Comment es né ton amour pour le rap ?
Il est vraiment né en 2020. Je chantais déjà quelques morceaux d’Eminem, j’ai toujours été fasciné par le rap US. Et pendant le confinement, je me suis donné des challenges : je voulais essayer de rapper le plus rapidement possible. Notamment sur Godzilla d’Eminem. Après, c’est venu naturellement, je me suis rendu compte que j’avais le flow et je n’ai pas arrêté. Puis j’ai regardé plein de documentaires sur le rap pour mieux comprendre la culture. Mais j’aime tous les styles de musique. J’étais dans un groupe de rock pendant le collège et le lycée. J’écoute aussi du punk, du jazz, variété française, beaucoup d’électro ou même du classique parfois.
Comment as-tu vécu ton audition à l’aveugle ?
J’avais un peu le trac de passer devant des millions de téléspectateurs et les coachs, mais je l’ai vécu avec un beaucoup de sérénité. J’avais pour mission de ,défendre un univers qui n’avait jamais été vraiment exposé dans The Voice, un rap US avec des parties très techniques . Je reprenais NF, un artiste qui n’avait jamais été entendu dans l’émission. Mais je n’ai pas stressé, je faisais ça toutes les semaines au karaoké ou lors de scènes ouvertes. J’ai beaucoup regardé le public, c’est important pour moi d’avoir quelqu’un à qui m’adresser.
Tu as convaincu trois fauteuils de se retourner !
Wow, je ne m’attendais vraiment pas à ce que Mika et Vianney se retournent. Leurs retours ont été tellement pertinents, ça m’a vraiment abasourdi. Je ne pouvais pas rêver mieux. Je voulais absolument Bigflo & Oli, mais je me suis dit qu’ils allaient être super exigeants sur le rap. Je ne savais pas que NF était l’un de leurs artistes préférés, c’était la bonne surprise.
"Il y avait plus de stress lors de la diffusion"
Oli a fait un freestyle pour que tu rejoignes leur équipe…
J’étais honoré et touché qu’il m’adresse ce rap. Ce n’était pas totalement une impro. Je connaissais ce freestyle par coeur et il a changé tout les mots sur le moment, il y a même intégré mon nom d’artiste alors qu’il ne le connaissait pas cinq minutes plus tôt. Il a vraiment un talent de fou… C’est pour ça que je le respecte autant et qu’il est l’un de mes artistes préférés. C’est un rappeur incroyable.
Comment as-tu vécu la diffusion de l’émission ?
J’ai pu vivre ça avec ma famille et mes amis à Clermont-Ferrand, d’où je viens. J’étais très soutenu. Il y avait beaucoup plus de stress qu’au moment de l’audition, parce qu’on ne sait pas comment on va être accueilli sur les réseaux sociaux. Il y a une petite communauté qui m’a soutenu, les gens sont adorables. Beaucoup ont dit : "J’aime pas trop le rap, mais j’ai bien aimé ce qu’il a fait, son énergie". Les gens ont vu à quel point j’ai travaillé et donné le meilleur de moi-même, c’est ce que je voulais. J’ai aussi reçu beaucoup de messages de fans de NF qui ont été fiers que ce rappeur soit représenté dans The Voice, j’en suis très content.
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Que retiens-tu du coaching avec Bigflo & Oli ?
Dès l’audition, je me suis rendu compte que les gars étaient très cool et accessible, comme les autres coachs d’ailleurs. Mais on avait une proxomité grâce au rap. Quand ils nous coachent, on sent vraiment qu’on est dans leur équipe, que l’enjeu est important pour eux. Avec Ugo, on a senti qu’ils avaient l’habitude de s’auto-évaluer et de progresse constamment. Et ils ont fait ça avec nous, comme s’ils le faisaient pour eux. Ils ont tout de suite repéré nos faiblesses et donné des conseils pour les corriger. Ça marche, et c’était un plaisir d’être coaché aussi par Tayc, qui était super agréable et ouvert.
"Ugo est devenu un frère"
Comment t’es-tu entendu avec Ugo ?
On se connaissait déjà, car il vient de la même école que moi, la Dalida Institute que j’ai intégrée en septembre après mes études de géographie. La première fois qu’on s’est vus, on a fait immédiatement fait une battle pour voir qui rappait le plus rapidement. Il avait fait un rap de Bigflo & Oli, et moi Eminem. De là est née une amitié. On s’imaginait qu’un jour, on ferait une battle ensemble dans The Voice… Et le fantasme s’est réalisé ! Ça a renforcé nos liens, c’est devenu un frère, on échange souvent. On a même pensé à proposer à continuer l’aventure ensemble, en tant que duo.
Quel souvenir gardes-tu de la battle sur L’odeur de l’essence d’OrelSan ?
Il y a plus de stress, on attend dans les gradins, on ne sait pas quand ça va être notre tour… Quand Ugo n’allait pas bien, je le rassurais, et inversement. Au moment de passer, d’un coup, il y a eu un énorme stress, un haut-le-coeur inimaginable. Une montée d’adrénaline de malade qui nous a déstabilisé. De notre duo, je retiens tellement de puissance, d’énergie et de sincérité. Il y a eu une osmose entre nous deux, c’était dingue. C’est l’un des moments les plus forts que j’ai vécu sur scène. Il n’y a que The Voice et les battles pour nous procurer ça. C’est indescriptible, j’étais très ému.
Qu’as-tu ressenti quand Bigflo & Oli ont préféré continuer l’aventure avec Ugo ?
J’avais envie d’aller plus loin. Il y a eu un flottement, comme dans les films. Le temps s’arrête autour de toi, le monde s’effondre, je descends de mon petit nuage. C’était un retour à la réalité. Depuis le début, je vivais un rêve. C’est quand ça s’est fini que je m’en suis rendu compte. Il y a un an, j’étais serveur dans un bar-karaoké, je ne me voyais pas dans la musique, je n’avais pris aucun cours de chant. Mais je n’arrête pas de repenser à notre duo avec Ugo, à notre alchimie. On va rester ami toute notre vie. Je suis super fier de lui, je me dis qu’il va nous représenter tous les deux.
"On m’a mis l’étiquette du rappeur"
Aurais-tu aimer continuer pour chanter, montrer autre chose que tes talent de rappeur ?
Je n’ai aucun regret concernant ma battle avec Ugo. Mais c’est vrai que j’aurais aimé que les gens voient autre chose de moi. On m’a mis l’étiquette du rappeur, alors qu’à côté, je sais chanter. Mais ce qui est fait est fait. Ceux qui auront envie d’écouter tout mon univers, ils me suivront sur les réseaux sociaux : il y a beaucoup de chansons qui arrivent !
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Quels sont ces projets musicaux ?
Je vais sortir une chanson dans trois semaines et un EP avant la fin de l’année. Peut-être au cours de l’été. J’ai déjà quatre chansons de prêtes, où je mêle chant et rap. J’attends le bon moment pour les sortir. Pour l’instant je suis un indépendant, je fais mes prods et mes clips avec un pote. C’est très amateur. Mais qui sait, peut-être que grâce à The Voice, quelqu’un va m’appeler. Et avec Ugo, on a commencé à écrire ensemble. On a envie de sortir un feat bientôt, on aimerait partager la scène un jour.
À quoi vont ressembler ces chansons ?
J’essaye d’avoir une plume assez pragmatique, de parler des choses de la vie et ce qui nous entoure sans trop faire de métaphores. Et surtout, parler de la société, de sujets importants, de ce qui se passe entre nous. Je joue avec les mots, mais je ne prends rien à la légère dans mes morceaux. On a tous une voix et la musique peut changer les choses. Il y a des messages, mais on pourra danser, ce ne sera pas que des chansons tristes.
Comme Ugo, comptes-tu retenter ta chance dans The Voice dans quelques années ?
Je n’en ai pas envie. Être allé jusqu’aux battles, c’est déjà très bien. Peut-être que si la musique n’a pas marché pour moi, je reviendrai en tant que chanteur, cette fois. Mais ce ne sera pas avant dix ans ! (Rires)
Bigflo & Oli t’ont promis de garder contact. Est-ce le cas ?
Je leur envoie souvent des maquettes par mail ou sur Instagram. En général, ils répondent, donc c’est super cool de garder ce lien. Je pense qu’il faut d’abord que je bosse à fond sur mes projets. Et peut-être qu’un jour ils tomberont dessus et, si j’ai progressé, me proposeront une première partie. Mais il faut mériter son dû.