Bellefond (France 3) – Léonie Simaga : « Stéphane Bern est un homme adorable et très humble »

Publié le 27 janvier 2026 à 9:22
© Big Band Story
INTERVIEW. Duel à fleurets mouchetés entre l’ancienne sociétaire de la Comédie- Française et Anne Caillon. Avec Stéphane Bern pour témoin. 

Vous enchaînez les rôles d’enquêtrice à la télévision. C’était le cas dans les téléfilms Meurtres à Albi (2020), Les Secrets du paquebot (2023) ou la série Brocéliande (2024). Vous incarnez, cette fois, la commandante Leïla Rekit. Quel genre de femme est-elle ? 

Léonie Simaga : Une enquêtrice très professionnelle, précise, intransigeante. Un officier incorruptible qui n’a que faire des pressions. 

Et quelle est la particularité de cette enquête ? 

Leïla est confrontée à son alter ego, la commandante Audrey Passereau, jouée par Anne Caillon, laquelle est soupçonnée de meurtre et se trouve être la meilleure amie de maître Bellefond (Stéphane Bern, ndlr). 

Les deux femmes ne semblent guère s’apprécier. Pourquoi ? 

Leïla Rekit a un a priori défavorable envers la commandante Passereau. Les deux femmes ont un vieux contentieux qui remonte à leur formation à l’école de gendarmerie. Cela ne va pas faciliter le travail de Bellefond, le défenseur d’Audrey, d’autant que les charges semblent accablantes contre cette dernière. 

Comment s’est passée votre collaboration avec Stéphane Bern ? 

C’est une personne adorable. Un homme très humble, toujours à l’écoute et qui peut aussi être très drôle. Nous avions eu l’occasion de nous rencontrer, il y a quelques années, lors d’une soirée privée à la Comédie-Française. Un excellent souvenir que nous avons évoqué. 

Justement, vous avez été la première femme de couleur à intégrer la Comédie-Française, en 2005, devenant cinq ans après, sociétaire de cette vénérable institution. Qu’est-ce que cela représente pour vous ? 

C’est quand même extraordinaire qu’il ait fallu attendre 2005 pour qu’une femme non blanche accède à la maison de Molière. Le premier comédien d’origine africaine, Bakary Sangaré, est entré en 2002 avant de devenir sociétaire en 2013. Ça en dit long sur la lenteur avec laquelle évoluent les mentalités. Il faudrait que le Théâtre-Français ouvre un peu plus grand les portes à la diversité. 

Le fait d’être diplômée de Sciences Po et titulaire d’une licence d’Histoire influence-t-il vos choix artistiques ? 

Ça inspire surtout les réalisateurs. J’ai un rapport au monde et au verbe assez personnel. J’ai retrouvé cet automne Nicolas Pariser, avec lequel j’avais déjà collaboré pour le cinéma dans Le Parfum vert (2022) et Alice et le Maire (2019). Nous avons tourné Un peu avant minuit. Melvin Poupaud y joue un éditeur revenu à Paris et qui fait le bilan de sa vie, marquée par des ratages sentimentaux. Moi, j’incarne la femme de l’un de ses amis. C’est une sorte de déambulation introspective dans une capitale en pleine effervescence révolutionnaire. 

Et du côté de la télévision ? 

J’ai tourné, avec Cécile Bois, Les Justicières de Saint-Flour, pour France 3, un téléfilm qui sera sans doute diffusé dans le courant de l’année. Deux mères, dont les filles ont été tuées dans un accident de la route, enquêtent pour connaître l’identité du chauffard. C’est à cette occasion que j’ai découvert Cécile Bois. Une super actrice, doublée d’une femme formidable. J’ai aussi tourné avec Hélène de Fougerolles dans Apparences, une mini-série pour France 2 en quatre épisodes. Un thriller qui se déroule dans l’univers de la chirurgie esthétique et qui interroge sur notre rapport à l’apparence.

Bellefond, mardi 27 janvier à 21.10  sur France 3

Par
Hacène Chouchaoui