Jeux Olympiques – Nelson Monfort : « Je vois un peu Paris 2024, comme une boucle qui se referme »

Publié le 26 juillet 2024 à 8:01
© Nathalie GUYON - FTV
INTERVIEW. L’intervieweur numéro un des sports de France Télévisions sera plus que jamais sur le front pour les Jeux olympiques et paralympiques. Confidences, entre souvenirs et excitation de couvrir ces compétitions.

Dans quel état d’esprit êtes-vous, avant ce rendez-vous planétaire ? 

Nelson Monfort : Je vois un peu Paris 2024, où je suivrai la natation et l’athlétisme, comme une boucle qui se referme. J’ai commencé avec les Jeux d’hiver d’Albertville 1992 où – je le dis avec beaucoup d’humour – je m’occupais des épreuves que d’autres ne souhaitaient sans doute pas commenter, telles que le curling, la luge ou encore le bobsleigh. Dans la foulée, il y a eu les Jeux d’été, à Barcelone. Là, je suis rentré vraiment dans le grand bain, avec des interlocuteurs comme Carl Lewis. 

Vous souvenez-vous des mots échangés avec cette légende de l’athlétisme ? 

Oui. Je n’oublierai jamais cette soirée. À Barcelone, il y avait des nuits étoilées magnifiques. Carl Lewis, avec une énième médaille à son cou, me confie alors : « Je pense à mon père, qui est là-haut dans le ciel, et qui veille sur moi ce soir. » Le genre de réponse qui dépasse largement le fait d’avoir gagné le 100 mètres ou la longueur. À ce moment-là, je me suis dit qu’il était possible d’aller un petit peu plus loin que la simple interview sportive. 

Avec qui avez-vous noué la plus belle complicité ? 

Ça remonte aux Jeux de 2012, à Londres, en natation, avec le relais français du 4 x 100 mètres. L’équipe de France, composée d’Amaury Leveaux, Clément Lefert, Fabien Gilot et Yannick Agnel, devait logiquement terminer entre la troisième et la cinquième place. Et là, surprise, les Français s’imposent devant les États-Unis de Michael Phelps. En fin d’interview, Yannick me glisse à l’oreille : « Tu es comme notre cinquième relayeur. » Là, on se dit que le métier de journaliste vaut vraiment la peine d’être vécu. 

Même quand on prend un vent de la part du sprinteur Michael Johnson, après son titre sur 200 m, aux J.O. d’Atlanta 1996 ? 

Le temps que je traduise, il est rattrapé par une obligation protocolaire et tourne les talons. Dans l’oreillette, on me demande de le poursuivre. Courir après le recordman du 200 m aurait été vraiment au-dessus de mes forces ! Plus tard, il est devenu consultant et m’a dit, en se marrant, que grâce à cette séquence, tout le monde se souvenait de lui. 

Paris 2024 marquera-t-il vos adieux à France Télévisions ? 

Il devrait s’agir plus d’un au revoir que d’un adieu. Mais je ne peux rien annoncer pour le moment. En attendant, je suis en tournée au théâtre, avec Philippe Candeloro, pour Ça patine à Tokyo. Et ce n’est pas triste ! 

 

Par
Frédéric Lohézic