Julian Alaphilippe est rattrapé par l’émotion en racontant le déroulé des événements. Le 24 avril dernier, le champion du monde a chuté à près de 80 km/h lors de Liège-Bastogne-Liège. Si le Français a échappé au pire, Julian Alaphilippe a tout de même été fortement touché, puisque le coureur cycliste s’est cassé deux côtes, s’est fracturé l’omoplate et a été victime d’un hémopneumothorax.
Dans un entretien pour L’Équipe, Julian Alaphilippe a évoqué pour la première fois en détail son grave accident. L’homme de 30 ans se souvient ainsi "de la vitesse, de l’impact et surtout du bruit de l’impact". Le coureur de la formation Quick-Step Alpha Vinyl confie alors avoir eu peur pour sa vie : "Ce qui m’a le plus marqué, c’est le fait d’être en détresse respiratoire, de ressentir ce truc qui t’envahit, poursuit-il. Tu ne peux rien faire, tu ne contrôles plus rien. Tu te vois presque partir… Ça m’émeut d’en reparler, là."
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Alors que l’accident a eu lieu il y a maintenant plus de deux mois, Julian Alaphilippe avoue avoir du mal à parler de ses traumatismes : "Je ne l’ai pas beaucoup fait pour avancer, ne pas remuer cette douleur, ce choc. En plus, personne ne m’avait vu dans le fossé, à part Romain (Bardet) qui a essayé de me secourir en voyant mon état. Je lui serai éternellement reconnaissant du geste qu’il a eu à mon égard. Revenir sur tout ça, ça me fait encore quelque chose aujourd’hui…" Romain Bardet avait pour rappel été la première personne à porter secours à Julian Alaphilippe. "Je me suis posé tellement de questions… Pouah, j’ai vraiment souffert. Je ne souhaite ce genre de truc à personne. À l’hôpital, j’essayais de faire bonne figure devant mes proches, ça me faisait plaisir de leur donner des nouvelles, mais j’étais vraiment effondré psychologiquement. Je ne faisais que de penser au fait que ça aurait pu être plus grave, que cette chute aurait pu arrêter ma carrière. C’est un moment que je redoutais, d’avoir un très gros pépin de santé comme ça."
Julian Alaphilippe, papa depuis juin 2021 d’un petit garçon prénommé Nino avec sa compagne Marion Rousse, assure ne plus avoir le même état d’esprit désormais : "Il est clair que ça change l’approche des choses. Du vélo bien sûr, l’appréhension est plus grande, je l’ai ressenti pendant le Championnat de France, je n’ai pas passé ma journée à toucher les freins mais j’ai senti que ce n’était pas comme avant, mais aussi du quotidien. C’est un sentiment nouveau. (…) Je ne suis plus le même qu’avant, c’est une certitude."
Ainsi, après avoir appris qu’il ne serait pas au départ du Tour de France le 1er juillet prochain, Julian Alaphilippe relativise : "J’aurais aimé y être, mais est-ce que j’aurais vraiment aimé y être et ne pas faire tout ce que j’espérais ? Je pense que j’aurais trouvé ça chiant." Le Français n’écarte donc pas une participation au prochain Tour d’Espagne, qui aura lieu du 19 août au 11 septembre : "C’est une possibilité, bien sûr."
Benoît Lesueur