Comment décririez-vous votre duo ?
Tiphaine Daviot : Caustique ! Tous deux ont des personnalités et des manières d’agir différentes. Ce sont deux marginaux et ils sont têtus… même un peu névrosés. Mais qui ne l’est pas ?
Éric Cantona : "Plus jeune, j’aimais bien assister à des procès"
Éric, vous jouez souvent des personnages marqués par la vie. Pourquoi ?
Éric Cantona : Essayer, à travers la fiction, de dénoncer certaines choses me plaît. Les héros au passé un peu sombre sont pour moi plus riches. Daniel est autodestructeur, mais je crois qu’il a besoin de ça. Il a une histoire forte et une souffrance insupportable. Pour son look, j’ai pensé à une photo de Jim Morrison à la fin de sa vie. Je voulais d’ailleurs que les lunettes de Daniel soient plus foncées. Il y a eu un grand débat, mais il fallait que l’on voie mes yeux…
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Amélia vit toujours avec Babeth, sa mère (Catherine Hosmalin)…
Tiphaine : Nous nous sommes tellement kiffées, avec Catherine ! Dans mon téléphone, son numéro est enregistré à « Maman », ce qui ne rend pas ma mère trop jalouse ! (Rires) Amélia a un petit côté un peu gamine mal dégrossie. Elle n’a pas d’amis, pas de mec ou de copine… Cette affaire est aussi une quête intime pour elle.
Êtes-vous comme Babeth, adepte de faits divers ?
Tiphaine : Je trouve ça passionnant, mais en fiction. J’adore en regarder, surtout lorsqu’elles sont tirées d’histoires vraies. Et aussi lorsqu’il y a un respect des victimes.
Éric : Plus jeune, j’aimais bien assister à des procès. J’aimais connaître l’histoire et savoir comment elle se finissait. Je pense que l’on est tous un peu serial killer, et que l’on se bat pour ne pas l’être. C’est pour ça que ces faits divers nous fascinent tant…
Tiphaine Daviot : "Je trouve dommage que les fictions se prennent parfois un peu trop au sérieux"
Était-ce difficile de trouver l’équilibre entre comédie et thriller ?
Tiphaine : Je peux aller très loin, donc, je devais savoir où m’arrêter. Mais les choses sont venues assez naturellement. J’aime ce mélange des genres. On a toujours envie, en France, de tout ranger dans des cases. Mais la vie est un mélange de genres. On peut être mort de rire le matin et pleurer tout l’après-midi. Je trouve dommage que les fictions se prennent parfois un peu trop au sérieux.
Vous tournez peu de comédies, Éric ! Appréhendiez-vous cet aspect de Murder Club ?
Éric : Non, car la série n’est pas à la recherche d’un gag. Ce qui me ferait peur, c’est une comédie dans laquelle on arriverait avec nos gros sabots. Là, l’humour est intimement lié aux situations.
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Vous avez sorti, en 2024, l’album Cantona Sings Éric, après First Tour Ever, une série de concerts en Europe, pendant l’automne 2023. Ressentez-vous le même plaisir en jouant qu’en chantant ?
Éric : J’ai une passion pour le monde de l’art. J’aime passer d’un univers à un autre, ça m’amuse et c’est vital pour moi. Souvent, les acteurs ne s’intéressent qu’à leur métier, alors que ce sont tous des artistes…
Tiphaine : Nous avons déjà eu cette conversation, car je fais partie de ces acteurs qui ne font que jouer ! Je suis très admirative de ceux qui arrivent à s’exprimer autrement. Moi, j’aime être un petit wagon, mais pas la locomotive. J’ai du mal à trouver la légitimité d’aller explorer autre chose.
Murder Club, mardi 29 octobre à 21h10 sur M6