Comment se sent-on quand on est l’alter-ego fictionnel d’Ovidie ?
Jérémy Gillet : On le prend avec beaucoup d’humilité car c’est une personne que j’admire énormément et qui, je trouve, devient de plus en plus intéressante dans ce qu’elle défend et dans la place qu’elle occupe. J’allais dire la place qu’on lui donne mais ce n’est pas vrai : on ne la lui donne pas, elle la prend depuis quelques années. Elle devient une figure de proue du cinéma et du combat féministe d’aujourd’hui en France. Je suis très fier d’interpréter ça même si la série reste une fiction.
On avait quitté Romain recevant un prix de jeune espoir du porno, on le retrouve dans ce Chapitre 2 en train de réaliser son premier film X. Que s’est-il passé entre les deux ?
Dans la saison 1, il n’arrêtait pas d’évoquer ses velléités de devenir réalisateur mais il se confrontait à ce métier qui n’était pas machiste mais sexiste dans l’autre sens, car on raconte une dystopie, une matriarcat. Ce prix lui a donné une visibilité qui lui permet de réaliser son rêve et d’essayer de changer les choses en réalisant du prono égalitaire. Mais il se rend compte qu’il est très compliqué de changer une industrie entière et qu’il ne peut pas le faire seul. Il a besoin des personnes qui l’entourent pour mener à bien son envie.
Que vous êtes-vous dit en recevant le scénario de cette saison 2 ?
Déjà que c’était très drôle ! Mais que c’était aussi un piège et qu’il ne fallait pas trop faire attention à ça car le risque c’est de cabotiner et surligner la comédie. Ovidie nous a très bien dirigés là-dedans. J’étais aussi très excité à l’idée de tourner avec tous ces guests qu’a pu attirer Ovidie grâce à son aura. Elle a le pouvoir d’attirer des personnalités qui, au-delà de leur travail d’acteurs et d’actrices, veulent faire avancer des causes et font ce métier pour une raison. J’ai par exemple été beaucoup touché de jouer avec Judith Godrèche ou Aloïse Sauvage dont j’admire le militantisme. Il y a aussi, au casting, Thomas VDB et c’était assez inattendu de le voir là-dedans…
Pourquoi ?
Je ne parle pas de sa carrière, mais son travail d’humoriste ne repose pas forcément sur le fait de grossir le trait du wokisme. Donc c’est très touchant de le voir dans une telle série. Et qu’est-ce qu’il est drôle ! C’est très dur de ne pas rire alors qu’il est en slip devant toi (rires) !
"L’aura d’Ovidie est spectaculaire"
On sent, dans la scène du tipi avec Corinne Masiero, que là aussi vous vous retenez de rire !
Oui ! Dans le scénario, nous devions déjà nous mordre les lèvres pour ne pas rire. Mais là avec Raïka Hazanavicius, qui est aussi ma meilleure amie dans la vie, nous ne pouvions pas nous regarder ! Je crois que cette scène est celle que je préfère cette saison. Etre payés pour faire ça, c’est quand même une chance !
A l’inverse, quelle a été la scène la plus difficile à tourner ?
Je ne pense pas qu’il y ait eu des difficultés en termes de jeu ou de situations. Nous étions tous sur la même longueur d’ondes avec Ovidie quant aux enjeux de chaque scène. Le plus dur était, je pense, la technique. Nous avions des moyens limités et nous tenions vraiment à tourner en lumière naturelle et en extérieur, ce qui amène des contraintes… Surtout en octobre lorsque la lumière descend très vite.
Quelle réalisatrice est Ovidie ?
C’est assez dingue à voir. C’est quelqu’un d’extrêmement calme sur le plateau et qui impose une rigueur dans le travail mais sans forcer. Son aura est assez spectaculaire. Elle a un don pour mener sa barque sans devoir asseoir son pouvoir de réalisatrice. Si le casting a beaucoup changé car il y a de nouveaux personnages, l’équipe technique était à peu près la même qu’en saison 1. Ils connaissaient Ovidie et lui faisaient une confiance aveugle.
Jérémy Gillet (Des gens bien ordinaires) gêné par sa notoriété ?
Dans cette saison 2, Romain est aussi confronté aux conséquences de la notoriété. Ça vous parle ?
Moi, je n’ai pas de notoriété, tout va bien. Je peux faire mes courses tranquillement (rires).
Mais on vous reconnait parfois dans la rue, non ?
Oui, mais ça reste pour l’instant à un stade qui me va très bien. Quand quelqu’un me reconnaît, ça fait tellement plaisir parce qu’on reçoit de l’amour mais ça n’arrive pas tout le temps. Pour des acteurs comme François Civil ou Adèle Exarchopoulos, ça doit être plus difficile à vivre. Ce serait malvenu de les plaindre, mais je pense que l’on sous-estime la privation de liberté que la notoriété peut engendrer.
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Des gens bien ordinaires, mardi 11 mars à 23h20 sur Canal+