Après plusieurs mois d’attente, et une présentation au festival Série Mania de Lille, Ourika arrive ce jeudi 28 mars sur Prime Video. Coécrite par Clément Godart, Clément Gournay et le rappeur Booba, la série plonge le téléspectateurs en 2005. Les banlieues françaises vivent au rythme des émeutes. Aux alentours de Paris, la famille Jebli, référence dans le milieu du trafic de drogue, va voir son organisation et son destin totalement chamboulés. Driss (Adam Bessa), le plus jeune frère promis à une belle carrière dans la finance, va devoir se salir les mains pour la survie des siens. Bien loin du banditisme et la voyoucratie, le jeune homme pourra compter sur le soutien de son frère Moussa (Salim Kechiouche), tandis que les forces de l’ordre et notamment l’impulsif William (Noham Edje) s’intéresseront de plus en plus à lui… À l’occasion de la sortie de cette série réussi, brutale et intense, Télé 7 Jours a pu rencontrer les trois comédiens principaux, afin d’évoquer le tournage, les inspirations de leurs personnages ou encore la collaboration avec Booba.
Il faut pouvoir compter sur ses ennemis.
Ourika, ça arrive le 28 mars sur Prime Video. #OurikaLaSerie pic.twitter.com/RSzJ7MUYop— Prime Video France (@PrimeVideoFR) March 5, 2024
Pouvez-vous présenter votre personnage ?
Salim Kechiouche : Moussa, il est impulsif et un peu "old school". J’entends par là qu’il fait partie un peu de la vieille école dans la voyoucratie. La série se déroule dans les années 2000 et lui a des méthodes plus anciennes, assez différentes de celles de la nouvelle génération. C’est quelqu’un de déterminé, mais aussi très attaché à sa famille.
Adam Bessa: Driss est quelqu’un de taiseux, mais aussi d’ambitieux.
Noham Edje : Ambitieux, William ne lâche rien. C’est un chien fou, ou plutôt un loup. Il a un côté "alpha solitaire".
Adam et Salim, vos personnages sont frères et ont un lien très fort. Comment s’est passé votre collaboration sur le tournage ?
Salim Kechiouche : On se connaissait déjà avant le tournage d’ Ourika. On avait chacun un regard sur l’un et l’autre en tant qu’acteur, avec beaucoup de respect. Il y avait une envie de travailler ensemble qui a pu se concrétiser sur ce projet. Avec Adam, on a beaucoup creusé pour nourrir nos interprétations et j’aime la manière dont il travaille. Il a un souci de la précision, du détail. C’est important pour créer des liens familiaux à l’écran, en allant au-delà de qui est écrit dans le script.
Adam Bessa : Même si on se connaissait un peu, on a essayé de mieux se connaître personnellement. Salim, c’est un vrai acteur dans le sens où il est dans la recherche, il veut développer son art. Il sait où il veut aller et il ne se met pas de limites. Cette approche fait qu’il est facile de travailler avec lui. Nos manières de voir la relation entre ces deux frères ont été complémentaires.
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Noham, votre personnage, flic, a un rapport assez différent avec les autres et va développer un lien avec Driss…
Noham Edje : Dans les trois premiers épisodes, on ne joue pas vraiment ensemble avec Adam. Mon personnage le suit sans le voir et il va comprendre petit à petit ce qui se sache derrière Driss… Par la suite, nos personnages deviennent les deux faces d’une même pièce. Ils se ressemblent sans pour autant faire le même métier, ils ont de l’ambition et veulent être les meilleurs dans leur domaine. Avec Adam, on a dû trouver cette alchimie qui finalement s’est faite toute seule. On n’a pas forcément cherché quelque chose. En fait je trouve qu’on se ressemble pas mal sur beaucoup de points et c’est ce qui nous a rapproché.
Ourika : quand création rime avec cohésion
L’une des forces de la série, c’est l’évolution des personnages au fil de l’intrigue. Est-ce l’aspect qui vous a séduit au départ ?
Salim Kechiouche : J’avoue qu’en effet, ça m’a bien plu. Je dois aussi dire qu’il y a la participation que l’on pouvait avoir dans la création de cette série. On a pu proposer des choses, explorer… Au bout d’un moment, en tant qu’acteur, on maîtrise tellement notre personnage qu’on les connait même mieux que quiconque. Il y avait une vraie cohésion entre les créateurs, les réalisateurs et nous les acteurs. On nous a laissé apporter notre pierre à l’édifice. On s’est tiré vers le haut. On s’est pris la tête nuit et jour pour pouvoir proposer les meilleures choses possibles.
Adam Bessa : Dans un scénario, surtout comme celui-ci où il y a une telle arche d’évolution, il y a toujours des détails que l’on peut ajouter. C’est là où l’on s’est bien rencontré avec Salim et Noham : aucun de nous ne s’arrête au papier et on veut faire exister au mieux nos personnages. La responsabilité d’un personnage, elle est pour le comédien. On est porteur de son histoire. C’est un plaisir de pouvoir amener énormément de détails à des scènes intenses, avec de grands sentiments, comme c’est le cas dans "Ourika".
Pour nourrir vos interprétations, vous êtes-vous inspirés de personnes réelles, ou même de personnages fictifs ?
Adam Bessa : Et bien Noham parlait souvent de Louis de Funès pour son personnage… (rires) Ce qui est sûr, c’est que notre approche à tous a été très réaliste, et pas fantasmée.
Noham Edje : En réalité, William est très inspiré de la vie de l’un des créateurs de la série. Ce qui est bien, ce que l’on a tous pu rencontrer les vraies personnes qui sont derrière les protagonistes de la série.
Salim Kechiouche : Évidemment, comme tout le monde on avait aussi des références cinématographiques. Le Parrain, Les Infiltrés, Les Affranchis… Ça fait partie de nos vies, on a vu ces films. Mais j’ai aussi pioché chez des personnes que j’ai pu croiser au cours de ma vie. C’est de toute façon plus enrichissant d’aller chercher de ce côté-là plutôt que dans des personnages fictifs.
Booba : producteur et acteur au service du collectif
Il y a beaucoup de moments de tension, d’émotion, dans la série. Comment avez-vous géré cet aspect du tournage ?
Noham Edje : Chacun à ses méthodes. Personnellement je pars d’une base personnelle. SI je dois jouer de la tristesse, c’est le sentiment que ressent mon personnage mais c’est aussi ce que j’ai pu ressentir à un moment de ma vie. Je prends ça et je le transpose à mon personnage. Je mélange tout ça, et je me sers de ce résultat face à la caméra. Le travail à faire ensuite, c’est de digérer tout ça et de sortir de la scène.
Salim Kechiouche : C’est intéressant, parce que moi je ne fais plus comme ça. C’est la technique que j’ai utilisée étant plus jeune, j’avais l’impression de vraiment traverser les sentiments. Aujourd’hui, je me focalise sur la situation des personnages. C’est elle qui doit me donner l’émotion, sans que je doive aller la chercher ailleurs. C’est pour me protéger aussi, parce que l’après-scène pouvait parfois être difficile avant…
Comment s’est passé le travail avec Booba, cocréateur de la série mais aussi présent à l’écran ?
Salim : Ce qui diffère avec le travail qu’il peut faire en tant qu’artiste et producteur dans le rap, c’est que sur une série il y a énormément de gens qui travaillent sur le projet. Évidemment, il avait son œil professionnel, précis, humble… Même dans sa prestation d’acteur, il est venu avec l’envie de travailler et d’être juste. Mais "Ourika" est vraiment un travail d’équipe, il faut parfois gérer 100 personnes qui interviennent entre le plateau et le montage. Comment driver cette grosse machine ? Ce n’est pas un sport individuel. Là-dedans, il a totalement apporté sa patte et sa vision.
Ourika, dès le jeudi 28 mars sur Prime Video