Rudolf Höss dirige en bon gestionnaire SS le camp d’extermination d’Auschwitz. Sa famille coule une existence bourgeoise dans une villa coquette jouxtant le mur d’enceinte. Hedwig, son épouse fière de sa réussite, gendarme sans une once de culpabilité son petit paradis domestique aux portes de l’enfer...
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Tous les soirs, Rudolf Höss retrouve femme et enfants dans son joli pavillon, avec jardin fleuri et piscine, jouxtant le camp d’extermination d’Auschwitz. L’officier en est le commandant… « Cette famille, à la fois ordinaire et hideuse, qui vit à un mur du camp, avec ses ambitions médiocres, ses désirs, elle est humaine, et c’est ça l’horreur », confie le réalisateur Jonathan Glazer.
Avec cette image du bonheur domestique aux portes de l’enfer, il illustre parfaitement la terrible banalité du mal. À ses yeux, « les films qui nous montrent les nazis comme des monstres ne nous apprennent rien et, quelque part, nous rassurent ». Salué par le Grand Prix au dernier Festival de Cannes, ce film choc cantonne l’horreur de la Shoah hors-champ. Seul le son de l’enfer en action nous parvient par-dessus le mur d’enceinte, comme la fumée des cheminées. « Quand bien même on ne voit pas les déportés, explique le cinéaste, ils hantent en permanence notre esprit. »
La Zone d’intérêt, mardi 5 novembre à 21h10 sur Canal+
J. BARCILON