Vous êtes l’homme dont tout le monde parle… Comment se sont passés ces premiers mois à la tête de Tout le monde veut savoir ?
Benjamin Duhamel. J’ai l’avantage de bien connaitre cette chaine. J’en ai gravi les échelons un à un, j’ai été reporter politique, j’ai fait beaucoup de terrain, puis de la présentation l’année dernière avec mon émission de dimanche. Avoir une quotidienne aujourd’hui, c’est un luxe, surtout quand on aime l’actualité et la politique, c’est une vitrine formidable du travail de la rédaction. C’est une machine qui ne s’arrête jamais, c’est formidable. A peine l’émission du soir terminée, qu’on est déjà sur celle du lendemain. Et tout peut changer au dernier moment, même pendant l’émission. Il ne faut pas avoir de regret quand on à travailler sur une interview et qu’elle passe à la trappe parce que l’actualité le justifie.
Vous êtes le plus jeune journaliste du PAF à la tête d’une émission d’une telle ampleur…
Et j’ai beaucoup de gratitude vis-à-vis de ceux qui m’ont permis de l’être, mais aussi beaucoup de responsabilité. J’essaie de bien faire mon travail. La spécificité aussi de BFM, c’est de parler à un public nettement plus jeune que les autres chaînes. Je pense que c’est le signal qui a été envoyé en confiant cette tranche-là à un journaliste de 30 ans.
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Benjamin Duhamel : "Je refuse de me satisfaire de la langue de bois"
Quelle est votre marque de fabrique ?
C’est compliqué à dire… Le travail, la rigueur sur les faits, la justesse. J’ai un tropisme particulier en interview : j’aime aller "chercher" les invités. Je refuse de me satisfaire de la langue de bois, particulièrement dans un moment où la parole politique est dévalorisée. C’est notre boulot d’aller confronter ceux qu’on reçoit à leurs prises de positions passées.
Vous citez en exemple David Pujadas, Léa Salamé et Patrick Cohen. Qu’est-ce que vous admirez chez eux ?
Quand on les écoute en interview, ils se comportent de la même manière quel que soit le bord politique de leur invité. On a tous notre personnalité, notre caractère, notre histoire, mais j’espère être aussi objectif qu’eux.
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Dans quel état terminez-vous votre émission ? Vous êtes vidé, vous êtes sous adrénaline encore ?
Je ne redescends pas tout à fait, j’ai petit temps de décompression. C’est un travail de longue haleine de préparer une telle émission. Dès le matin, il faut se demander qui est le meilleur invité. Commencent alors les négociations pour le décrocher, mais il faut aussi anticiper les grands évènements.
Vous arrive-t ’il décrocher de l’actualité ?
Non parce que je n’en ai pas envie. Mais à côté de ça, je lis, je vais au cinéma, au théâtre… Je continue à me nourrir, à déjeuner avec des politiques, ce qui, je pense, est important quand on est à ma place. C’est un rituel que j’ai mis en place quand je travaillais au service politique. C’est notre objet d’étude. C’est une façon de "sentir" les personnalités politiques avec lesquelles on se retrouve sur un plateau.
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Benjamin Duhamel, fils Patrice Duhamel et Nathalie Saint-Cricq
Vous avez récemment participé aux émission spéciales Élections américaines en direct des Etats-Unis. Comment avez-vous vécu cette expérience ?
C’était formidable de vivre ça, de là-bas, avec des plateaux qui permettaient de refléter la diversité des enjeux. Nous avions des correspondants partout, c’est aussi la force de BFMTV. Ulysse Gosset, spécialiste de la politique internationale, a très vite compris que Trump allait passer, on a ainsi pu être en plus compétitif en plateau, donner les clés de ce qui était en train de se jouer.
Qu’avez-vous appris des membres de votre famille qui font le même métier que vous (il est le fils des journaliste Patrice Duhamel et Nathalie Saint-Cricq, et le neveu de Alain Duhamel) ?
Que le principal, c’est la passion. En les observant, j’ai compris qu’il n’y avait pas de de vacances ou de soirées. Quand on aime l’actualité, on l’aime tout le temps. J’ai grandi avec des parents qui, même quand j’étais petit, en parler à table. Même quand ils ne travaillaient pas, ils continuaient à vivre cette actualité. Cette passion qu’ils m’ont transmise, c’est un luxe dingue. Je n’ai jamais l’impression de travailler. Ils m’ont également légué la valeur du travail et le fait de ne pas prendre la grosse tête. D’ailleurs, ils sont capables d’être très critiques à mon égard !