L’image des femmes
Longtemps, la relation des femmes à l’alcool a été associée à une forme de tabou. La plus célèbre « femme ivre » apparaît à la télévision américaine en 1978, dans la série Dallas. Il s’agit de Sue Ellen, épouse du méchant J.R. Ewing. Dès lors, le nom « Sue Ellen » devient une expression désignant une femme qui a trop bu. Mais à la fin des années 90, une petite révolution s’opère : quand les femmes boivent, elles sont libres et branchées, comme dans les séries Sex and The City ou Grey’s Anatomy.
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La sobriété, un choix difficile à assumer
Lou a 21 ans. Son père a eu des soucis avec l’alcool, et elle a choisi de ne pas boire. « Des réflexions, j’en ai eu pas mal, confie-t-elle. On me dit toujours : “Tu crains, ça ne peut pas te faire de mal, ça va te donner un petit coup de jus.” Malgré tout, je fais la fête, je vais au bar deux ou trois fois par semaine, mais avec un coca et une tranche de citron. J’essaie de trouver ma place dans cette société, malgré la pression que l’on met sur les gens qui ne boivent pas… »
Stopper les abus
« L’alcool est le produit de la désinhibition. Mais il n’autorise pas tout, explique Marie, victime d’un viol. Il faut trouver le juste milieu entre “je suis désinhibée et je veux passer un bon moment avec toi” et ”j’ai envie de m’amuser, mais si tu te permets des choses qui ne sont pas concevables, je ne suis pas en capacité de dire stop”. Les hommes pour lesquels j’ai le plus de respect sont ceux qui m’ont dit : “Je te raccompagne chez toi, je te mets au lit et, si tu veux, on se revoit demain.” »
Prévention… modérée
En janvier 1991, la loi Évin marque un tournant politique en interdisant notamment les publicités pour l’alcool à la télévision et au cinéma. Elle impose aussi un message de prévention quant aux dangers de l’alcool sur les campagnes d’affichage. C’est le fameux « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Commence alors un rapport tendu entre les autorités de santé et les lobbies. « On a ajouté “À consommer avec modération”, explique Mickael Naassila, président de la société française d’alcoologie. “Modération” sous-entend que la Haute Autorité de santé ellemême soutient ce message… »
Le meilleur ennemi de nos sociétés ?
« On pourrait se demander ce que serait une société où l’on boirait moins et où l’alcool serait moins banalisé, suggère Marion Acquier, psychologue. Il y aurait moins d’accidents de la route, moins de violences, intra-familiales et sexuelles, et probablement moins de séparations. Une société en meilleure santé, globalement… »
Boire, mardi 16 septembre à 21h10 sur France 2