Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette série ?
Je suis un énorme fan d’histoires de crimes et de thrillers ! Lorsqu’il y a un tueur en série, je suis en général content. Et le rôle me plaisait beaucoup ! J’avais déjà interprété des flics avant, mais celui-là à un côté un peu plus sérieux et académique, ce qui m’a séduit.
On sent votre personnage, l’inspecteur Fauvel, prévenant avec son équipe, en particulier avec Amelia (Tiphaine Daviot)…
Je ne sais pas s’il est prévenant avec toute son équipe, c’est peut-être surtout avec Amélia. Il commence à se lier d’amitié avec elle, voire même peut-être un peu plus. On saura ça peut-être en saison 2… Mais il est surtout très investi dans son travail.
Comment aimeriez-vous que votre personnage évolue s’il y a une saison 2 ?
Je ne sais pas… Je fais une confiance aveugle aux scénaristes de la série car ils sont très bons. Et j’aime cet inspecteur tel qu’il est, donc je préfère me laisser surprendre.
Qu’est-ce qui vous plaît dans les faits divers ?
Je n’ai jamais vraiment su, mais j’aime ça depuis toujours… C’est peut-être une façon d’exorciser des choses que l’on a à l’intérieur. Dans la vie, je suis très doux, gentil et je n’aime pas la violence. La regarder enlève peut-être cette part de moi. Voir à quel point l’âme des humains peut être noire me fascine…
Avez-vous regardé ou lu des choses particulières pour préparer Murder Club ?
Non car j’en connais déjà un rayon ! Je me suis vraiment laissé porter, d’autant plus que je regarde le soir, en rentrant chez moi, des émissions comme Faites entrer l’accusé.
Comment s’est passé le tournage avec Tiphaine Daviot et Eric Cantona ?
Super bien ! J’avais déjà vu Tiphaine dans plusieurs projets et je l’ai toujours trouvée admirable. Nous nous sommes très vite bien entendus. Elle est professionnelle et facile à vivre. Eric, c’est quelque chose quand même… C’est une sacrée pointure, une légende dans le monde entier ! Mais il est très simple, authentique, généreux, sympathique, très drôle, charismatique et imposant ! Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit comme ça, physiquement. Je lui ai d’ailleurs dit que je le pensais plus petit. Il a réfléchi une seconde et m’a dit que c’était peut-être ma télé qui était trop petite (rires) ! Déjà, je l’appelais Monsieur Cantona au départ. L’une des premières choses qu’il m’a dites c’est : "Tu vas m’appeler Eric car tu commences à me fatiguer !"
La série Murder Club a été projetée en avant-première au festival Séries Mania 2024 où vous étiez présent. Qu’avez-vous ressenti en découvrant les réactions du public ?
Je ne pourrais pas vous dire car je ne suis pas resté dans la salle… J’ai beaucoup de mal à me regarder.
Pourquoi ?
Je ne sais pas… Je me juge assez difficilement. Et quand je ne me trouve pas bien, ça me fout en général le cafard pendant très longtemps. Je préfère donc ne pas me regarder, comme ça je suis tranquille.
Vous êtes un grand angoissé ?
Oui mais maintenant ça va mieux. J’évite justement de me confronter à ce qui risque de m’angoisser.
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Vous jouez Léo dans Scènes de ménages depuis 2018. Vous prenez toujours autant de plaisir avec cette série ?
Oui, on ne se lasse pas ! Au contraire, c’est de mieux en mieux ! Avec Claire Chust (qui joue sa compagne Leslie à l’écran, ndlr), on s’entend vraiment très bien, c’est la colonie de vacances ! Quand je me lève le matin, je n’ai pas l’impression d’aller travailler. On va se marrer et on est payés pour ça ! Et le public a fini par nous accepter. Il a fallu du temps mais maintenant ça fonctionne.
Vous l’appelez "ma sœur" sur les réseaux sociaux…
C’est tout comme ! Nous avons même davantage qu’un lien presque fraternel. Avec Claire, j’ai une relation que je n’ai avec personne d’autre. Sans être mon amoureuse, elle est une sorte de partenaire de vie, une confidente, une collègue… Je lui dis tout. C’est ma meilleure amie.
Parlez-vous ensemble, parfois, d’un possible départ de la série ?
Oui mais pour rire. On se demande ce que sera le jour où on ne sera plus là. On préfère ne pas trop y penser et profiter des moments passés ensemble. Mais je pense qu’il n’y a aucune raison pour que l’on arrête vraiment même si on commence à avoir beaucoup de travail à côté.
Quels sont vos projets ?
Des choses se profilent… J’ai par exemple recommencé le théâtre. J’ai commencé à travailler une pièce de Laurence Charpentier qui s’appelle Pères (une lecture publique a été faite début mars 2024, le projet n’est pas encore programmé dans un théâtre et son développement n’est pas connu à l’heure où nous écrivons ces lignes, ndlr). J’ai envie de recommencer à travailler devant un public, de voir la réaction des gens et de retrouver le feu du spectacle vivant. Cette pièce parle de la paternité et de la non-paternité, de la velléité de certains hommes à ne pas nécessairement vouloir être papa, ce qui est un droit fondamental. On parle souvent du droit des femmes de ne pas être mères, mais peu de celui des hommes de ne pas être pères. Certains doivent assumer des paternités qu’ils n’ont pas nécessairement choisies et ce n’est pas sans conséquence. Je dois jouer un homme un peu largué qui n’a pas envie d’être père et qui le devient. Je me pose beaucoup de questions et des amis ont été confrontés à ce choix-là, assumer ou non. Ça fait pas mal cogiter. C’est délicat d’assumer une paternité lorsqu’on n’est pas prêt et on n’a pas l’étoffe d’un père.
Vous vous sentez prêt personnellement ?
Pas du tout. Je ferais un très mauvais papa. Mieux vaut ne pas être père du tout qu’en être un mauvais. C’est réaliste et en vérité pas très grave. Se rendre compte tôt que ce n’est pas pour soi, c’est important.
Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?
Je ne sais déjà pas m’occuper de moi-même, je ne peux pas m’occuper d’un enfant… Et je n’ai rien à transmettre de particulier. J’aimerais déjà arriver au bout de ce que je veux dans la vie. Je pense aussi que nous sommes déjà assez nombreux sur la Terre. Ne pas avoir d’enfant est assez responsable. Des enfants vont se retrouver dans un monde dont ils ne veulent pas, ce n’est pas rien. Je pense que ce n’est pas une décision anodine…