LEON MARCHAND LE PRO DE LA NAGE PAPILLON
La nage papillon est l’un de ses points forts. Mais, à 22 ans, Léon Marchand est également capable d’éclabousser la concurrence en brasse, dos et crawl, comme on peut souhaiter qu’il le démontre ce dimanche soir, en finale du 400 m quatre nages. Depuis l’été 2023, le record du monde de la spécialité lui appartient (4 minutes, 2 secondes et 50 centièmes). Il a ainsi détrôné la légende américaine Michael Phelps. Ce n’est pas un hasard si le Français est parti s’entraîner aux États-Unis il y a trois ans, sous la férule de Bob Bowman, l’homme qui a façonné Phelps. Une collaboration amorcée en toute simplicité : « J’ai envoyé un mail à Arizona State (université américaine), et c’est Bob Bowman qui m’a répondu, révèle le blondinet. C’était vraiment cool. Ça m’a fait bizarre, mais c’était sympa. On a fait un skype avec lui, et tout s’est très bien passé. » Son coach acquiesce : « J’ai tout de suite reconnu le nom, “Marchand”. J’ai supposé qu’il s’agissait du fils du nageur », son père, Xavier Marchand, ayant été vice-champion du monde du 200 m quatre nages, en 1998. Sa mère aussi, Céline Bonnet, pratiqua la natation à haut niveau.
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LÉON MARCHAND :"MA PREMIERE MOTIVATION ÉTAIT DE BATTRE MON PÈRE"
Dans ce contexte, difficile d’imaginer qu’à ses débuts le petit Léon craignait de se jeter à l’eau. Pourtant, se souvient-il, « comme j’avais trop froid, j’ai vite arrêté. Je nageais seulement l’été ! » En grandissant, le garçonnet reprend régulièrement le chemin des bassins, chez lui à Toulouse, encouragé par des chronos prometteurs. « Ma première motivation était de battre mon père. » Le jeune homme a fait bien mieux depuis, lui qui est le premier nageur français à remporter cinq titres mondiaux individuels : deux aux Championnats du monde de Budapest, en 2022, trois l’année suivante, à Fukuoka. Une moisson de médailles loin d’être terminée. Sophie Kamoun, vingt-six fois championne de France de natation, et consultante sur RMC, en est convaincue : « À lui tout seul, il pourrait gagner autant de titres olympiques et mondiaux que la natation française, toute entière, dans son histoire. Il est monstrueux. Il déclenche une sorte de folie : des gens qui n’ont rien à voir avec la natation viennent l’attendre à la sortie de la piscine ! C’est la première fois qu’on voit ça, depuis Laure Manaudou. »
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JO 2024 : UNE CONCENTRATION OPTIMALE
On comprend mieux pourquoi Léon s’est quasi coupé du monde pour parachever sa préparation au club des Dauphins du TOEC (Toulouse Olympique Employés Club), là où tout a commencé. « On refuse tout, explique Nicolas Castel, son autre coach. On essaye de le protéger des sollicitations de la presse, des partenaires… On veut rester concentrés sur ce qu’on a à faire. » Objectif Paris 2024 ? Gagner deux médailles d’or, sur 4 x 400 m quatre nages et 200 m quatre nages. Voire plus, si affinités, grâce au 200 m brasse, 200 m papillon, et peut-être aux relais 4 x 200 m nage libre et 4 x 100 m quatre nages. Pour la nouvelle pépite de la natation française, la piscine de La Défense Arena pourrait ressembler à un coffre-fort rempli d’or… liquide.
Jeux Olympiques de Paris 2024, épreuves de natation, à 20h30 sur France 2