Charline Vanhoenacker réagit au licenciement de Guillaume Meurice : “Celui qui fait honneur au service public est remercié”

Publié le 12 juin 2024 à 12:47
Wyters Alban/ABACA
Après l'annonce du licenciement de Guillaume Meurice de France Inter, place à la consternation… Charline Vanhoenacker a partagé un long message sur X, ancien Twitter, pour faire savoir sa colère et sa peine suite à cette lourde décision. 

Voilà plus d’un mois que Guillaume Meurice était suspendu de l’antenne de France Inter. Le chroniqueur et humoriste a enfin été fixé sur son sort mardi 11 juin comme il la annoncé à nos confrères de l’AFP. Le comparse de Charline Vanhoenacker a précisé que son désormais ex-employeur avait choisi l’option de la "rupture anticipée" de son contrat "pour faute grave", à savoir une "déloyauté répétée". Guillaume Meurice a répété une deuxième fois sa blague polémique au sujet de Premier ministre israélien accusé notamment de crimes de guerre, voire de génocide à Gaza. L’humoriste a pris la parole ce mercredi 12 juin longuement sur X, ancien Twitter en adressant une lettre à sa "Chère France Inter". 

"Des âmes de si peu de scrupules"

Il n’y est pas allé de main morte et a notamment écrit : "Aujourd’hui, j’ai le cœur gros. Pas à cause de notre séparation forcée, ni de la manière dont notre histoire se termine. Si je suis si triste, c’est de te laisser ainsi, dirigée par des âmes de si peu de scrupules. De celles qui ont comme boussole leur soif d’obéir, et un tableur Excel à la place du cerveau. De celles qui s’imaginent que tu leur appartiens mais qui t’oublieront sitôt leur mandat terminé pour gérer une autre boîte, benchmarker une start-up ou un ministre". Les messages de soutien ont été nombreux et plusieurs de ses collègues ont décidé de démissionner suite à l’annonce de son licenciement. C’est le cas notamment de Thomas VDB et d’Aymeric Lompret qui ont emboîté le pas de l’humoriste Djamil le Shlag qui avait décidé il y a plusieurs semaines de faire ses adieux à France Inter en soutien à Guillaume Meurice. 

Du soutien, le chroniqueur en a donc reçu et c’était au tour de Charline Vanhoenacker de lui en apporter ce mercredi 12 juin. Sur X, elle a posté, elle aussi, un long message sur fond noir dans lequel elle confie sa consternation et son désarroi. "En congédiant Guillaume Meurice, Radio France nous prive d’un humoriste talentueux et intègre, doué et cohérent avec les valeurs véhiculées dans ses chroniques. Et me voilà privée de mon complice historique, d’un collègue investi, d’un camarade attentionné", a-t-elle d’abord regretté.

Puis d’enchaîner pour faire taire les accusations d’antisémitisme à l’encontre de son ami : "En baladant son micro sigle France Inter depuis 10 ans, le comique d’investigation de la chaine a donné la parole aux racistes, aux imposteurs, aux homophobes, aux tocards, aux islamophobes, aux cuistres, aux antisémites ou aux masculinistes. N’est-ce pas ce qu’on peut appeler ‘assurer la pluralité de l’antenne’ ?"

"Le bouffon congédié"

"En bref, pendant 10 ans, Guillaume a jeté une lumière rigolarde sur toutes les outrances de la haine ordinaire, ce qu’on appelle pudiquement aujourd’hui ‘la parole décomplexée’. Par son savoir-faire, l’absurde, il a poussé ces outrances dans ses derniers retranchements pour en faire éclater les logiques toxiques. N’est-ce pas ce qu’on appelle ‘une mission de service public’ ?", a également questionné Charline Vanhoenacker.

Cette dernière n’a ensuite pas tari d’éloge au sujet de son ex-collègue : "Tendre impertinence, espièglerie mordante et reportage satirique, tels sont ses outils critiques pour appréhender l’actualité, avec pour seule ambition de nous la rendre plus supportable. Merci pour tout ça, mon cher Guillaume (…) l’un des principaux artisans du succès insolent de France Inter aujourd’hui". "Je prends acte que celui qui a fait honneur au service public est aujourd’hui remercié. Le bouffon congédié, plusieurs de mes camarades ayant démissionné, ma troupe amputée, il faudra une fois encore m’adapter", a-t-elle conclu dépitée. 

Par
Kahina Boudjidj