Comment vous êtes-vous emparé du rôle de ce roi bègue, intimidé par sa mère, Marie de Médicis, et par son épouse, Anne d’Autriche ?
Jérémy Gillet : Je me suis renseigné sur ses traumatismes : l’assassinat de son père, Henri IV, quand il avait 8 ans, et qui a provoqué son bégaiement, son mariage à 14 ans, sa mère tyrannique… Il a grandi en opposition à des gens prêts à le trahir. Et il a lutté pour entrer dans les chaussures du roi, en pensant ne pas être à la hauteur. J’ai trouvé ça très touchant, et c’est ce qui m’a guidé dans mon approche…
"Je n’ai jamais autant bossé pour un rôle"
Quels étaient les challenges à relever ?
Je devais trouver un bégaiement qui ne soit pas singé. Une orthophoniste m’a donné une clé : dans la vie, tout le monde bégaie dans certaines situations. Il s’agissait de trouver lesquelles dans mon cas, pour que ça devienne naturel. Il y avait également beaucoup de travail pour les scènes d’équitation et de fauconnerie. Je n’ai jamais autant bossé pour un rôle.
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"Je questionnais ma légitimité à jouer un roi de France en étant belge"
Qu’avez-vous retiré de cette expérience ?
Avec Alain Tasma, le réalisateur, j’ai fait la découverte d’une exigence absolue. C’est un excellent directeur d’acteur, qui voit en vous des choses que vous ignorez. Au début, je me sentais comme Louis XIII : je questionnais ma légitimité à jouer un roi de France en étant belge, et l’ampleur de la tâche m’excitait autant qu’elle m’effrayait. Je le remercie vraiment de sa confiance.
Une amitié dangereuse, mercredi 18 juin à 21h10 sur France 2