Comment avez-vous abordé ce rôle d’Alfred de Musset ?
Oscar Lesage : Je le connaissais pour avoir monté un spectacle autour de son oeuvre, il y a quelques années, lorsque j’étais élève au Cours Florent. J’ai lu toutes ses pièces de théâtre, son roman La Confession d’un enfant du siècle, ainsi que sa correspondance avec George Sand. J’avais de bonnes bases pour aborder le rôle ! Le romantisme a été une période de sentimentalisme exacerbé, de passion brûlante. Tout pour me plaire… Je me suis jeté à corps perdu dans ce projet.
En même temps, on découvre un homme infidèle, débauché, libertin, courant les tavernes et les plaisirs, loin de l’image de l’amoureux délicat et transi…
Il n’a jamais démenti cette réputation de dandy débauché. Alfred de Musset était un peu perdu dans son siècle, c’était un être désabusé. Il y avait chez lui une part de nihilisme, un vide existentiel qu’il tentait de combler par une quête effrénée des plaisirs.
À lire également
"Tourner avec Nine d’Urso a été simple et fluide"
C’est un personnage qui ressemble assez au duc de Chartres, que vous interprétez dans la série Marie-Antoinette (diffusée sur Canal+)…
En effet, les deux hommes partageaient ce goût pour le dévergondage et le libertinage, mais Musset avait certainement plus d’éthique et de scrupules que le duc de Chartres, qui vota la mort de Louis XVI, son cousin.
Comment s’est passée votre collaboration avec Nine d’Urso, qui incarne George Sand ?
Nous nous connaissons bien, pour avoir été condisciples à l’école de théâtre, à Lille. On avait même joué ensemble. Du coup, tourner avec elle a été simple et fluide.
On vous fait souvent tourner dans des films d’époque. À quoi l’attribuez-vous ?
Beaucoup me voient comme un jeune homme d’autrefois. Je passe de nombreux castings pour des films en costume. C’est sans doute dû à mon physique de jeune premier, mon allure, ma manière d’être. Personnellement, je ne me sens pas comme ça. Mais les choses évoluent. Par exemple, j’ai joué dans The Substance, de Coralie Fargeat (avec Demi Moore, ndlr), qui était nommé aux Oscars.
Oscar Lesage : "Je n’essaie pas de me la jouer rappeur issu du ghetto"
Il y a aussi chez vous une part de romantisme et de révolte, que vous exprimez en musique, notamment en rap. Une autre facette de votre talent…
La musique me permet de m’exprimer sans filtre. C’est un exutoire. J’écris mes textes, que je pose sur de la musique. C’est essentiel pour moi. J’ai d’ailleurs collaboré à la bande originale d’une série pour Netflix, l’adaptation moderne des Liaisons dangereuses.
Vous faites du rap, sans toutefois en adopter le dress code. Vous êtes plutôt d’une élégance classique…
Je n’essaie pas de me la jouer rappeur issu du ghetto. Je n’aime pas tricher. Je viens d’un milieu aisé, je ne m’en cache pas. Je le dis dans un de mes textes. Dans un autre, je déclare : « J’suis pas un imposteur, mais j’suis dans une posture. »
Sinon, côté tournage, avez-vous des projets ?
J’ai reçu des propositions d’outre-Manche, et je travaille aussi sur un court-métrage, que je vais réaliser et mettre en musique. Je ne suis pas du genre à me reposer sur mes lauriers…
La Rebelle : les aventures de la jeune George Sand, lundi 21 avril à 21h10 sur France 2