C’est l’un des piliers de BFMTV : le fait-divers. Procès, enquêtes, terrorisme, meurtres, disparitions, le sujet est vaste et nécessite une rigueur implacable. A la tête du service police-justice de BFMTV : Pauline Revenaz. Bien loin de l’étiquette "racoleuse" que certains apposent aux chaines chaînes d’infos, elle gère d’une main de maitre maître ses équipes. "Quand on récolte une information, on fait d’abord un gros travail de vérification, explique Pauline. On a un process extrêmement réglé. On a besoin d’une double source, voire d’une triple source, sur certains sujets. Une fois qu’on a la confirmation de l’information, on fait un mail général qui sera la colonne vertébrale de l’antenne. À partir de là, on peut la décliner en plateau, en bandeau, en ligne et le service web prend le relais pour éditer des papiers. En gros, on monte des fusées tous les jours !" s’amuse la cheffe de service, qui insiste sur l’importance du terrain et d’assister au procès pour mieux retranscrire les faits en plateau. Dans l’actualité du moment ? Le retentissant procès des viols de Mazan. A distance, Pauline drive Mélanie Bertrand, envoyée spéciale qui a assisté de près au procès. "Pour la plupart des gens qui sont passés par là-bas, c’est très très éprouvant. Mélanie a vu les vidéos des viols, elle a ingéré un certain nombre de détails. Mon rôle, c’est de protéger mes journalistes, je me dois d’être vigilante à la manière dont chacun traverse ce procès qui est aussi dense que passionnant et qui, honnêtement, a dépassé tout le monde. On ne pensait pas qu’il aurait un si grand impact sociétal et politique, au-delà du judiciaire". Encadrer avec bienveillance : des termes qui semblent galvaudés, surtout dans le milieu de la télévision. Et pourtant… Pour avoir connu le terrain et suivi des grands procès, Pauline Revenaz sait à quel point la santé mentale en prend un coup quand on est face au pire de l’espèce humaine. "J’ai suivi le procès de Michel Fourniret et Monique Olivier à Charleville-Mézières, je m’étais installée trois mois là-bas. Ça a dévoré ma vie… Quand je suis rentrée du procès, j’ai senti qu’il y avait des trucs qui avaient bougé en moi, je rêvais que Fourniret m’étranglait… J’ai demandé à pouvoir passer des coups de fil à la cellule psy, ce que j’ai également recommandé à tous ceux qui passaient par Mazan. A un moment donné, il faut que ça sorte d’une manière ou d’une autre".
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De Rachida Dati à Céline Dion
A quelques bureaux de là, c’est sur un autre tempo que travaillent les équipes de Ligne Rouge. Lancée il y a 5 ans, cette case fait, notamment, la part belle aux formats longs (une cinquantaine à l’année) sous la houlette de Myriam Alma, rédactrice en chef d’un service dédiée et travaillant en parallèle du "hard news". "Quand il y a une grosse actualité, comme dernièrement les intempéries en Espagne, on envoie systématiquement au moins une ou deux équipes supplémentaires sur le terrain. C’est ce qui nous a permis de diffuser un 26 minutes très rapidement". Parmi les longs formats proposés par Ligne Rouge, certains ont marqué les esprits : "Celui sur Rachida Dati par exemple, a fait couler beaucoup d’encre, confie Myriam Alma. C’est un personnage sur lequel il n’est pas facile d’enquêter… C’est au moins quatre mois de travail. Il nous arrive même de pousser à six mois sur des sujets plus difficiles comme celui des narcotrafiquants ou des groupes d’ultra-droite. On essaie de d’infiltrer des journalistes. On a aussi fait une enquête exclusive sur La Famille qui est une communauté secrète, très difficile à approcher". Pour mutualiser les forces et les ressources, il arrive que les équipes de Ligne Rouge sollicitent l’aide du service police-justice et vice-versa. "On appelle ça des missions mixtes. Nous avons une équipe du service police-justice et une chez nous qui partent en Suède pour essayer de travailler sur l’affaire Mbappé (d’après la presse suédoise, le footballeur aurait été accusé de viol par une femme durant un séjour là-bas), pour essayer de comprendre un peu ce qui s’est passé… On le prend le temps de creuser, loin des caméras. Ça laisse plus de possibilités". Parmi les prochains sujets abordés dans Ligne Rouge, la DZ Mafia, qui domine actuellement le marché marseillais de la drogue, la sécurité de Donald Trump, l’Ukraine ("parce que ça fait partie des grosses thématiques qui intéressent beaucoup nos téléspectateurs") ou encore un portrait de Céline Dion bien plus compliqué qu’il n’y parait… "Tout est verrouillé ! Par des agences de communication, par son entourage, qui non seulement bloquent les interviews, mais, parfois, nous mettent des bâtons dans les roues, interdisent qu’on achète certaines images. L’équipe a finalement été frapper chez l’une de ses sœurs, à Montréal. Elle a ouvert la porte et a accepté de faire une interview".
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Des enquêtes même en culture
Depuis l’arrivée du nouveau chef de service, Steven Bellery (ex-RTL) en lieu et place de Candice Mahout, qui a migré sur TF1, à la matinale de Bruce Toussaint, (Bonjour !), la culture s’est faite polymorphe. Moins de promo, plus de pas de côté : voilà le crédo de Steven Bellery. "Je suis resté très longtemps rattaché au procès Palmade. J’ai enquêté pendant un mois sur son quotidien, sur ce qu’il avait fait ces derniers mois, sur sa vie aujourd’hui, sur ses envies pour l’avenir… J’ai fait une quinzaine de plateaux, de 9h à 23h, où je venais, en contrepoint, me mettre dans ses pas, apporter un peu de psychologie, dans son rapport à la culture, au milieu, à ses amis". Et si le la rédaction culture est vide cet après-midi-là, c’est bien parce que les équipes sont sur le terrain. Là où tout se passe.