Les Potagers de Julie (France 3) – Julie Andrieu : « On devrait d’ailleurs enseigner le jardinage à l’école ! »

Publié le 13 avril 2024 à 9:33
© Benjamin DECOIN - FTV
Pour la troisième saison de son émission dédiée à la culture potagère, l’animatrice est repartie à la rencontre de jardiniers aguerris, aux techniques parfois étonnantes… mais essentielles.

Que nous réserve cette nouvelle saison ? 

Julie Andrieu : Des régions, des jardiniers et des légumes différents. Et toujours les enseignements de la maraîchère Lola Périer, qui m’apprend à cultiver mon jardin. Cette année, on a aussi privilégié des thèmes comme le potager résilient ou le potager politique. Chacun cultive le sien à sa façon, avec son histoire et son ressenti. Je trouvais intéressant d’ajouter à la partie technique une approche plus émotionnelle et philosophique… 

Comme une référence à Voltaire, qui fait dire à Candide : « Il faut cultiver notre jardin » ? 

Évidemment, chez Voltaire, le jardin est très symbolique, mais chez nous aussi. À travers lui, on se cultive soi-même. On renoue avec soi et avec la terre. Car on se pose, on prend du recul et le temps de la réflexion. C’est un peu une thérapie, finalement… 

Cette saison s’ouvre sur la visite d’un potager en lisière de forêt. En quoi est-il remarquable ? 

Il se trouve dans un corridor biologique, et les animaux y circulent en liberté, car rien n’est clôturé. Catherine, la jardinière, en a fait un atout et leur a réservé une partie de son potager, comme une sorte de garde-manger. Elle dit qu’elle le cultive pour elle, mais aussi pour la nature et l’environnement. J’ai trouvé ça très sage et généreux. 

Qu’est-ce qui vous a le plus étonnée lors de vos pérégrinations ? 

L’aquaponie (méthode qui unit la culture de plantes et l’élevage de poissons, ndlr), utilisée par François, un jardinier auvergnat. C’est spectaculaire : sur une petite surface, on obtient un jardin très productif pour un coût minimal ! François, qui est professeur de physique, a une approche scientifique de son potager. Après le jardin philosophique, c’est le jardin mathématique… 

Selon vous, le jardin reflète la personnalité de celui qui le fait. Que dit votre potager de vous ? 

Il dit que je voyage beaucoup et que je devrais être là plus souvent ! Mon père, qui avait un grand jardin, me disait toujours : « Ne te lance pas dans un potager avant d’être à la retraite. » Il avait raison. Mais je trouve rassurant de savoir produire mes propres végétaux : avoir la capacité de se nourrir me semble essentiel. On devrait d’ailleurs enseigner le jardinage à l’école ! 

À la table de… va bientôt revenir, sur France 3. Chez qui serons-nous conviés, cette fois ? 

Nous sommes allés, entre autres, chez Georges Clemenceau, en Vendée, et chez Catherine de Médicis, à Chenonceau. Avec ce format, nous essayons de faire découvrir une personnalité à travers son goût pour la nourriture, et donc pour le plaisir et le partage. C’est aussi une façon de montrer que la cuisine peut mener à tous les sujets. Grâce à elle, je passe d’un thème et d’un pays à l’autre, un peu comme une anthropologue. Sans en avoir le diplôme, mais avec la même curiosité… 

Un mot sur vos projets ? 

J’ai des propositions pour développer des émissions en Espagne et en Italie. J’essaie aussi de rester active sur les réseaux sociaux, où je poste des vidéos sur les arts de la table. C’est mon nouveau terrain de jeu…   

Les Potagers de Julie, samedi 13 avril à 15h40

Par
Katia de la Ballina