Hugo Becker (Les Disparues de la gare) : « Ce rôle m’a beaucoup plus atteint que d’autres… »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:29
Héros des Disparues de la gare (qui sort demain, le 8 octobre sur Disney+) aux côtés de Camille Razat, Patrick Timsit, Mélanie Doutey, Kevin Azaïs ou encore Yannick Choirat, Hugo Becker a été profondément marqué par son rôle de policier en charge de l’enquête sur ces disparitions et meurtres de femmes. Il nous a expliqué pourquoi lors du Festival de la Fiction de La Rochelle 2025 qui projetait la série de Disney+ en ouverture.

"A Perpignan, entre 1995 et 2001, une adolescente disparaît et trois jeunes femmes sont assassinées autour de la gare. Elles sont jeunes, belles et animées par un fort désir d’émancipation. Leurs visages s’affichent dans les journaux. Elles deviennent "les Disparues de la Gare". Flore Robin, jeune enquêtrice, fait ses premiers pas dans la police le jour même où le premier corps est retrouvé. Elle devra faire équipe avec le capitaine de police Franck Vidal et son mentor Felix Sabueso, longtemps mis au placard mais rappelé spécialement pour cette affaire hors normes". Ce pitch, c’est celui des Disparues de la gare, série qui sort ce 8 octobre sur Disney+ qui explore les méandres d’une affaire judiciaire hors-norme qui s’est étalé sur plus de 20 ans.

Hugo Becker marqué par le tournage des Disparues de la gare (Disney+)

Pour incarner l’équipe de la SRPJ chargée de l’enquête, la production des Disparues de la gare ( Disney+) a rassemblé Yannick Choirat, Camille Razat, Kévin Azaïs, Patrick Timsit, Théo Cholbi ou encore Hugo Becker. Ce dernier a d’ailleurs été profondément marqué par la noirceur de cette enquête, comme il nous l’a confié il y a quelques semaines lors du Festival de la Fiction de La Rochelle 2025. "Mon personnage est abîmé mais c’est aussi un peu ce que j’ai ressenti personnellement. J’ai joué un peu au jeu dangereux de me mettre tous les jours un peu cette affaire dans la tête. J’avais chez moi des documents que je consultais quasiment quotidiennement pour essayer de me rendre compte de ce que c’était, en termes de ressenti, d’être obsédé par quelque chose. Il y avait aussi une photo de Palomino (un des suspects, ndlr) que j’avais toujours sur moi. Ce sont des petites choses comme ça. C’est quelque chose qui peut paraitre un peu anodin, mais je me rasais tous les jours car c’était important pour moi que mon personnage soit impeccable car ça montrait une rigueur mais aussi une obsession d’essayer de contrôler quelque chose comme tout est hors de contrôle. Ces petites choses aident à construire le personnage mais elles vous impactent un peu".

Le besoin de protection de Camille Razat sur le tournage des Disparues de la gare 

"Ça vous transforme un petit peu pendant un certain temps. Moi, je sais qu’après la série, j’en parlais beaucoup. Et ça m’a vraiment fait comprendre l’intensité de ce que ça peut être. On est au courant de ces faits divers, mais on ne se rend pas forcément compte. Par contre, les gens qui traversent ça, malheureusement, toute leur vie bascule et ça les accompagne ensuite jusqu’au bout. Moi, ça m’a troublé et je me suis posé beaucoup de questions. J’en ai pas mal parlé à mes amis et ma famille. Je pense que ça m’a beaucoup plus atteint que d’autres rôles. Souvent, je me débarrasse assez vite des rôles parce qu’il faut passer à autre chose. Sur celui-ci, c’était moins le cas", a ajouté Hugo Becker. Camille Razat, qui joue sa partenaire dans la police, a, elle, choisi de garder une certaine distance avec cette histoire très difficile. "En amont, je vais énormément me documenter. Je vais évidemment énormément travailler pour avoir une trajectoire d’un personnage extrêmement clair, de façon à ce que, quand je suis sur le plateau, ça devienne instinctif et animal. Mais à partir du moment où on dit « coupez », je passe à autre chose. C’est plus facile à dire qu’à faire. Évidemment certains soirs, j’avais ça en tête en rentrant. Mais j’essayais de garder de la distance pour le bien du personnage et pour le mien".

Par
Pauline Hohoadji