« C’était de la foutaise » : L’ancien défenseur irlandais Richard Dunne très critique face à l’attitude de Thierry Henry lors de sa fameuse main

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 6:16
Urman Lionel/ABACA
Dans un entretien pour L'Équipe, Richard Dunne, défenseur titulaire lors du match de barrage retour pour la Coupe du monde 2010 entre la France et l'Irlande, est revenu avec amertume sur la main polémique de Thierry Henry ayant permis à William Gallas de marquer le but de la qualification en prolongations...

Thierry Henry a laissé un bien mauvais souvenir aux Irlandais. Le 18 novembre 2009, l’équipe de France reçoit l’Irlande dans le cadre du match retour du barrage de qualification pour la Coupe du monde 2010. Un match où les Bleus semblent favoris sur le papier, qui plus est après leur victoire 1 à 0 à l’aller à Dublin. Néanmoins, les hommes de Raymond Domenech se font malmener par de vaillants Irlandais, qui parviennent à ouvrir le score dès la 33e minute par l’intermédiaire de leur légende Robbie Keane. Par conséquent, les deux équipes se retrouvent à égalité et n’arrivent pas à se départager, entraînant des prolongations. À la 103e minute, Thierry Henry se retrouve dans la surface de réparation irlandaise et contrôle à deux reprises le ballon de la main, avant de faire une passe à William Gallas, qui égalise et qualifie les siens pour le Mondial en Afrique du Sud. Un fait de jeu qui suscitera une énorme polémique encore difficile à digérer aujourd’hui pour les Irlandais.

Alors que l’équipe de France et l’Irlande s’affrontent ce lundi 27 mars pour le compte des éliminatoires de l’Euro 2024, Richard Runne, ancien défenseur qui était titulaire contre les Bleus en 2009, s’est confié dans L’Équipe sur la façon dont il a vécu la polémique de la main de Thierry Henry : "Ce match redevient le sujet de discussion principal dans les jours qui précèdent. C’est vous dire à quel point il n’a pas été oublié chez nous…", assure dans un premier temps l’Irlandais aujourd’hui âgé de 43 ans, avant de raconter la scène controversée : "Sur un coup franc lointain (tiré par Florent Malouda), je suis au duel avec (Sébastien) Squillaci. La balle nous passe au-dessus et le temps que je me retourne, (William) Gallas a marqué. Sur le coup, je n’ai donc pas vu le geste de Henry. Mais je comprends qu’il y a un problème car, immédiatement, Shay (Given, le gardien irlandais) et Kevin (Kilbane, l’arrière gauche) indiquent avec véhémence que le ballon a été touché avec la main."

Malgré la colère des Irlandais, l’arbitre de la rencontre accorde le but aux Français, puisque Thierry Henry assure ne pas avoir commis de faute sur l’action. Plus que la main en elle-même, Richard Dunne regrette amèrement le comportement de l’ex-buteur des Bleus après le match : "Il éprouvait des remords et il m’a confié avoir touché le ballon avec la main. J’ai pensé alors : « Mais pourquoi tu me le dis ? Tu n’aurais pas pu le dire à l’arbitre quelques minutes plus tôt ? » C’était un moment difficile pour moi car j’étais abattu à cause de notre élimination et son aveu m’a plombé encore plus."

"Je dois aussi admettre que je comprenais le geste de Henry", poursuit Richard Dunne, qui aurait fait pareil à la place du Français : "Il a contrôlé de la main par réflexe et j’aurais été tout à fait capable de faire la même chose si j’avais été dans la même situation… Et si j’avais contribué de cette manière à un but de l’Irlande ce soir-là, je serais sans doute devenu une légende dans mon pays. (…) Non, je ne serais pas allé voir l’arbitre. Nous, en tant que joueurs, on essaie de gagner des matches, en profitant parfois de chaque opportunité qui se présente pour y parvenir. Sur cette action, c’est l’arbitre qui est en faute : il n’a pas vu une main qui était pourtant évidente." Néanmoins, l’Irlandais ne se serait pas permis d’aller consoler son adversaire lésé après la rencontre. Et pour cela, Richard Dunne semble toujours en vouloir à Thierry Henry : "Ce qu’a fait Henry à ce moment-là, c’était un peu de la mise en scène. Une manière de montrer qu’il est un type sympa et qu’il tient à présenter ses excuses… C’était de la foutaise. À sa place, je n’aurais jamais fait ça."

N.O

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