Ce projet n’est pas une fiction, comme le souligne le réalisateur, Alexandre Moix : « Mon objectif était de faire un film qui parle aux jeunes. Je ne voulais pas d’un documentaire classique, avec des interventions d’historiens. Je voulais être en immersion totale dans la tête d’Anne Frank, la laisser s’exprimer. J’ai appelé le documentaire Journal d’une adolescente, car elle incarne cette adolescence universelle, intemporelle. »
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UN VOYAGE INTIME DANS SON UNIVERS
À travers son journal, on découvre le quotidien d’une famille juive contrainte de se cacher dans l’annexe secrète de l’entreprise Opekta, d’Otto Frank, située à Amsterdam. Pendant 761 jours, Anne y consigne ses pensées, ses rêves, ses angoisses et ses espoirs, qu’elle adresse à son amie imaginaire, Kitty. L’un des partis pris du film est justement de donner un visage à Kitty. Plutôt qu’une seule représentation, cinq adolescentes incarnent « les différentes facettes d’Anne, comme si elles étaient ses projections dans le présent. Elles illustrent ce qu’elle aurait aimé vivre en liberté », explique Alexandre Moix. Ce procédé établit un dialogue intergénérationnel, rapprochant le récit d’Anne Frank des préoccupations des jeunes d’aujourd’hui.
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UNE JEUNE FILLE EN AVANCE SUR SON TEMPS
Grâce à un accès exclusif aux archives du Fonds Anne Frank, le documentaire intègre des extraits de son journal, des photographies inédites et des archives colorisées. Ces éléments permettent de revivre son quotidien et d’explorer son évolution personnelle dans un contexte de réclusion et de terreur. « Dans la nouvelle édition de son journal, des parties, supprimées par son père, ont été réintégrées, notamment son passage à l’âge adulte. Anne Frank était très en avance sur son temps, très moderne dans sa manière d’aborder le féminisme, la place de la femme, et c’était essentiel de mettre cela en avant », précise Alexandre Moix.
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Tout au long du documentaire, l’espoir reste présent, malgré l’issue que l’on sait tragique. Un choix assumé par le réalisateur : « Je ne voulais pas montrer les camps de concentration ou la mort d’Anne Frank. Je voulais que l’histoire s’arrête à son arrestation, et que son père prenne le relais, montrant qu’elle a finalement réalisé son rêve de devenir écrivain. Son journal est une victoire sur sa disparition. » À travers ce film, Alexandre Moix rappelle que l’histoire d’Anne Frank ne doit jamais être oubliée. Aujourd’hui encore, il est possible de visiter la Maison Anne Frank à Amsterdam, un témoignage poignant de son héritage.
Anne Frank, journal d’une adolescente, d’Alexandre Moix, mardi 4 mars à 21h10 sur France 2, suivi à 22h45 de Quand tu écouteras cette chanson, un documentaire de Mona Achache
KAHINA BOUDJIDJ