Catherine Hosmalin (Murder Club) : « La seule chose qui a changé quand j’ai perdu du poids, c’est… »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:30
Nicolas VELTER/MEDIAWAN/M6
Vue notamment dans Mince alors ! 1 et 2 et la série Maison close, Catherine Hosmalin joue la mère de Tiphaine Daviot dans Murder Club, à voir ce soir à 21h10 sur M6. La comédienne s’est confiée à Télé 7 Jours sur ce personnage haut en couleurs et fan de faits divers lors du dernier festival Séries Mania à Lille. Interview.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce rôle de Babeth Delcourt ? 

C’est typiquement le genre de personnages que j’adore ! C’est une femme qui veut en être, qui veut participer et qui est aussi fan de ce profiler. Elle connaît tout par cœur. Ce que j’aime aussi chez elle, c’est qu’elle pense que sa fille est la numéro 1. C’est toujours attendrissant et à jouer, c’est super ! Et pour une fois, la relation mère/fille n’est pas conflictuelle, même si Babeth est un peu envahissante (rires) !

Elle est aussi très naturelle et joyeuse…

J’aime sa fantaisie. Lorsque j’ai dit à Renaud Bertrand, le réalisateur, que j’imaginais Babeth très coquette, il m’a dit que lui aussi. Il me parlait même de Brigitte Bardot et sa coupe de cheveux choucroute, mais nous ne sommes pas allés jusque-là. J’aurais bien aimé aller aussi un peu plus loin dans ses costumes…

Comment l’auriez-vous vue ?

Avec quelque chose de très marqué. Mais c’est vrai que parfois, on a un peu peur d’en faire trop. Je me suis lâchée du coup dans le jeu ! 

Vous n’aviez mis aucune retenue ?

Non, mais c’est le quotidien des fans, les gens sont très enthousiastes ! Il suffit de les voir lorsqu’ils veulent un autographe. Mais c’est une vraie chance, pour nous, que les gens se réjouissent de nous rencontrer ! C’est quand même extraordinaire !

Comment s’est passée la collaboration avec Tiphaine Daviot, qui joue Amelia votre fille et l’enquêtrice principale de cette affaire de tueur en série ?

On avait l’impression de se connaître depuis 20 ans ! Elle m’appelle même "Maman" dans la vie et moi, "Ma fifille" (rires) ! J’ai eu de la chance car elle est comme moi : elle aime travailler et on répétait ensemble ! Eric Cantona, lui, est formidable ! C’est un mec incroyable, curieux de tout mais aussi très intimidant au départ ! Avec Eric, nous avons commencé par la scène des dédicaces et ça m’a libérée car la coquette aguicheuse, c’est un peu mon fond de commerce. 

Dans une scène, Babeth conseille à sa fille de ne pas "rester allongée sur le tatami à regarder le plafond et de suivre son instinct". Est-ce aussi votre credo ?

Pas du tout… J’aurai une autre carrière sinon. Moi, j’ai besoin qu’on m’appelle. Je ne sais pas trop faire la RP, j’ai toujours l’impression que c’est embarrassant alors qu’aujourd’hui, c’est un domaine aussi important que le talent. J’aurais aimé être Mireille Mathieu et avoir un impresario. Ceux d’autrefois étaient supers, on n’avait qu’à jouer ! A mes débuts, ce sont les assistants-réalisateurs qui choisissaient les acteurs. Ils ne faisaient pas vraiment de castings. Ils connaissaient les acteurs et ça se faisait d’une autre façon. Les essais, ce n’est jamais mon fort. J’essaie de ne pas avoir peur mais je préfère quand on m’a déjà vue ailleurs. C’est comme pour une couturière : quand on voit la robe faite, on a envie de lui en commander une autre. Je n’ai pas confiance en moi, même si ça va beaucoup mieux qu’avant. Mais lors des essais, je me dis que je suis une quiche, que j’aurais dû faire telle ou telle chose…

Guidez-vous vos enfants comme Babeth avec Amelia ?

Je suis heureuse que mes enfants ne me ressemblent pas au niveau de la confiance en eux. Moi, je viens d’un milieu où il n’y a pas de comédiens ou d’artistes. Je ne savais même pas que je pouvais envisager de gagner ma vie en jouant la comédie. Même encore aujourd’hui, je trimballe des doutes sur ma légitimité en tant qu’actrice. Mes enfants ont confiance en la vie et en eux. Quand ils le demandent, je les guide. Moi, ça m’a manqué. Mes parents ne m’ont pas saquée, mais ce métier c’était aussi l’inconnu pour eux. Jusqu’à la fin de sa vie, ma mère me demandait si je posais des congés en août ou pas. Mon père était colonel… Même au niveau financier, j’avançais pas à pas. Je n’avais parfois que deux mois devant moi, et encore, et ça faisait flipper tout le monde. Mais j’ai la chance de beaucoup travailler et d’avoir pu élever mes enfants grâce à ce métier donc je ne me plains pas. Il ne faut pas être indécent, certains rêveraient d’être à ma place. 

Comment choisissez-vous vos rôles ?

A mes débuts, j’étais très grosse et je refusais de faire des choses qui ne respectaient pas mon corps. On me proposait beaucoup de personnages de prostituées ou des rôles dans lesquels j’étais à poil. Mais je n’avais pas envie de ça. Lorsque je passais des castings pour une pub, il n’y avait que des femmes fortes donc j’ai arrêté d’en faire. J’ai refusé beaucoup de choses… Je m’aimais bien et j’aimais mon corps. Je me suis toujours respectée. Je n’avais pas envie de faire quelque chose dont je rougirais. 

Lors de vos périodes difficiles, avez-vous déjà accepté un rôle juste pour des raisons financières ?

Non, je faisais d’autres boulots. J’ai par exemple été caissière dans un grand restaurant. J’ai compris à quel point ce n’était pas évident d’aller tous les jours faire un travail qu’on n’aime pas même si je n’étais pas malheureuse. Depuis que j’ai perdu du poids bizarrement, les rôles qu’on me propose n’ont pas changé. Je fais toujours des fofolles, des choses fantaisistes. La seule chose qui a changé, c’est que les personnages sont un peu sexualisés. Je peux désormais avoir un amoureux… Dans la vie, j’ai une famille. Les mannequins ne sont pas les seules à pouvoir avoir droit à une vie sentimentale ! 

Par
Pauline Hohoadji