La Zarra : « Je ne m’attendais pas à autant d’amour à l’Eurovision 2023 »

Publié le 11 mai 2023 à 17:08
Corinne Cumming - EBU
A quelques jours de la grande finale de L’Eurovision 2023 – à suivre en direct sur France 2 samedi soir à partir de 21h –, La Zarra s’est confiée sur son impressionnante scénographie qui la fait chanter sur une plateforme à trois mètres du sol. L’occasion aussi de revenir sur l’ambiance de ses dernières semaines de préparation.

Comment se passent ces premiers jours à Liverpool ?

L’ambiance est électrique ! Je ne m’attendais pas à autant d’amour ! Je trouve que c’est important pour les artistes car quand on monte sur scène, on se sent vraiment moins seuls ! On sent que le public nous supporte et ce n’est pas malsain. Les spectateurs ne se disent pas : « Est-ce qu’elle va mal chanter ? Est-ce qu’elle va tomber ? ». Ils sont là pour nous soutenir et je trouve ça très beau. 

Ressentir tout cet amour fait du bien après la récente polémique vous entourant et les critiques reçues ?

Je viens du Canada, on n’a pas la même mentalité. J’étais déjà très surprise de voir qu’on peut prendre des miettes pour faire un papier stupide et qu’on aille parler à des gens qui ont été renvoyés ou peu importe. Je trouve ça un peu… Et la réaction que ça a provoqué… Des gens sont sortis de leur grotte, comme des cancrelats. Il y a eu des racistes… J’ai reçu des messages de mort, des choses comme : « On va te tirer par les fesses et te faire monter sur scène ma petite Marocaine ». Ça oui, c’était un peu pénible. Mais à la fin de la journée, je me dis : « moi je vais chanter sur une belle scène et voilà, bye-bye (en s’adressant aux détracteurs, ndlr) » !

L’exigence est-elle moins tolérée quand il s’agit d’une femme plutôt qu’un homme ?

C’est ça, il y avait beaucoup ce truc de diva. On a essayé de me mettre cette étiquette, je ne sais même pas ce qu’elle veut dire. C’est facile de transformer un personnage de manière très négative quand on est en train de faire quelque chose de tellement beau. A la place de soutenir l’artiste et son message, on va essayer de le griller avec quelque chose d’hyper méchant. Mais ça m’a inspirée. Mes compositeurs m’ont appelée et m’ont dit qu’ils allaient faire sur mon deuxième album une chanson qui s’appelle Diva. Et j’espère que ce sera un tube ! (rires)

Vous avez ébloui le public lors des répétitions en public de l’Eurovision. Comment est née cette scénographie ? 

J’avais une image en tête. J’ai vu passer une photo sur Instagram d’une mannequin un peu plus grande que la normale. Elle était éditée de telle façon que je la trouvais très intéressante. Là, j’ai appelé Alexandra Redde-Amiel (la cheffe de la délégation française, ndlr) et je lui en ai parlé. Je voulais que, lorsque la lumière s’allume et qu’on découvre l’artiste, ça fasse comme une statue ou un tableau. Que ça fasse rêver, comme une créature qui vient vous raconter une histoire. Nous nous sommes demandées si c’était possible et nous avons appelé les équipes. Ça a commencé comme ça. Je regarde beaucoup de films quand j’écris mes chansons et j’aime tout ce qui est fantastique. Je voulais vraiment offrir un moment hors du temps, faire rêver le public. Et je voulais que ça brille !

Le site de l’Eurovision dit de vous que vous êtes "la reine du disco" et le blog de l’Eurovision vous décrit comme "un mélange entre Edith Piaf et Lady Gaga"

Mon Dieu, c’est gentil ! Ou peut-être un mélange Edith Piaf et Dalida parce qu’elle était très disco ! J’adore ça, let’s go ! Mon deuxième album sera donc disco (rires) !

Que ressentez-vous face à l’enthousiasme suscité par votre performance ?

Du plaisir ! Je vois que les gens se sont un peu réveillés, ils sont très impliqués. Ça amène beaucoup d’amour et de joie. Le plus important, comme ils le disent à l’Eurovision, c’est "United by music" ("Unis par la musique").

Quelles étaient vos sensations au moment de monter sur scène mardi soir lors de la première demi-finale ?

C’était quelque chose d’assez stressant. J’étais dans les coulisses et j’ai dû attendre six minutes accrochée. J’entendais les blagues des présentateurs alors que j’avais vraiment besoin de me concentrer avec aucun son. Je pense que j’ai une phobie du bruit ambiant. Dès que je suis entrée et que j’ai vu les visages des spectateurs, je me suis sentie en sécurité. Mais je n’arrivais pas à redescendre à l’intérieur, on voit que ma voix est tremblante… Ce sont des ajustements que j’espère pouvoir régler avant la finale de samedi. Mais mardi, c’était vraiment merveilleux. C’était fou de voir les visages des spectateurs quand la lumière était sur eux. 

Etre à trois mètres du sol, c’est stressant ?

Oui ! Après tout ça, j’inviterais les journalistes à venir essayer de monter là-haut ! S’il y a des mauvaises langues, qu’ils viennent avant essayer le truc ! (rires) C’est assez impressionnant. Sur le papier, c’était facile. Après quand ils m’ont dit "tu vas là", je me suis dit : "Ah oui c’est vrai que je dois monter maintenant". J’avais oublié ! Je suis comme ça dans la vie. Quand j’ai acheté ma première maison, je me suis rendu compte après qu’il n’y avait pas de garage. Je suis un peu dans la lune parfois (rires) !

Dans le dernier numéro de Télé 7 Jours dont vous faites la Une (et qui est toujours en kiosque), vous précisez avoir peur "de glisser, que le micro ne marche pas ou que votre robe se déchire". Ces appréhensions sont-elles toujours là ?

Après les premières répétitions, il y a effectivement eu quelques soucis avec la robe. Des aimants ne voulaient pas se coller. il y avait des sortes de barres qui devaient la tendre pour créer vraiment cette impression de grandeur. Mais ils trouvaient ça trop dangereux et risqué. On a juste quarante-cinq secondes, quand l’autre artiste finit, pour amener la structure sur scène. Si on mettait les anneaux, qu’on accrochait la robe et que tout tombait, c’était fini. Ça m’a fait un peu chier, pardon pour ce mot, parce qu’on a longtemps travaillé. Je suis assez perfectionniste et je voulais vraiment créer mon idée. Avec les caméras, on réussit à avoir malgré tout certains angles qui font en sorte que le rendu paraisse très grand. Mais une répétition, c’est ça. Tous les autres pays ont aussi fait des ajustements plus ou moins gros. Ça fait partie du jeu même si ça fait peur. Notamment pour le micro. Je me suis dit que si j’avais les mains moites à cause du stress en montant et que je le faisais tomber, c’était fini ! Ma coiffeuse a réussi à mettre des élastiques à cheveux sur le micro. Je peux glisser mon pouce et être en sécurité !

P.H.

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