« Faut arrêter quoi ! » : Le coup de gueule d’un champion du monde 98 sur une nouvelle règle dans le football

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 6:15
Domine Jerome/ABACA
Alors que de nouvelles règles plus contraignantes envers les gardiens de but vont entrer en vigueur dès le 1er juillet prochain, Lionel Charbonnier, qui évoluait à ce poste au cours de sa carrière de joueur, a déploré ces modifications...

Les gardiens de but se retrouvent une nouvelle fois dans le viseur des instances du football. Vendredi dernier, l’IFAB, l’organisme qui détermine les Lois du jeu, a dévoilé les changements de règlement qui vont être mis en place à compter de la saison 2023-2024, soit le 1er juillet prochain. L’une de ces nouvelles règles vise particulièrement les gardiens de but. En effet, ces derniers vont encore plus être encadrés lors des penalties et des séances de tirs au but. Ainsi, les portiers n’auront plus le droit de déstabiliser les tireurs avec abus : "Le gardien ne peut distraire abusivement le tireur, par exemple en retardant l’exécution du penalty ou en touchant les poteaux, la barre transversale ou les filets." Une nouvelle règle qui fait écho aux nombreuses provocations d’Emiliano Martinez lors de la finale de la Coupe du monde 2022 entre l’Argentine et la France.

Ce nouveau règlement est loin de faire l’unanimité. Gardien de but entre 1987 et 2002, Lionel Charbonnier, aujourd’hui chroniqueur pour RMC, a fortement critiqué l’initiative de l’IFAB dans l’After Foot ce dimanche 26 mars : "La prochaine étape, ça sera qu’il (le gardien de but) n’aura même plus le droit d’arrêter le penalty. On parle de déstabilisation… Mais c’est la base du football !", s’est offusqué le champion du monde 1998. Ce dernier a appuyé son propos en prenant pour exemple le duel entre Mickaël Landreau et Ronaldinho en 2002 lors d’un PSG-Nantes. Alors que Paris avait bénéficié d’un penalty, le gardien nantais avait délibérément laissé un côté vide de son but, déstabilisant le Brésilien qui a raté son tir. Ainsi, Lionel Charbonnier s’interroge quant à la possibilité pour les gardiens de réitérer de telles techniques : "Il n’a rien fait de tout ça, de ce qui est interdit. Par contre, il s’est mis contre son poteau. Et ça n’a pas déstabilisé le gars qui a raté son penalty ? Ronaldinho, ce n’était pas n’importe lequel en plus ! Il n’a pas le droit de déstabiliser comme ça ?"

Pour Lionel Charbonner, les provocations ont leur place dans le penalties et les séances de tirs au but. Dans le cas contraire, le consultant de 56 ans estime que les gardiens de but vont finir par ne plus avoir aucune chance de gagner leur duel contre les tireurs : "Quand tu as un un contre un, tu es toujours en train d’essayer de déstabiliser ton adversaire, soit par des paroles, soit par le body language… Faut arrêter quoi ! Le joueur qui va tirer son penalty et qui s’arrête pendant sa course, ce n’est pas une preuve de déstabilisation ? Il n’essaye pas de déstabiliser le gardien de but ?" En effet, les instances n’ont pour l’heure pas communiqué sur l’encadrement des courses des tireurs de penalty, qui ne laissent souvent pas la moindre chance aux gardiens de but, comme Neymar, qui observe un temps d’arrêt pendant sa course d’élan afin d’anticiper le côté choisi par le portier.

N.O

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