L’amour est imprévisible. Il peut surgir n’importe où, même en enfer. Dans la lignée de la série Holocauste (1978), avec Meryl Streep et James Woods, Le Tatoueur d’Auschwitz nous plonge dans la réalité de l’univers concentrationnaire, à travers l’histoire bouleversante de Lale Sokolov, de son vrai nom Ludwig Eisenberg. En 1942, ce Juif slovaque de 24 ans est déporté à Auschwitz. Par un heureux concours de circonstances, il est choisi pour devenir tatoueur, échappant ainsi à une mort certaine. Son travail consiste alors à graver sur le bras des détenus leur numéro d’identification. Un jour, il croise le regard de Gita, une détenue slovaque, qu’il vient de tatouer (jouée par l’actrice polonaise Anna Próchniak). C’est le coup de foudre. Les deux amants vont s’aimer et survivre dans cet enfer…
DEVOIR DE MÉMOIRE
Cette production est la libre adaptation du best-seller d’Heather Morris (paru en 2017 et vendu à plus de 14 millions d’exemplaires dans le monde). L’auteure avait recueilli le récit de Lale Sokolov quelques années avant sa mort survenue en 2006 à l’âge de 90 ans. Harvey Keitel a prêté ses traits au vieil homme, retraité en Australie et confronté aux fantômes de ses souvenirs, sous forme d’incessants flash-backs, tandis que l’actrice Melanie Lynskey ( The Last of Us) interprète Heather Morris, auteure débutante, alors infirmière dans un hôpital. Pour le célèbre acteur américain, ce rôle fut un devoir de mémoire : « Je suis honoré d’avoir pu mettre en lumière, grâce à cette adaptation l’horreur de l’Holocauste, et de garder vivante cette mémoire, car il y a de moins en moins de survivants pour raconter leur propre histoire. »
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DÉSHUMANISATION
Le personnage de Lale jeune est interprété par le Britannique Jonah Hauer-King, vu dans le film La Petite Sirène. Il apporte à son personnage un mélange de sensibilité, d’humanité et de force, qui le rend terriblement attachant. Lale noue avec son surveillant SS Stefan Baretzki (Jonas Nay) une relation ambiguë. Ce dernier, un homme frustre et sans éducation, le tourmente tout autant qu’il l’admire, fasciné par ce détenu raffiné et lettré. Jonas Hauer-King s’est beaucoup investi dans son rôle comme il l’a confié au quotidien The Guardian : « La première chose que j’ai faite a été de retourner à Auschwitz (il l’a visité pour la première fois alors qu’il était adolescent, ndlr), pour rendre hommage à Lale, mais aussi pour aborder le rôle davantage dans le contexte de l’histoire que nous racontions. »
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Pour l’acteur, le moment le plus difficile a été lorsque lui et plusieurs comédiens ont dû se raser les cheveux : « Dans tout autre contexte, cela peut être assez anodin – c’est juste une coupe de cheveux, dit-il. Mais savoir pourquoi ils rasaient la tête des gens, pourquoi ils voulaient les déshumaniser et leur enlever leur identité… C’était quelque chose qui me tenait à coeur, mais quand je me suis vu dans le miroir, c’était tellement poignant. Je ne m’attendais pas à ça… » En janvier 2024, selon une enquête de l’organisation Jewish Claims Conference, on dénombrait encore 245 000 survivants de l’Holocauste à travers le monde.
Le Tatoueur d’Auschwitz, mecredi 21 janvier à 21h10 sur M6