Télé 7 Jours : Il parait que vous avez refusé, au départ, le rôle de Ben car vous le trouviez "anecdotique" et que vous "n’aviez rien à faire"…
Xavier Robic : On m’a abordé en me disant que c’était le premier rôle masculin donc je me suis dit que ça allait être important, jusqu’au premier épisode. On ne parle que d’elle ( Pauline, l’héroïne de la série jouée par Caroline Anglade, ndlr). Je me suis dit que c’était peut-être un épisode par personnage. J’ai lu les 4 mais il n’y avait toujours qu’elle. Je pense que la manière dont on m’a approché n’était peut-être pas la bonne même si Ben est effectivement un personnage important dans l’histoire. Après avoir lu les scénarios et le livre, j’ai quand même trouvé dommage qu’on passe vraiment à côté du mari, de son malheur à lui et de ses difficultés même s’il y a un parti-pris autobiographique dans cette histoire. Celui qui décide de partir ne souffre pas forcément moins que l’autre en fait.
Et qu’est-ce qui a changé finalement ?
Quand j’ai contacté Baya Kasmi (la réalisatrice, ndlr) pour lui dire non, on s’est rencontrés pour boire des verres. Elle a entendu ce que je lui ai dit et elle m’a dit qu’elle allait réécrire des choses, qu’elle ne pouvait rien me faire lire pour l’instant mais qu’il fallait lui faire confiance. Elle m’a envoyé les nouveaux scénarios quand j’étais en vacances et j’ai vraiment chialé. Et pas parce que j’étais davantage présent (rires). J’ai été pris dans l’histoire.
Qu’est-ce qui vous a plu dans ce rôle ?
J’ai souvent fait des hommes qui se définissent par leur métier. Dans La Fièvre (Canal+), mon personnage a une entreprise et gère une crise. On ne le voit jamais chez lui. Là, il n’y avait rien de tout ça. C’est vraiment moi et l’intime même si Ben est informaticien. J’avais envie de jouer ce genre de rôles qu’on ne me donne pas assez souvent car je suis un peu cantonné, quand même, au personnage de sale con, un peu imbu de lui-même, un peu prétentieux. Cette série m’a donné l’occasion de montrer une autre facette de mon métier.
Ces scènes qui ont fait pleurer les acteurs du Parfum du bonheur (France 2)
Comment avez-vous tourné les scènes dans lesquelles vous évoquez, en regardant droit la caméra, ce qui est arrivé à Ben et Pauline ?
C’était un peu comme un confessionnal. Je ne voyais pas qui était derrière la caméra. Je savais que quelqu’un m’écoutait et que je devais vider mon sac.
On se sent comment après un tel tournage ? Vidé émotionnellement ?
On a beaucoup pleuré lors du tournage. Les scènes d’hôpital, d’accouchement… Il n’y avait pas de chiqué. On était vraiment mal.
Vous avez eu besoin de décompresser après, d’où la bonne ambiance qui règne entre vous ?
Oui, il le fallait ! Ce qui est génial avec les tournages en province, c’est qu’on est tous logés au même endroit, c’est une grande colonie de vacances. Lorsqu’on tourne à Paris, on arrive le matin et on rentre le soir. Là, c’était du 24 heures sur 24. Ça aurait pu mal fonctionner, mais il était impossible que Baya s’entoure de personnes avec qui ça ne pouvait pas matcher.
Jouer avec un enfant, ça aide à avoir un jeu moins conscientisé ?
Non, je joue de la même façon avec n’importe qui. En plus, je ne considère jamais les enfants comme des enfants, même dans la vie quotidienne. J’ai fait du babysitting très longtemps et je leur parlais comme s’ils étaient des adultes.
Le livre de Virginie Grimaldi s’est vendu à plus de 600 000 exemplaires. Ce sont autant de personnes qui ont une image très personnelle de Ben et Pauline. Ça met la pression ?
Les gens ont eu peur d’ailleurs sur les réseaux sociaux. Mais ça ne m’a pas mis la pression. Après avoir lu le livre, le scénario et vu la série, je peux dire qu’il est impossible d’être déçu. C’est très réussi.
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Vous alternez des projets très populaires avec des fictions plus engageantes. C’est des choix voulus ou une question d’opportunités ?
Pour Le Parfum du bonheur, je n’ai pas eu d’essais à passer, ce qui est quand même rare même si ça m’arrive de plus en plus. Après, je peux faire des choix à propos de certains projets où je ne veux pas aller. Mais je reste encore à un niveau où je passe des essais comme tout le monde et je croise les doigts pour qu’on me prenne. Certains font un projet et ça démarre direct. Moi, ça met plus de temps. Mais à force de m’accrocher, il n’y a pas de raison pour que ça ne paye pas.
Quels sont vos prochains projets ?
J’ai une petite participation dans le film Moi qui t’aimais de Diane Kurys (sur le couple Yves Montand/Simone Signoret, ndlr). Cet été, j’ai tourné dans Les Caprices de l’Enfant-Roi de Michel Leclerc avec Artus. Et je serai aussi dans Seylan et Cindy, une série de TF1 sur les déserts médicaux. Je joue le mari de Natacha Lindinger. Et je tourne actuellement pour une plateforme américaine un projet encore secret.
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Les deux derniers épisodes du Parfum du bonheur sont diffusés ce mercredi soir à partir de 21h10 sur France 2