« L’État est beaucoup trop mou et faible » : Booba donne son avis tranché sur les émeutes en France

Publié le 8 août 2023 à 6:59
Le rappeur est revenu sur la mort de Nahel, tué par un policier, et a analysé les émeutes qui ont secoué le pays par la suite.

Le 28 juin dernier, Booba s’insurgeait d’un tweet d’Eric Zemmour après la mort du jeune Nahel tué par un policier. "Évidemment que le peuple a raison ! L’usage d’une arme à feu était totalement excessif. Le policier n’était pas en danger. Mais à force que la police tue sans être condamnée, ça devient un sport national. Pendant ce temps-là, Palmade est en boîte. RIP Nahel. La France va très mal…", écrivait le rappeur. Ce 5 août 2023, dans une interview accordée au Progrès, Booba est revenu sur ce sombre épisode qu’a connu le pays.

Estimant toujours qu’il s’agissait d’une "triste bavure" et d’un fait "choquant", l’artiste condamne les émeutes qui ont suivi, même s’il les comprend. "C’était un abcès qui avait besoin de péter. Ce n’était pas forcément dû à la mort du petit Nahel, c’est l’expression d’un mal-être, d’un ras-le-bol, de l’ennui en banlieue, de la situation financière. Histoire d’exister, ils se sont défoulés mais savent très bien que ça ne résoudra rien. Mais je trouve surtout que la police, le système judiciaro-carcéral, et plus globalement l’État, ne se font pas respecter. Les jeunes n’ont pas peur de la police, l’État est beaucoup trop mou et faible. Les peines de prison sont trop légères et surtout rarement appliquées, les policiers sont discrédités", a-t-il déclaré avant de citer l’exemple des États-Unis où il réside. "C’est loin d’être parfait mais tu ne défies pas la police à la bagarre", affirme le rappeur. Ses déclarations sur les émeutes commencent à être récupérées par l’extrême-droite (Gilbert Collard, par exemple, ndlr) qui ne partage pourtant pas du tout l’avis de Booba concernant le policier qui a tué Nahel.

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