Slimane-Baptiste Berhoun dit de vous que vous êtes "une machine de guerre" sur un plateau. Comment avez-vous travaillé votre rôle du lieutenant Romain Valant qui était ami avec les enfants disparus ?
On sait qu’il y a une quarantaine de jours de tournage avec des personnes, des décors, des ordres différents. Il y avait des choses à maîtriser dans les étapes de l’enquête ou encore des découvertes intimes de Romain. Même si la production nous a donné les meilleures conditions possibles pour tourner, il fallait être efficace. J’ai donc beaucoup travaillé en amont pour bien savoir le texte pour être le meilleur partenaire possible.
Iris Bucher, la productrice, dit le même bien de vous…
Je dois beaucoup à Iris. On ne trouve pas souvent une productrice qui croit en des jeunes talents et qui va les proposer pour un projet même s’ils ne sont pas dans la short list des 5 noms qui pourraient ramener des gens et autres pour le projet. Elle pense qu’on mérite au moins un essai. C’est hyper gratifiant et il ne faut pas décevoir derrière.
Quelles ont été vos sources d’inspiration pour incarner Romain ?
J’ai peu travaillé le jeu en fait car il faut l’ancrer ensuite dans le décor. Parfois, on imagine comment va se passer une scène et ce qu’on a prévu ne se prête pas du tout au tournage car il y a d’autres personnes autour de nous. C’est le cas, par exemple, d’une des séquences au commissariat entre Romain et Noémie. Je pensais être seul avec Laura Smet mais toute l’équipe de policiers était présente et ça a tout décalé. J’ai fait confiance, de toute façon, à Slimane-Baptiste qui est garant du fil rouge de la série et des curseurs d’intensité.
Théo Costa-Marini se confie sur le tournage d’Andor (Disney+)
Avant Surface, on vous a vu dans des fictions aussi dures, comme Nismet sur Arte ou Sambre sur France 2. Qu’est-ce qui guide vos choix ?
Répondre à cette question est toujours un peu délicat. On fait des choix et en même temps je ne suis pas encore à l’étape où je peux choisir entre tout et ne pas me poser de questions sur mon futur, la sécurité et la visibilité. Si tant est que j’ai le choix, j’aime aller vers des projets qui me permettent de porter un texte où chaque mot est tellement choisi qu’on ne se met pas en avant, ce qui a été le cas avec Philippe Faucon (Nismet), Jean-Xavier de l’Estrade (Sambre) ou encore Dominik Moll (Dossier 137). Ces réalisateurs ont aussi une attention du détail particulière. Tout est signifiant, comme avec Slimane-Baptiste dans Surface. Il m’a par exemple demandé, à un moment, de klaxonner parce que dans un village comme celui-ci, on klaxonne pour signaler son arrivée.
Nismet, Sambre, la saison 2 d’Andor, The Walking Dead : Daryl Dixon bientôt L’Etranger de François Ozon…Vous enchaînez des projets très remarqués depuis quelques années.
Oui et j’en suis très, très heureux. Chacune de ses œuvres est, je trouve, dépositaire d’une réalité très forte. Jean-Xavier de Lestrade lorsqu’il tourne Sambre, il sait que des personnes, qui sont concernées par un tel sujet regarderont peut-être la série. J’ai aussi tourné dans la saison 2 d’Andor (Disney+), la série Star Wars, et il y a une résonance folle avec l’arrivée de Trump. Il y a, là aussi, une vraie attention aux détails. Pour Surface, la nouveauté pour moi était d’endosser un rôle presque principal et d’avoir autant de séquences. J’ai beaucoup appris. Être vu comme quelqu’un de capable de porter autant dans une série, c’est génial.
Comment s’est passé le tournage d’Andor et abordez-vous les projets français de la même façon que cette série Star Wars américaine ?
Ce qui me passionne, c’est faire des grands écarts. Pendant que je tournais Andor, je suis retourné faire des séquences de Sambre puis j’ai enchaîné avec Le Monde n’existe pas d’Erwan Le Duc pour Arte… J’aime être capable de passer d’une chose à l’autre comme ça. Andor, même s’il y avait 300 personnes sur le plateau, il y avait un vrai souci du jeu. Le tournage est énorme, il y a beaucoup de moyens, 5 à 6 caméras tout le temps. Lorsqu’on arrive sur le plateau, on se retrouve avec le réalisateur, le premier assistant et le chef opérateur. Tu fais ta scène et ils te demandent comment tu l’as pensée. Tu bosses vraiment le jeu, comme si tu réalisais un court métrage. Ils te disent ensuite "ok" et là, il montre à l’équipe. Il y a 300 personnes qui arrivent et tu fais ta scène comme si tu faisais une présentation de théâtre. Il y avait malgré tout une grande liberté là-dedans. Ils réécrivent autour. Il y a aussi un langage particulier dans la série, propre à la planète. Tu sais qu’il a été pensé car ils sont conscients que beaucoup de personnes vont le décortiquer. Ils ne peuvent pas se permettre de faire n’importe quoi.
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Vous avez découvert le théâtre par hasard…
Oui. Je me posais la question de savoir si j’allais me sécuriser avec des études. J’étais assez bon élève et j’ai vaguement commencé Hypokhâgne. J’ai découvert le théâtre en accompagnant quelqu’un. J’ai eu beaucoup de chance.
Vous avez monté cette année les marches du Festival de Cannes avec l’équipe de Dossier 137. Voyez-vous ça comme une confirmation que vous ne vous êtes pas trompé de parcours ?
C’est sûr que j’étais très reconnaissant d’être là. La production et Dominik Moll auraient pu faire un autre chose, inviter Léa Drucker et basta. C’était hyper agréable, pour une première fois en sélection officielle, d’être avec une équipe qui a autant le sens de la troupe. Je pense que là-bas, certains acteurs principaux peuvent être pris dans d’autres enjeux, dans de vrais tourbillons. Là, il y avait vraiment une troupe venue défendre son travail. Il y avait un vrai sens du collectif. Dominik amène ça et choisit les gens pour ça aussi.
On a le même sentiment d’esprit de troupe en vous voyant avec le casting de Surface…
On a passé près de deux mois ensemble en Occitanie et avant on était à Paris. Il y a eu la coupure pour le tournage des scènes aquatiques dans le studio à Bruxelles mais oui, c’est pareil. Ce n’est pas désagréable, pour un acteur, d’être là tous les jours avec l’équipe. Chacun veut faire la meilleure chose possible.
Vous ne regrettez pas de ne pas avoir eu de scènes de plongée contrairement à Laura Smet ?
Non, j’ai des oreilles vraiment merdiques et je ne peux pas aller très profond. Donc ça tombait très bien (rires) !
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