Quels ont été les changements apportés depuis la première répétition ?
Avec la BBC, notre partenaire, on affine la lumière et la réalisation. On a un grand proscenium de trois mètres qui s’élève et il fallait vraiment tout fixer car il faut une sécurité derrière. Après la première répétition, on a changé beaucoup de choses : des lumières, des plans de réalisation, la fixation d’une partie de la robe…. Pas mal de détails pour qu’elle se sente bien car le système en hauteur bouge quand même. Il faut que ce soit parfait pour elle quand elle chante, pour qu’elle n’ait pas des mouvements de micro.
Est-ce pour sa sécurité que l’idée de la faire détacher puis remettre sa ceinture a été abandonnée ?
Oui, c’était prendre un risque de la faire se décrocher… On a voulu quelque chose de très iconique, c’’était donc très important qu’elle garde en stature.
La Zarra a eu l’idée de départ de cette scénographie. Comment avez-vous réagi quand elle vous en a parlé ?
Je me suis dit que c’était génial ! Je suis fascinée par sa créativité. C’est une artiste qui nous propose des choses complètement folles ! Et on y répond à 98% !
Aviez-vous des consignes à respecter par l’organisation ?
On est dans un concours avec des règles et certaines sont très strictes… On peut faire certaines choses et d’autres pas. On a par exemple demandé des axes de caméra ou des lumières qui n’étaient pas possibles… Ce n’est pas la France qui réalise le concours. On est dépendants, et au service, de la réalisation anglaise.
Pourquoi cette scénographie sans danseurs ni décor autre que ce podium ?
On a voulu centrer sur l’artiste qui est très intéressante. Elle est un mélange de pop et de grande chanson française. Avoir une artiste aussi iconique qu’elle nous a donné envie de la mettre en valeur. La chanson passe également tellement vite ! On ne se rend pas compte mais en trois minutes, on ne peut pas tout filmer. Si on se focalise sur des danseurs ou un décor, on ne la filme pas. On a tout misé sur le charisme de La Zarra. Elle envoie ! Avec cette grande robe et cette plateforme, c’est une sorte de chic à la française qui se différencie de tous les tableaux. Culturellement, la France est là. On avait envie de travailler sur des lumières qui prenaient de l’émotion, ce qui renvoie aussi à la comédie musicale Starmania (version Thomas Jolly, ndlr).
Le site de l’Eurovision présente La Zarra comme une "reine disco parisienne", un mélange d’Edith Piaf et de Lady Gaga…
C’est exactement ça ! Elle est intemporelle : elle appartient au passé, au présent mais aussi à l’avenir car elle est très visionnaire. Je trouve qu’elle renouvelle la chanson française avec une grande modernité. De Piaf à Gaga, ça la résume bien.
De tels commentaires vous rassurent ?
Le travail de la délégation française, et de France Télévisions, aujourd’hui est de remporter ce trophée. Depuis quelques années, on a des artistes dont on est extrêmement fiers, que ce soit Barbara Pravi ou Amir. On est très fiers de ramener la France dans le game. Et cette coupe, on la ramènera à la maison !
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La Zarra est bien placée chez les bookmakers, avec une présence dans le Top 10…
Je ne suis pas pour regarder les pronostics car on ne sait pas ce qui va se passer. Les bookmakers peuvent se tromper. Tant mieux si elle fait partie des favoris mais il faut rester concentrés.
C’est ce vendredi soir, lors de la première répétition en public de la finale (qui n’est pas diffusée), que les votes du jury sont choisis. Comment la délégation française aborde cette étape cruciale ?
La Zarra et moi sommes très stressées mais on ne se le dit pas (rires) ! J’ai des petits moments où je dois marcher, d’autres où elle doit se reposer. On reste très concentrées et on essaie aussi de s’isoler. Il y a beaucoup de monde dans les coulisses et les loges. Ça chante… Et toutes les télévisions du monde veulent l’interviewer. C’est très fascinant de voir tout ça. On sent un engouement autour d’elle.
Quels candidats vous font le plus peur ?
La Finlande (représentée par Käärijä, ndlr) et la Suède sont nos plus grands concurrents, surtout que Loreen (la candidate suédoise, ndlr) a déjà gagné une fois en 2012. Elle a un truc en plus. Elle connait et sait comment ça se passe le Jour J. On a très envie de concourir à leurs côtés.
L’aventure Eurovision 2023 a commencé en septembre dernier pour la délégation française. Comment tient-on sur la longueur ?
C’est une bonne question (rires) ! J’ai trois petites filles et je dis toujours que l’Eurovision me fait penser à mes accouchements ! C’est le temps d’une grossesse. Là, on est en mode : "Contractions, prenons un cachet (rires)" !
L’ancien patron des divertissements de France 2 a récemment affirmé qu’il "avait ordre de perdre" pour des raisons financières. Que répondez-vous ?
Je n’étais pas là à l’époque, donc je ne peux pas savoir ce qui s’est dit ou pas à ce moment-là. J’ai du mal à parler du passé parce que je ne le connais pas. Moi, j’ai une équipe qui met tout en œuvre pour qu’on ramène le trophée. A France Télévisions, avec Delphine Ernotte et Stéphane Sitbon-Gomez, nous avons une mission très claire. On ne concourt pas pour perdre mais pour gagner. On ne va pas investir, notamment financièrement, pour ne pas aller le plus loin possible !
Les deux victoires à l’Eurovision Junior ont changé la donne ?
Bien sûr ! D’avoir remporté ces éditions et de les avoir produites nous permet aujourd’hui d’être plus en confiance. Si demain on devait gagner, on sera aptes à produire l’édition 2024 et à accueillir tous ces pays en France. Quand on connaît une victoire, on veut en vivre d’autres.
Qu’avez-vous prévu pour l’Eurovision Junior 2023 que vous organisez après la victoire en 2022 de Lissandro avec Oh maman ?
Ce sera le 26 novembre prochain à Nice. Le slogan sera "Heroes". C’est un concours d’enfants et il est important pour nous d’envoyer un message très fort et positif en disant qu’ils seront les héros de cet évènement, qu’ils gagnent ou perdent. Les enfants sont les héros de demain pour moi. Ils vont modifier et bouger notre monde !
P.H.