La Disparue de Compostelle (France 2) – Olivia Côte : « J’aime incarner une femme qui encaisse les coups avec ténacité »

Mis à jour le 13 janvier 2026 à 15:36
© Fabien MALOT - France Télévisions
INTERVIEW. Dans La Disparue de Compostelle, Olivia Côte incarne une gendarme particulièrement intègre. Son drame ? N’avoir jamais réussi à résoudre la disparition de la fille de l’une de ses amies, cinq ans plus tôt. 

Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce projet de La Disparue de Compostelle

Olivia Côte : J’aimais cette idée d’incarner une femme qui encaisse les coups avec ténacité et dignité… jusqu’à un moment où tout lâche. Je trouve très beau de voir des personnes résister, encore et encore, puis s’effondrer parce que, justement, ce ne sont pas des machines. Ce contraste me passionne. 

Parlez-nous de Jeanne, votre personnage… 

C’est une femme droite comme un « i », d’une honnêteté presque absolue… et sans doute beaucoup trop empathique. 

Vous ressemble-t-elle ? 

Oui, pour son honnêteté dans les sentiments, et aussi son empathie débordante, certainement. Pour le côté droit comme un « i », en revanche, absolument pas ! Je suis plutôt une espèce de zigzag, un zigzag bordélique ! (Rires) 

Vous n’auriez pas pu être gendarme comme elle, alors… 

Impossible ! Plus jeune, j’ai hésité entre devenir actrice et assistante sociale. J’ai même effectué des missions pendant quelques mois dans le secteur de l’aide sociale. Mais, tous les soirs, je rentrais en larmes. J’étais bien trop fragile pour continuer. 

Où a eu lieu le tournage ? 

À Saint-Guilhem-le-Désert, en Occitanie, essentiellement. Je ne connaissais pas cet endroit et je l’ai trouvé sublime. 

Il contribue à rendre l’atmosphère vraiment spéciale… 

C’est vrai ! La réalisatrice, Floriane Crépin, s’est d’ailleurs inspirée de deux séries britanniques incroyables, où le lieu participe à rendre l’ambiance particulière, Broadchurch et Happy Valley. Comme dans ces fictions, on ne sait pas d’où vient le mal, peut-être de l’extérieur, mais peut-être aussi… de chez le voisin. 

Vous alternez régulièrement entre la télévision et le cinéma, comme récemment dans T’as pas changé, le film de Jérôme Commandeur. Quel est votre secret ?

C’est probablement lié à mon parcours. J’ai commencé au théâtre subventionné, puis on m’a réellement découverte dans une série à sketchs. Mais j’ai également pu tourner avec des réalisateurs comme Jeanne Herry. Ces univers variés ont sans doute contribué à brouiller les pistes. 

Le public vous connaît également pour votre rôle de médecin légiste dans la série César Wagner, sur France 2. Comment avez-vous pris l’annonce de son arrêt ? 

Ça m’a fait beaucoup de peine. D’autant que les gens adorent mon personnage, et moi aussi. Mais j’imagine que c’est l’histoire des séries, il faut bien qu’elles s’arrêtent à un moment ou à un autre. La chaîne dispose de deux enquêtes inédites, et nous devons tourner le dernier épisode bientôt. Cela étant, qui sait… tout peut toujours évoluer. 

Est-il vrai que l’on vous a dit, au début de votre carrière, que vous aviez « un physique trop particulier » pour le cinéma ? 

Oui, par deux fois, même ! Et c’étaient des femmes, dans les deux cas. Pour moi, ça a été d’une violence absolue, d’autant que je n’avais que 25 ans. Ce genre de remarque m’a poussée à faire de l’humour pour exister. C’est la raison pour laquelle j’ai d’ailleurs créé la série Vous, les femmes (pour Téva, ndlr), avec ma meilleure amie, Judith Siboni (disparue en mars 2021). Si je n’avais pas le physique que l’on attend soi-disant d’une femme, j’aurais l’humour qu’on n’attend pas non plus de nous ! 

La Disparue de Compostelle, Lundi 1 er décembre à 21h10 sur France 2

Par
Anne Lenoir