« On avait ordre de perdre » : ce que les récentes victoires à l’Eurovision Junior ont changé pour la délégation française

Publié le 13 mai 2023 à 8:30
Sarah Louise Bennett/EBU
A la tête des divertissements de France 2 à la fin des années 1990, Yves Bigot avait à l’époque des "consignes" pour ne pas gagner l’Eurovision a-t-il affirmé il y a quelques jours. Des propos sur lesquels vient de revenir Alexandra Redde-Amiel, l’actuelle directrice des divertissements et des jeux de France Télévisions et cheffe de la délégation française pour le concours européen de la chanson.

1977 : telle est l’année de la dernière victoire française à l’Eurovision. Mais depuis le sacre de Marie Myriam grâce à la chanson L’Oiseau et l’Enfant, aucun candidat n’a réussi à rafler ce trophée une nouvelle fois. Seule Barbara Pravi a frôlé l’exploit en 2021 en finissant 2e avec Voilà ; une place qui n’avait pas été atteinte depuis 1991 et la belle performance d’Amina avec C’est le dernier qui a parlé qui a raison.

Si la France a enchaîné les défaites et les déceptions, ce n’est pas forcément un hasard selon Yves Bigot, qui a été à la tête des divertissements de France 2 entre 1998 et 2004 avant d’être nommé cette année-là directeur de la chaîne qu’il a quittée en 2005. " On avait pour ordre de perdre. Le problème est que si vous gagnez, c’est vous qui organisez l’année d’après (…) Quand j’étais à France 2, j’avais ordre de perdre et quand j’étais à la RTBF, j’avais ordre de perdre", a-t-il affirmé récemment sur France 5 avant de préciser ses propos auprès de nos confrères du Parisien/Aujourd’hui en France.

Interrogée ce vendredi après-midi par Télé 7 Jours après la toute première répétition générale de la finale, Alexandra Redde-Amiel, qui dirige désormais les divertissements et jeux de France 2 et la délégation française à l’Eurovision, a assuré que le mot d’ordre était complètement différent désormais. "Je n’étais pas là à l’époque, donc je ne peux pas savoir ce qui s’est dit ou pas à ce moment-là. Moi, j’ai une équipe qui met tout en œuvre pour qu’on ramène le trophée. A France Télévisions, avec Delphine Ernotte et Stéphane Sitbon-Gomez, nous avons une mission très claire. On ne concourt pas pour perdre mais pour gagner !".

"On ne va pas investir, notamment financièrement, pour ne pas aller le plus loin possible !", a-t-elle souligné en précisant que la France est prête à organiser l’Eurovision sur son sol en cas de victoire de La Zarra. Et ce grâce notamment à l’Eurovision Junior. Après avoir accueilli l’édition 2022 grâce la victoire en 2021 de Valentina et son J’imagine, la France remettra le couvert cette année car Lissandro a remporté le concours en 2022 avec Oh maman. "D’avoir remporté ces éditions et de les avoir produites nous permet aujourd’hui d’être plus en confiance. Si demain on devait gagner, on sera aptes à produire l’édition 2024 et à accueillir tous ces pays en France", nous a assuré Alexandra Redde-Amiel.

Clara Kolodny

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