastien Bach. 

Passionnée de faune et de flore 

Comme la reine Marie-Antoinette, avec laquelle elle entretenait une correspondance, Charlotte aimait la nature et les animaux. Elle était incollable sur la botanique. Elle est à l’origine de grandes serres de plantes exotiques venues des quatre coins du monde, et d’un zoo dans lequel on pouvait admirer des kangourous et des zèbres… Comme ses descendantes, les reines Victoria et Élisabeth II d’Angleterre, Charlotte chérissait les chiens, notamment les loulous de Poméranie, qui la suivaient dans chacun de ses déplacements. 

Une vie entrecoupée de drames 

La vie de la reine Charlotte ne fut pas un long fleuve tranquille. Elle a connu le malheur de voir mourir trois de ses enfants. En 1782 et 1783, elle perd successivement ses deux jeunes garçons, Alfred et Octave, emportés par la variole. En 1809, c’est au tour d’Amélie, sa benjamine, malade de la tuberculose. Une disparition qui va plonger le roi, déjà à moitié fou, dans une démence dont il ne guérira jamais. La reine Charlotte meurt en 1818, à 74 ans. Son mari la suivra deux ans plus tard. Elle laisse l’image d’une reine éclairée, doublée d’une mère et épouse aimante. 

Secrets d’histoire, mercredi 21 mai à 21h05 sur France 3

Par
Hacène Chouchaoui