En 1997, l’Asvel faisait rêver les fans de basket français en se hissant en demi-finale de l’Euroligue. Depuis, aucune formation tricolore n’était parvenue à décrocher une qualification pour le prestigieux Final Four. Jusqu’à ce mois de mai 2023 : en prenant le meilleur sur le Maccabi Tel-Aviv au tour précédent, Monaco s’est offert une place pour la première fois de son histoire dans le dernier carré de la compétition. Flamboyante tant sur le plan national que continental, la Roca Team a désormais rendez-vous ce vendredi 19 mai avec les Grecs de l’Olympiakos, présentés comme les favoris de la compétition. Avant ce match historique pour les Monégasques mais aussi le basket français, David Cozette, qui commentera en direct sur Skweek cette demi-finale aux côtés de Stephen Brun, a évoqué avec Télé 7 Jours. ce rendez-vous qu’il attendait depuis 26 ans.
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Dans quel état d’esprit avant cet prestigieux rendez-vous européen ?
Je suis à un très haut niveau d’excitation. Pour nous qui suivons le basket depuis un paquet d’années, cette demi-finale de Monaco est quelque chose d’assez inespéré et même un peu improbable. Il y a encore quelques années, si quelqu’un nous avait dit qu’un club du championnat de France se qualifierait pour le Final Four, on l’aurait pris pour un fou. Sur les vingt dernières années, les clubs français prenaient des énormes roustes à l’extérieur, quand ils avaient quatre ou cinq victoires européennes dans la saison c’était déjà le bout du monde… Cette rencontre face à l’Olympiakos est véritablement un évènement historique pour notre basket. En plus, on fête cette année les 30 ans de la victoire de Limoges, qui avait remporté l’Euroligue (seul club français à l’avoir fait, ndlr) en 1993.
Comment expliquer ce sublime parcours réalisé par Monaco cette année sur la scène continentale ?
Il faut déjà dire que ce que réalise cette Roca Team cette saison au niveau de l’Euroligue, c’est du jamais vu. Ce sont toujours les mêmes équipes qui se qualifient pour le Final Four : le Real Madrid, Barcelone, l’Olympiakos… Ce ne sont que des écuries reconnues. Monaco ne participe cette année que pour la deuxième fois à l’Euroligue ! L’an dernier, pour leur première saison, ils étaient allés jusqu’en playoffs et c’était déjà incroyable. Alors ce qui a fait la différence avec Monaco, c’est la passion d’un homme : Aleksei Fedorychev (PDG de Fedcom). Avant il était un partenaire majeur de l’AS Monaco foot, et il s’est pris de passion pour la basket. Il a repris l’équipe, l’a montée petit à petit, a patiemment construit son effectif. Grâce à lui, Monaco est un ovni parmi les plus gros clubs d’Euroligue.
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Quelle est l’importance du parcours de Monaco pour le basket français ?
Une victoire finale en Euroligue serait une sorte d’apothéose, ça créerait un évènement et tout le monde se pencherait ponctuellement sur le basket, comme cela avait été le cas avec Limoges en 1993. Mais ce n’est pas ça l’essentiel. L’important, c’est qu’il y ait un ou deux représentants français qui aillent loin en Euroligue chaque saison. Clairement, on voit la différence d’un point de vue audience entre les matchs du championnat de France et les matchs européens. Pour un sport qui n’est pas le foot ou le rugby, il faut pour exister une équipe nationale qui doit gagner des médailles régulièrement, mais aussi avoir un représentant qui se bat contre des cadors pour Barcelone ou Madrid. C’est comme ça que vous touchez tout le monde, et pas uniquement les amateurs de basket.
Avez-vous pu observer au fil des mois une montée de l’effervescence autour de Monaco ?
Bien sûr, et à deux niveaux. Déjà, je suis en train de vous parler (rires) ! Ça n’aurait pas été le cas si la Roca Team n’avait pas réalisé une belle saison, il y a un frémissement médiatique. Ensuite, après le match 5 contre le Maccabi Tel-Aviv, mon téléphone n’a fait que de vibrer. Des proches, des gens que je n’avais pas vu depuis depuis longtemps, tous était devant la télé pour cette rencontre. On sent que ça frémit de plus en plus.
Pour Skweek, qui s’est lancé il y a quelques mois, assister à une telle épopée est un scénario idéal…
C’est la meilleur publicité possible. Encore une fois, il faut souligner la cohérence et l’intelligence d’Aleksei Fedorychev. En plus de renforcer l’équipe de Monaco pour en faire une véritable armada, il a monté Skweek et l’un nourrit l’autre. Je suis heureux de voir qu’il est ainsi récompensé, car les moyens éditoriaux et de production qu’il met pour les téléspectateurs, ce n’a jamais été fait. Le traitement de Skweek pour le basket correspond à ce qui a été fait pendant des années chez Canal+ pour le football. On n’a jamais aussi bien mis le basket français en valeur. Et quand en plus vous avez un scénario sportif incroyable comme ça a été le cas avec Monaco jusqu’à maintenant… On peut dire que les planètes sont alignées.
Olympiakos / Monaco, demi-finale d’Euroligue, ce vendredi 19 mai à partir de 17h en direct sur Skweek et en clair sur La Chaîne L’Equipe
Aurélien Gaucher