Iris Bucher, la productrice, dit de Noémie Chastain, votre personnage, qu’elle est « fragile, avec un côté félin »…
Laura Smet : Oui, Noémie est un animal blessé, physiquement et intérieurement. Au premier abord, elle n’est pas très agréable, mais c’est une bonne personne. Elle souffre du regard des autres et est lasse de se battre contre ça. À travers cette enquête, elle va se réparer.
"Je suis confrontée au regard des autres, sur ma famille"
Vous ressemble-t-elle ?
Sur certains points, oui. De toute façon, je n’arriverais pas à jouer un personnage totalement opposé à moi. Depuis que je suis gamine, je suis confrontée au regard des autres, sur ma famille, ma vie, mes choix… J’ai essayé de me dire que c’était normal, mais lorsqu’on a 20 ans, ce n’est pas évident à vivre. On a l’impression d’être différente, d’avoir trop de chance, ou pas assez, de ne pas être à sa place…
À lire également
Laura Smet évoque avec émotion ses souvenirs de vacances aux côtés de Johnny Hallyday
Et aujourd’hui ?
J’ai réussi à faire la paix avec tout cela. Je n’ai pas eu le choix, c’est ainsi depuis que je suis enfant. En grandissant et en évoluant, on se détache un peu de tout cela. On ne peut pas plaire à tout le monde ni lutter contre ceux qui vous jugent.
Pour cette fiction, vous avez tourné des scènes sous l’eau. Comment était-ce ?
Le studio aquatique est dingue (Lites Water Stage Studio, à Bruxelles, ndlr) ! J’avais un peu peur au début, mais quand j’ai su que l’on tournait dans une piscine, à plus de 30 °C, et non dans un environnement naturel, ça m’a calmée ! Ce qui me fait flipper, ce sont les poissons et les requins. (Rires) Dans l’eau, il y a quelque chose de l’ordre de la méditation. On est tellement concentré que l’on ne voit pas la journée passer !
À lire également
“Tu me manques” : Laura Smet rend un nouvel hommage bouleversant à son père, Johnny Hallyday
"Cette balafre m’a énormément aidée à entrer dans le personnage"
Qu’avez-vous ressenti en vous voyant défigurée pour la première fois ?
Cette balafre m’a énormément aidée à entrer dans le personnage. Et à en sortir, car Noémie me collait un peu à la peau. Je rêvais encore de cette cicatrice des semaines après le tournage ! Elle ressemblait à des petites escalopes de veau très fines. Chaque jour, j’en avais une qui m’attendait sur la table à 7 heures du matin. (Rires) La maquilleuse avait de la pression, car il fallait la poser au millimètre près ! Il ne fallait pas non plus que cela provoque une réaction cutanée, parce que j’étais presque de toutes les séquences.
À lire également
En 2003, vous vous étiez rasé la tête pour Les Corps impatients, de Xavier Giannoli. Les transformations physiques ne vous font donc pas peur ?
Une actrice qui se soucie d’être jolie tout le temps n’est pas une actrice. Cela dit, il ne s’agit pas de faire des changements « gratuitement », mais seulement pour faire passer un message. Pour Les Corps impatients, j’avais rencontré des personnes atteintes de cancer. Elles m’avaient dit que le plus difficile n’était pas le cancer lui-même, mais le regard des autres. Ça m’a parlé…
"Je vais tourner mon film l’année prochaine"
Vous avez peu tourné ces dernières années. En avez-vous profité pour travailler sur une nouvelle réalisation, après votre court-métrage Thomas (2018) ?
Oui ! Je vais tourner mon film l’année prochaine et je suis super contente ! J’ai déjà un casting en tête… C’est un thriller, que j’écris depuis longtemps. Je ne peux pas vous en dire plus, malheureusement, car tout n’est pas fait, et je suis superstitieuse ! (Rires)
Surface, lundi 1er septembre à 21h10 sur France 2