Figure emblématique de Cnews, Laurence Ferrari a fait ses premiers pas au sein du groupe TF1 en 1997, en animant les matinales sur LCI. En 2000, elle rejoint TF1 pour co-présenter le magazine Sept à Huit aux côtés de son ex-mari Thomas Hugues, ainsi que l’émission Vis ma vie. Deux ans plus tard, elle deviendra le joker de Claire Chazal au journal télévisé de 20h, avant de remplacer Patrick Poivre d’Arvor… Invitée de l’émission web Entre vous et moi, diffusée sur YouTube, la journaliste est revenue sur cette période éprouvante de sa carrière.
Laurence Ferrari confronté au sexisme à TF1 : "Le procès en illégitimité a été extrêmement violent"
« C’est là que je commence à réaliser (…) Avec ces remplacements du 20 heures, j’ai compris que je rentrais dans une autre case et qu’il fallait être irréprochable » confie-t-elle à propos de ses débuts au 20h. Laurence Ferrari évoque également le sexisme auquel elle a été confrontée au sein de TF1. « D’abord, tout milieu vous le fait ressentir. Tous vos patrons vous le font ressentir. Bon, ils vous donnent votre chance, mais il y a quand même un moment où ils disent "mais toi t’es quand même une femme ?". Je l’ai ressenti d’autant plus violemment, quand j’ai pris le poste du 20 heures de TF1, du titulaire, où là vraiment le reproche m’a été adressé d’être une femme qui a remplacé un homme, et ça, le procès en illégitimité a été extrêmement violent » affirme-t-elle.
"Le plus dur, c’était les coups de couteau dans le dos"
En septembre 2006, elle quitte TF1 pour rejoindre le Groupe Canal+. Mais en 2008, Nonce Paolini lui propose de revenir à la tête du JT de 20h, succédant à Patrick Poivre d’Arvor. « Il m’a dit "et si jamais, je vous propose le 20h ? vous avez 30 secondes pour me répondre » se souvient-elle. « Tu te dis, que tu reprends un risque, tu reprends le job le plus exposé sur le journal le plus regardé d’Europe, celui où tu vas prendre absolument tous les coups… mais évidemment, tu vas y aller, parce que tu adores ça » raconte la journaliste.
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Mais cette nouvelle aventure se révèle particulièrement éprouvante. « Je n’en ai jamais rêvé, du 20 heures» précise-t-elle. Dès son arrivée, les critiques fusent. « Les attaques de l’extérieur ont été permanentes, ça a été une ouverture de feu du premier jour au dernier jour. J’ai été sous la mitraille, quotidiennement. J’ai été canardée par les confrères. Le pire c’était de ne pas être soutenue de l’intérieur, d’avoir des collègues qui vous mettaient des couteaux dans le dos, c’est vraiment ce qui a été le plus dur pour moi à l’époque, c’est de monter au front en sachant que je pouvais prendre une balle »
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"Le prix à payer est trop lourd"
En mai 2012, sous le feu de la pression médiatique, Laurence Ferrari décide de claquer la porte de TF1 une seconde fois. « Le prix à payer est trop lourd, ça impacte trop ma vie personnelle. J’ai d’abord été harcelée par les paparazzis à un point que personne n’imagine ! Tout le monde dit "oh, c’est pas très grave", mais, quand vous prenez votre poussette pour sortir la première fois votre enfant, et que vous avez dix paparazzis autour de vous, non c’est pas normal… Ce n’est pas la vie que j’ai choisi, moi je suis simplement journaliste, je ne suis pas une star. À un moment j’ai trouvé qu’il fallait dire stop, et que pour moi, pour ma liberté personnelle, pour mon équilibre, il fallait que je parte, et donc une fois de plus, j’ai claqué la porte» raconte-t-elle.
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Et de conclure : « Je suis un électron libre, mon parcours le prouve, je prends des risques, je vais où je veux et je suis très libre, donc je dérange. J’ai toujours dérangé. Au 20h de TF1, ça n’a pas manqué, ça continue aujourd’hui. J’en ai fait mon deuil de cette profession (…) Je ne les lis plus. Je ne les écoute plus et je ne les regarde plus. Depuis le 20h de TF1, je ne lis plus un mot de ce qui est écrit sur moi ».