En 1932, à Nice, Lydia Delectorskaya, venue de Sibérie, entre au service de Matisse comme aide d’atelier. Le peintre la remarque, elle devient vite son modèle. Source d’inspiration inépuisable, pour les peintures, dessins, gravures, Lydia aura posé pour plus de 80 tableaux et des centaines de dessins. Le rôle de Lydia auprès de Matisse pendant plus de vingt ans permet d’éclairer le processus de création de l’artiste et la façon rigoureuse dont était organisée sa vie au quotidien...
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LA MUSE QUI VENAIT DU FROID
« Quand Lydia Délectorskaya s’approche, je suis guéri. Quand elle s’éloigne, je suis alangui », écrit Henri Matisse. Nous sommes en mai 1948. Le grand maître est alors âgé de 78 ans. Voilà dix-huit ans que celle qui est à la fois sa muse, son assistante, sa garde-malade, vit à ses côtés. Cette orpheline russe fuyant la Mandchourie est entrée au service du peintre en 1932 comme soignante de son épouse.
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Matisse est un jour frappé d’inspiration par la pose alanguie de cette blonde. Lydia devient sa muse et son modèle. Leur collaboration sera fructueuse. Elle restera à ses côtés jusqu’à sa mort, en 1954. A-t-elle été sa maîtresse ? Elle niera toujours. À ce sujet, celle qui décède en 1998, à 87 ans, écrira : « Vous voulez savoir si j’ai été la femme de Matisse ? Oui et non. Au sens matériel, physique du mot, non. Dans le sens psychologique et moral, plus que oui. Parce que j’ai été pendant plus de vingt ans la lumière de ses yeux, et lui a été pour moi le seul sens de ma vie. »
Matisse et Lydia, vendredi 4 avril à 22h45 sur France 5