La liberté d’expression dans les médias de Vincent Bolloré est vantée par bon nombre des animateurs de CNEWS et la chaîne récemment fermée C8. Elle a même fait l’objet de slogans chez CNEWS et d’Europe 1 ces derniers temps. Pourtant, les contrats des journalistes suffisent eux-mêmes à démentir cet état d’esprit revendiqué par le groupe du milliardaire.
Vincent Bolloré : sa loi du silence fait l’objet d’un documentaire
D’après le documentaire La loi du silence : ces clauses qui font taire les journalistes produit par Reporters sans frontières (RSF), 500 journalistes travaillant pour des médias dont Vincent Bolloré est propriétaire sont aujourd’hui concernés par des clauses de confidentialité allant à l’encontre des droits de la presse. Ces clauses de "non dénigrement" ou de "loyauté" sont valables même après la fin de leur contrat. "Le journaliste ne peut rien dire sans prendre un risque juridique. Elles les obligent de manière illimitée dans le temps à ne pas parler de leur ancien employeur", décrypte l’avocat spécialisé Benoît Huet. Les médias de Vincent Bolloré concernés seraient Canal+, CNEWS, Europe 1, Paris Match, et Le JDD. Alors que Caroline Fontaine souligne les risques de "désinformation" délibérée, Jean-Baptiste Rivoire alerte : "En achetant le silence des journalistes, (Vincent Bolloré) empêche la population d’être informée de ce qu’il se passe. Il prend en otage la démocratie". Une salariée ajoute, anonymement : "On ne peut rien dire, on est complètement muselés, ce qui est complètement fou pour des journalistes. Ça suscite la crainte, je pense que c’est l’objectif de Vincent Bolloré, donc c’est réussi".
À lire également
Censure chez Bolloré : une fâcheuse habitude
Depuis plusieurs années, les exemples ne manquent pas pour démontrer les problèmes de liberté d’expression au sein du groupe médiatique détenu par Vincent Bolloré : la censure vécue par l’humoriste Edgar-Yves chez Cyril Hanouna, celle vécue par Thierry Ardisson sur C8 dans Salut les Terriens !, les représailles judiciaires envers l’intermittent Sophie Tissier qui avait osé parler dans TPMP, la censure du livre Le nettoyage ethnique de la Palestine retiré des ventes après le rachat de la maison d’édition Fayard par Bolloré, les licenciements de Sébastien Thoen et Stéphane Guy après un sketch moquant CNEWS, la suppression immédiate des chansons de Zaho de Sagazan sur les ondes d’Europe 1, Europe 2 et RFM du groupe Bolloré juste après le gros coup de gueule de la chanteuse contre Cyril Hanouna, la condamnation en justice de Jean-Baptiste Rivoire pour avoir critiqué les méthodes de Vincent Bolloré, la censure du documentaire de Canal+ visant le Crédit Mutuel en 2017, puis l a censure d’un documentaire sur les affaires de Vincent Bolloré en Afrique en 2017…