SPOILERS. Romain a l’air, au départ, d’une force un peu tranquille. Il cache bien son jeu !
Théo Costa-Marini : Romain s’est construit une version de l’histoire. Et au fur et à mesure, il se confronte à ses parents et apprend des choses qui bousculent complètement ce qu’il s’est construit. Il a pris un chemin rédempteur, un peu comme en astrologie où on dit que le scorpion renaît par le feu. Il se disait que sa mère a tout fait pour lui et a essayé de le sauver alors qu’en fait, plus il avance, plus il comprend qu’elle s’est elle-même sauvée. Il réalise que celle qui était son socle, celle à qui il pensait devoir tout et sacrifier sa vie entière, finalement n’est pas tout à fait comme il le pensait. Il y a la question de la psychologie intime et de la perception de soi qui vacille.
Romain a tué ses deux amis d’enfance et sa mère est responsable des morts récentes pour cacher ses secrets. Comment avez-vous découvert que votre personnage était le point de départ de toute cette histoire ?
Je tournais un autre projet lorsque je suis allé passer le casting pour Surface. J’ai lu les scénarios le plus vite possible, entre deux prises, sauf celui du dernier épisode. Une heure avant le casting, je me suis dit qu’il fallait quand même que j’aille au bout. Et heureusement que je l’ai lu ! Je serais vraiment passé à côté d’une information capitale (rires).
En jouant, gardiez-vous à l’esprit la culpabilité de Romain ou au contraire, l’avez-vous remisé dans un coin de votre tête pour rester dans l’instant présent ?
Il y a eu beaucoup de discussions avec Slimane-Baptiste Berhoun (le réalisateur de Surface, ndlr) sur ce qu’on devait donner à voir ou pas. Il fallait ménager le suspense et ne pas vendre la mèche. C’était un vrai travail d’équilibriste. Notre grand allié à ce niveau-là, c’est le déni : quand il y a de tels rebondissements, on met du temps à les voir.
À lire également
Surface (France 2) : Le véritable drame qui a inspiré le personnage défiguré de Laura Smet
Théo Costa-Marini (Surface) prêt à couvrir un meurtre pour ses enfants
Pourriez-vous, comme votre mère de fiction, aller aussi loin, jusqu’à cacher des corps, pour vos enfants ?
Je pourrais clairement tout faire oui !
Qu’a changé la partenité dans vos envie de comédien ?
Les rôles de père me touchent. J’aime jouer les pères de jeunes enfants parce que je le suis dans la vie. Dans Sambre, je jouais aussi avec une petite fille qui avait 2 ou 3 ans. Une telle partenaire, ça décale le jeu, on oublie un peu ce que l’on est en train de faire. Etant père, ces scènes me paraissent hyper spontanées. Je ne sais pas si j’aurais pu les jouer avant. Avoir des enfants, c’est une bonne galère mais ça fait tout relativiser. Ça a ouvert mon imaginaire et mes envies de rôles. Depuis que je suis papa, je me dis que j’aimerais bien aller vers certains projets. Les enfants, ça mobilise directement le plus profond de l’intime.
Comment réagiriez-vous si vos enfants décident, un jour, de suivre vos pas de comédien ?
Ma femme aussi est actrice. Je pense que mes enfants seraient meilleurs que moi. Ils vont déjà profiter de tout, de toutes les pitreries qu’on fait à la maison. Ils sont en formation accélérée-là (rires). Ils auront tout pour faire ce métier, mais ils feront ce qu’ils veulent.