Face à l’Histoire : les Résistantes (France 5) – Geneviève de Gaulle, Jeanne Bohec : La résistance, une affaire de femmes… aussi !

Publié le 13 avril 2025 à 8:21
FTV ARCHIVES PRIVEES FAMILLE SIMONNE MATHIEU/FTV TALLANDIER/BRIDGEMAN IMAGES/FTV
Ce récit en quatre épisodes, diffusés ce soir, rend hommage à toutes celles qui ont refusé de se soumettre à l’occupant, comme au régime de Vichy. Elles sont bien plus nombreuses qu’on ne le croit. 

De Gaulle au féminin 

En 1978, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, nièce du général, évoquait, à la télévision, les raisons de son entrée dans la Résistance, à 21 ans : « Quand nous avons vu arrêter les familles juives, les petits enfants emmenés au Vélodrome d’Hiver… nous avons serré les dents, en nous disant que nous combattrions jusqu’à ce que des familles puissent ne pas être ainsi arrachées à leur patrie, que des enfants puissent ne pas être pris dans les bras de leurs parents. » Comme Lucie Aubrac, elle demeure l’une des grandes figures de la Résistance.

Sous son sein, la grenade 

Engagée dans le Corps féminin des Forces françaises libres, basé à Londres, Jeanne Bohec est parachutée en Normandie, en février 1944, quelques mois avant le Débarquement. Chimiste de formation, elle instruit les maquisards sur l’art du sabotage par explosifs. Ce qu’elle expliquait, en 1989 : « J’ai coupé la voie (ferroviaire, ndlr) entre Vannes et Dinan. J’ai posé moimême les pains de plastique, avec des détonateurs que j’avais fabriqués moi-même… Ça a très bien marché. Ils ont mis huit jours à réparer. »

Bien plus qu’une championne 

Simonne Mathieu a d’abord brillé raquette en main. L’un des courts du stade Roland-Garros porte d’ailleurs son nom. Lors de l’US Open 1939, il ne reste à cette tenniswoman qu’un ou deux matchs à gagner pour devenir n° 1 mondiale. Or, quand la France déclare la guerre à l’Allemagne, le 3 septembre, elle quitte le tournoi pour rejoindre l’Europe. En Angleterre, elle découvre que les femmes peuvent s’engager, ce qui n’est pas le cas en France. Elle rejoint ainsi le Service des volontaires féminines de l’armée britannique, puis est autorisée à créer un corps militaire féminin au sein de la France libre. Elle sera chargée ensuite du renseignement auprès du secrétariat particulier du général de Gaulle.

La révolte des sardines 

Le 31 mai 1942, une distribution de boîtes de sardines est organisée dans un magasin de la rue de Buci, à Paris. Madeleine Marzin, qui mène alors une manifestation contre la crise alimentaire générée par la politique de collaboration du maréchal Pétain, crie : « Aujourd’hui, c’est sans tickets (de rationnement) ! » Plus tard, elle détaillera la scène : « Tout de suite, nous avons vu les boîtes de sardines lancées à la volée. Les ménagères qui faisaient la queue les ont aussitôt ramassées dans leurs filets et sont parties très vite. » Arrêtée, Madeleine Marzin est condamnée à mort, peine toutefois commuée en travaux forcés à perpétuité, par Pétain. Elle parviendra à s’échapper, puis entrera dans la clandestinité. Avant de siéger à l’Assemblée nationale, après la guerre. 

Face à l’Histoire : les Résistantes, dimanche 13 avril à 2105 sur France 5

Par
Frédéric Lohézic