Miss Alsace 2025 victime de racisme : une enquête judiciaire en cours

Publié le 9 juillet 2025 à 15:39
Capture Instagram
Depuis son élection le 26 juin dernier, Julie Decroix, Miss Alsace 2025, est victime d'un déferlement de messages racistes sur les réseaux sociaux. Face à ces attaques, le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Julie Decroix, couronnée Miss Alsace 2025 le 26 juin dernier à Kirrwiller, fait face à une vague de harcèlement raciste sur les réseaux sociaux depuis son élection. Cette étudiante en psychologie de 20 ans, née à Dakar et qui a grandi à Blotzheim dans le Haut-Rhin, subit quotidiennement des attaques liées à sa couleur de peau. Face à l’ampleur de ces messages haineux, une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris.

Un torrent de haine déferle après l’élection

Depuis son sacre, Julie Decroix est devenue la cible privilégiée d’internautes anonymes qui déversent leur venin raciste sur les plateformes numériques. Ces attaques d’une violence inouïe incluent des comparaisons avec des animaux, des allusions à l’extermination et des commentaires sarcastiques.

Cette déferlante de haine a profondément marqué Sylvie Zimmermann, déléguée régionale du comité Miss France, qui témoigne : "ça m’attriste profondément, elle a les plus belles valeurs qu’on puisse imaginer. Pour moi, il n’y a pas de sujet, elle a été élue par un jury alsacien, ils ont vu au-delà de sa couleur de peau et j’en suis fière. Je ne vois pas où est le problème. Elle est Alsacienne comme nous toutes parce qu’au fond, on est tous différents."

L’ampleur exceptionnelle de ces commentaires haineux a également surpris José Kouamé, porte-parole de SOS Racisme en Alsace, qui s’est dit "choqué" par les proportions prises par cette polémique, "alors que nous devons intégrer que la France désormais est multiculturelle". 

La justice saisie pour faire cesser l’impunité

Face à cette situation intolérable, SOS Racisme Alsace a pris les devants en déposant un signalement auprès de la justice. L’association a dénoncé ces "injures racistes, des attaques abjectes et inacceptables" dans un communiqué publié sur Facebook. "Nous avons été profondément choqués et indignés par les propos racistes dont a été victime Julie Decroix. (…) Aucun être humain, ne devrait avoir à subir de telles insultes pour ce qu’il ou elle est", a déclaré l’organisation.

Le signalement initial, adressé au parquet de Strasbourg, a rapidement été transmis au parquet de Paris, qui s’est saisi de l’affaire. L’enquête a été confiée au Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), structure spécialisée dans la lutte contre la cyberhaine. "Les choses sont prises au sérieux", a assuré Agnès Robine, procureure adjointe du tribunal judiciaire de Strasbourg.

Une détermination renforcée malgré l’adversité

Malgré cette épreuve douloureuse, Julie Decroix fait preuve d’une remarquable résilience. L’étudiante en première année de psychologie à l’université de Strasbourg a fait le choix de ne pas porter plainte personnellement, préférant "rester focalisée sur ses objectifs" en vue de l’élection Miss France de décembre prochain.

Dans une déclaration pleine de force, elle confie à Ici Alsace que ce torrent de haine va "renforcer sa détermination" à décrocher le titre suprême : "Je me dis que la haine que les gens ont contre moi, je vais l’utiliser pour leur montrer tout simplement que je peux tout donner pour la région. Je peux ramener cette couronne et être Alsacienne et montrer au monde entier que je suis l’Alsace, malgré ma couleur de peau".

Cette affaire s’inscrit malheureusement dans une série d’attaques racistes qui ont visé plusieurs Miss en 2024. Miss France 2025, Angélique Angarni-Filopon, et la première dauphine Sabah Aib ont également été victimes de harcèlement en ligne en raison de leurs origines. 

Par
Mélissa Tellaa