L’ambiance était tendue sur le plateau de BFMTV. Ce mardi 29 octobre, Benjamin Duhamel a eu l’occasion d’avoir un entretien par téléphone avec Yassine Belattar afin que ce dernier puisse s’expliquer sur la polémique dont il fait l’objet. La présence de l’humoriste dans la délégation d’Emmanuel Macron pour le voyage d’État du président de la République au Maroc a en effet suscité de nombreuses controverses. Dès les premières secondes de l’interview, les deux hommes se sont écharpés lorsque le journaliste a présenté son invité : "Vous êtes humoriste, certains disent controversé, mettant notamment en avant votre participation à une manifestation avec le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) en 2019. Vous avez aussi animé un dîner de gala en 2015 de cette association islamiste aujourd’hui dissoute. Certains mettent aussi en avant votre condamnation à quatre mois de prison avec sursis pour menaces de mort."
Échanges houleux entre Yassine Belattar et Benjamin Duhamel
Une introduction qui était loin d’être du goût de Yassine Belattar : "Vous êtes venu me voir en tant qu’humoriste, et non pas en tant qu’imam ou islamiste." "C’est à dire ? Je suis venu vous voir en tant qu’humoriste ?", rétorque Benjamin Duhamel, avant que son invité ajoute : "Vous êtes venu voir mon spectacle." Le présentateur de BFMTV a ensuite fait une mise au point : "Alors vous faites référence au fait qu’il y a un an, je vous ai invité sur ce plateau, à l’occasion d’une autre polémique qui avait attrait au fait que vous aviez rencontré des conseillers du président de la République et que certains y avaient vu en quelque sorte le signe avant-coureur du refus d’Emmanuel Macron de participer à la marche contre l’antisémitisme. Je vous avais invité sur ce même plateau un dimanche soir et vous aviez fixé comme condition que je vienne vous voir et j’étais effectivement venu voir votre spectacle. La question que je pose, c’est sur le sentiment qu’on a que l’Élysée n’assume pas le fait que vous faisiez partie de cette délégation."
Agacé par la polémique par laquelle il est visé, Yassine Belattar s’est emporté en accusant la chaîne d’information en continu : "Ce n’est pas le problème ! C’est vous qui n’assumez pas l’idée de voir des gens qui s’appellent Yassine Belattar ou tout autre nom à consonance être autre chose que des cibles et être éliminé du débat public." De son côté, Benjamin Duhamel tente de mener son interview : "Il n’y a aucune volonté de ma part de cibler qui que ce soit. J’ajoute que dans cette délégation, il y a Jamel Debbouze et Tahar Ben Jelloun. Tous deux sont franco-marocains et il n’y a pas ce type de controverse. Comment expliquez-vous le fait que l’Elysée semble mal à l’aise avec le fait de communiquer sur votre présence dans cette visite d’Etat ?"
"Profitez parce que vous avez changé de patron !", surenchéri Yassine Belattar en référence au récent rachat de BFMTV. "Profitez de devenir un journaliste à part entière et quand vous avez une source, vous l’identifiez !" "Qu’est-ce que vous sous-entendez ?", réplique Benjamin Duhamel, pris à partie par son interlocuteur : "Quand vous citez des sources, quelqu’un qui dit : ‘Nous n’adhérons pas à ses idées’. Je vous demande de me donner une idée que j’ai publique où je pourrais être affilié d’une manière ou d’une autre à un islam radical !"
"Il ne faut pas me prendre pour un idiot…"
"Je n’ai pas employé les termes d’islamiste radical", corrige Benjamin Duhamel. "J’ai fait le lien entre le CCIF, une manifestation à laquelle vous aviez participé…", a-t-il essayé de justifier, avant d’être coupé par Yassine Belattar : "Mais je ne fais pas partie du CCIF ! Ça fait 20 ans que je fais ce métier. Votre petit monde d’éditorialistes, d’animateurs ou de quasi-journalistes n’a jamais accepté l’idée que des gens comme moi s’émancipent de venir vous voir sur un plateau télé pour raconter des blagounettes. Nous avons d’autres ambitions et une reconnaissance dans ce pays pour nos activités. Arrêtez de me parler du CCIF ! Oui, j’ai organisé une manifestation contre l’islamophobie en France. Ça vous dérange, je sais que vous ne faites pas d’audience sans l’islam…" Benjamin Duhamel a ainsi terminé par perdre patience : "On arrête les attaques ad hominem pour essayer d’avoir un échange !" Ce à quoi Yassine Belattar a rétorqué : "Vous devez être un type formidable en dehors, par contre il ne faut pas me prendre pour un idiot…"