Le calme avant la tempête ? Il est 8h à l’horloge du hall de BFM. Dans les couloirs, on nous annonce la couleur : Apolline de Malherbe va bientôt passer en courant, baskets aux pieds – son "dress code" pour animer sa tranche matinale (6h30/8h30) sur RMC, et escarpins à la main, sa tenue de combat pour Face à Face. Direction le studio de BFMTV à quelques portes de là, pour présenter l’émission qu’elle incarne depuis la rentrée 2022 (elle a officiellement repris la case en janvier 2021 suite au départ de Jean-Jacques Bourdin). Aujourd’hui, elle reçoit Dominique de Villepin, déjà au maquillage. Neuf mois sont passés depuis une passe d’armes difficile à l’antenn e où l’ancien premier ministre avait été longuement questionné par la journaliste sur l’origine de ses rémunérations actuelles. Pendant ce temps, Adeline François et Christophe Delay terminent leur matinale. Christophe présente Première Édition depuis 2007 et Adeline l’a rejoint en 2017. C’est l’émission à la plus grande longévité sur BFMTV. Les deux présentateurs sont sur le pied de guerre depuis 2h du matin. "Chacun émerge, sur son ordinateur, en remontant les dépêches et en commençant à écrire les premiers lancements" confie Adeline François. Le sommaire, lui, a été établi la veille au soir. Quant au premier café, il se prend à 3h45 du matin ! "On ne peut pas faire la conférence de rédaction de 4h sans avoir chacun notre dose de caféine !" s’amuse Adeline.
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En régie, on s’affole. "Y’a-t-il une chance que Marine Le Pen s’exprime avant de rentrer ? Elle arrive à pied ou en voiture ?" s’interroge Pierre Peyronnet, rédacteur en chef de la matinale. La cheffe de file du Rassemblement national(e) a rendez-vous avec le premier ministre, Michel Barnier. "Top à l’extérieur" lance la cheffe d’édition qui suit scrupuleusement le conducteur de l’émission, donnant ainsi l’antenne à la journaliste Mélanie Bertrand, en duplex de Mazan. Alors que les présentateurs évoquent ensuite le titre de meilleur joueur de rugby à sept pour Antoine Dupont, la cheffe d’édition lance en régie "Matignon en live s’il vous plaît !". Chef opérateur, truquiste, ingénieur du son, opérateur de diffusion, participent à ce grand ballet qui se déroule chaque jour. "Loïc, c’est Pierre. Tu m’entends ? Il est atteint de surdité ou quoi ?" se plaint gentiment le rédacteur en chef alors que le micro d’un correspondant dysfonctionne. Il est l’heure de passer l’antenne à Apolline de Malherbe et son invité qui vont débattre autour du thème : Ukraine, Proche-Orient, comment sortir de ces conflits ? Pour Adeline et Christophe, une deuxième journée commence et chacun livre ses premières impressions, hors caméra. En bons "éternels insatisfaits", les deux présentateurs débriefent l’émission avec leur rédacteur en chef, pas loin de Fabien Namias, directeur général de BFMTV, qui veille. "L’actualité dite d’image n’était pas au rendez-vous aujourd’hui… Il faut donner le change pour intéresser les gens qui sont là. Il faut mettre plus d’essence dans la machine !" analyse Christophe Delay. "C’est là qu’on doit montrer qu’on est fort et différent. Quand il y a de l’actualité, tout le monde est bon". Et quand on parle des questions d’audience et du fait que BFMTV soit régulièrement délogée de sa place de leader par CNews, Christophe répond sans détour. "Ça ne nous inquiète pas, ça nous motive. On regarde les chiffres tous les jours, on analyse ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas. C’est bien la compétition, c’est la ligue des champions…".
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Passage de relais
A peine le temps de clore cet échange qu’Apolline de Malherbe sort d’interview, Dominique de Villepin sur ses pas. "Au bout de ce marathon, je ne suis jamais très contente, livre celle-ci. Je sors toujours dans une ambiance on refait le match. Je mets en général une demi-heure à redescendre et à accepter la réalité d’une matière vivante. Moi, je vis d’une manière particulièrement spontanée : il y a ce que je prépare et ce que je fais en fonction de qui j’ai en face de moi. Deux interviews ne sont jamais les mêmes, y compris avec les mêmes invités. En l’occurrence, aujourd’hui, Dominique de Villepin…". Même si elle est ravie de voir que le politicien n’a pas hésité à revenir, la journaliste ne semble pas pour autant satisfaite de ses réponses. "Pour moi les questions posées il y a neuf mois restent présentes : quelle est vraiment la source de revenus de Dominique de Villepin ? Quel travail fait-il aujourd’hui ? Au nom de qui parle-t-il puisqu’il ne peut plus prétendre parler au nom de la France ? Là-dessus, il n’y a toujours pas de réponses et je considère qu’il faut continuer à avancer". Alors qu’elle pense déjà au jour d’après, Apolline s’apprête également à se lancer dans deux nouveaux défis : à partir du 6 janvier, elle sera à l’antenne de BFMTV jusqu’à 10h mais surtout, elle animera prochainement en access Apolline chez vous, sur RMC Story. Une émission dans laquelle elle se rendra chez les auditeurs qu’elle prend en ligne tous les matins. "C’est un projet qui me tient énormément à cœur. J’en ai eu l’idée…Cela fait très longtemps que je tournais autour, je me disais que j’avais des témoignages extraordinaires de toute la France. Chacun me passionne et me donne envie d’aller plus loin car je suis souvent sur ma faim quand je raccroche, je sens qu’ils ont d’autres choses à raconter. Je me suis donc dit qu’on allait les rappeler et aller chez eux, dans leur canapé, à la table de leur cuisine et raconter ces petits morceaux de la France. J’éprouve autant de plaisir, voire plus, à échanger avec ces gens qu’avec des ministres".
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Jeter et tout recommencer
C’est au tour de Maxime Switek de se mettre en place. Lui qui nous avait avoué se perdre régulièrement dans les couloirs de la chaîne semble avoir trouvé son chemin. "J’essaie d’apporter mon dynamisme, mon envie, ma curiosité, mon sourire aussi, parce qu’on annonce souvent des nouvelles pas très réjouissantes. J’essaie dès que possible d’amener un peu de légèreté, en plus de la rigueur, pour que l’ensemble ne soit pas trop insoutenable" nous confiait dernièrement l’ex-chroniqueur de C à vous. Et malgré les zones de turbulence que traverse(nt) BFMTV, il reste positif… "C’est une chaîne qui est capable, en une seconde, de basculer sur tel ou tel événement, qu’il se déroule au bout de la rue ou au bout du monde. Et toujours avec enthousiasme et fraîcheur. C’est réjouissant quand vous êtes à l’antenne et que soudain, il se passe quelque chose en direct. Vous voyez la machine BFMTV se mettre en route. C’est pour ces moments-là qu’on fait ce métier". A l’antenne de 9h à 12h pour Le Live Switek, le présentateur semble avoir trouvé SA recette. Il sera d’ailleurs dès le mois de janvier à la tête d’un nouveau JT, de 20h à 22h… Midi, c’est aussi l’heure d’arrivée de l’homme dont tout le monde parle : Benjamin Duhamel. A seulement 29 ans, il est le plus jeune journaliste politique du PAF. C’est dans son bureau, la porte grande ouverte qu’on le retrouve… "Je suis en train de terminer l’interview de Sébastien Chenu (RN) que je reçois tout à l’heure. J’ai à peu près fini. Ce soir, ce qui est un peu particulier, c’est qu’on a deux interviews puisque vient de se confirmer la présence de François Zimeray, l’avocat de l’écrivain Boualem Sansal, qui était ce matin sur RTL et qui va donc venir nous donner des nouvelles de son client". Dès 16h30, l’homme fort de la chaîne se met à l’écriture du reste de sa tranche 18h50-20h, Tout le monde veut savoir. "Mais je commence à travailler dès 9h du matin, précise-t-il. Je suis en contact avec ma rédactrice en chef. En fait, non, on se parle dès la veille, à la fin de l’émission !". Et comme ses camarades, Benjamin Duhamel est bien conscient que tout peut changer à la dernière minute. "Une émission d’actualité, c’est une sorte de page qu’on ne cesse de réécrire, parfois même pendant le direct. Il ne faut pas avoir de frustration quand on a passé 1h30 à travailler sur une interview et qu’elle passe à la poubelle, parce que l’actualité le justifie. C’est le jeu". Benjamin peut souffler : ce soir, pas d’information de dernière minute. A 20h, Éric Brunet et Alice Darfeuille (remplacés en janvier par Maxime Switek) prendront le relais, suivis de Perrine Storme, à l’antenne jusqu’à minuit. Avant qu’une journée consacrée à l’information ne recommence…