JO Paris 2024 (France 2) – Léon Marchand a bien failli ne jamais devenir un champion de natation

Publié le 28 juillet 2024 à 8:23
Lairys Laurent/ABACA
Il y a trois ans, à Tokyo, il découvrait les Jeux. Cette année, devant son public, le jeune nageur toulousain devrait en devenir l’une des stars.

LEON MARCHAND LE PRO DE LA NAGE PAPILLON

La nage papillon est l’un de ses points forts. Mais, à 22 ans, Léon Marchand est également capable d’éclabousser la concurrence en brasse, dos et crawl, comme on peut souhaiter qu’il le démontre ce dimanche soir, en finale du 400 m quatre nages. Depuis l’été 2023, le record du monde de la spécialité lui appartient (4 minutes, 2 secondes et 50 centièmes). Il a ainsi détrôné la légende américaine Michael Phelps. Ce n’est pas un hasard si le Français est parti s’entraîner aux États-Unis il y a trois ans, sous la férule de Bob Bowman, l’homme qui a façonné Phelps. Une collaboration amorcée en toute simplicité : « J’ai envoyé un mail à Arizona State (université américaine), et c’est Bob Bowman qui m’a répondu, révèle le blondinet. C’était vraiment cool. Ça m’a fait bizarre, mais c’était sympa. On a fait un skype avec lui, et tout s’est très bien passé. » Son coach acquiesce : « J’ai tout de suite reconnu le nom, “Marchand”. J’ai supposé qu’il s’agissait du fils du nageur », son père, Xavier Marchand, ayant été vice-champion du monde du 200 m quatre nages, en 1998. Sa mère aussi, Céline Bonnet, pratiqua la natation à haut niveau.

LÉON MARCHAND :"MA PREMIERE MOTIVATION ÉTAIT DE BATTRE MON PÈRE"

Dans ce contexte, difficile d’imaginer qu’à ses débuts le petit Léon craignait de se jeter à l’eau. Pourtant, se souvient-il, « comme j’avais trop froid, j’ai vite arrêté. Je nageais seulement l’été ! » En grandissant, le garçonnet reprend régulièrement le chemin des bassins, chez lui à Toulouse, encouragé par des chronos prometteurs. « Ma première motivation était de battre mon père. » Le jeune homme a fait bien mieux depuis, lui qui est le premier nageur français à remporter cinq titres mondiaux individuels : deux aux Championnats du monde de Budapest, en 2022, trois l’année suivante, à Fukuoka. Une moisson de médailles loin d’être terminée. Sophie Kamoun, vingt-six fois championne de France de natation, et consultante sur RMC, en est convaincue : « À lui tout seul, il pourrait gagner autant de titres olympiques et mondiaux que la natation française, toute entière, dans son histoire. Il est monstrueux. Il déclenche une sorte de folie : des gens qui n’ont rien à voir avec la natation viennent l’attendre à la sortie de la piscine ! C’est la première fois qu’on voit ça, depuis Laure Manaudou. » 

JO 2024 : UNE CONCENTRATION OPTIMALE 

On comprend mieux pourquoi Léon s’est quasi coupé du monde pour parachever sa préparation au club des Dauphins du TOEC (Toulouse Olympique Employés Club), là où tout a commencé. « On refuse tout, explique Nicolas Castel, son autre coach. On essaye de le protéger des sollicitations de la presse, des partenaires… On veut rester concentrés sur ce qu’on a à faire. » Objectif Paris 2024 ? Gagner deux médailles d’or, sur 4 x 400 m quatre nages et 200 m quatre nages. Voire plus, si affinités, grâce au 200 m brasse, 200 m papillon, et peut-être aux relais 4 x 200 m nage libre et 4 x 100 m quatre nages. Pour la nouvelle pépite de la natation française, la piscine de La Défense Arena pourrait ressembler à un coffre-fort rempli d’or… liquide. 

Jeux Olympiques de Paris 2024, épreuves de natation, à 20h30 sur France 2

Par
Frédéric Lohézic